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	<title>recifal - CoralPlast</title>
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	<description>Creation pour Recifal</description>
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		<title>C:N:P Redfield est-il aquariophile ?</title>
		<link>https://reeflexion.fr/cnp-redfield-aquariophile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2024 07:00:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[azote]]></category>
		<category><![CDATA[carbone]]></category>
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		<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ratio de Redfield, bien connu des biologistes marins, établit un rapport (C:N:P) dans la biomasse phytoplanctonique des océans. Cette constante relative à un écosystème marin particulier, est souvent évoquée en aquariophilie récifale comme un modèle théorique pour la gestion des nutriments. Cependant, son application stricte dans le système fermé d’un aquarium récifal soulève des […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Le ratio de Redfield, bien connu des biologistes marins, établit un rapport (C:N:P) dans la biomasse phytoplanctonique des océans. Cette constante relative à un écosystème marin particulier, est souvent  évoquée en aquariophilie récifale comme un modèle théorique pour la gestion des nutriments. Cependant, son application stricte dans le système fermé d&rsquo;un aquarium récifal soulève des interrogations. il se révèle inapproprié pour la gestion des NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> sans adaptations. Ceci pour plusieurs raisons que nous allons évoquer.
</p>
<h2>1. Ratio de Redfield : origines et signification</h2>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/1.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Alfred Clarence Redfield.</figcaption></figure>
<h3>1.1. Ratio des nutriments C:N:P</h3>
<p class="align-j">Tout organisme vivant nécessite des nutriments pour son métabolisme parmi lesquels :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Carbone (C)</strong> : il constitue la base des molécules (protéines, lipides, ADN&#8230;) et joue un rôle comme <strong>source d&rsquo;énergie</strong>. </li>
<li><strong>Azote (N)</strong> : il est essentiel à la synthèse des protéines (acides aminés) et des acides nucléiques.</li>
<li><strong>Phosphore (P)</strong> : indispensable pour les membranes cellulaires (phospholipides) et la production d&rsquo;énergie (ATP).</li>
</ul>
<p class="align-j">En milieu marin les organismes vivants ont évolué et se sont adaptés aux environnements dans lesquels ils vivent. Les écosystèmes marins (océan, surface, abysses, plateau continental, récif, lagon&#8230;), présentent quelques particularités liées à leurs nombreux facteurs (disponibilité en nutriments, oxygénation, hydraulique&#8230;). Le ratio C:N:P constituant les cellules des organismes vivants est donc donc variable selon leur biotope.</p>
<h3>1.2. Concept de Redfield </h3>
<p><span class="align-j">Alfred Clarence Redfield (1890–1983)  établit en 1934 dans le <a href="https://fr.scribd.com/document/485376638/Le-Concept-de-Redfield">Concept de Redfield</a>, que la <strong>biomasse phytoplanctonique océanique</strong> contient en moyenne un rapport atomique de 106:16:1 pour le carbone (C), l&rsquo;azote (N) et le phosphore (P), et qu&rsquo;il est  similaire entre celui de l&rsquo;azote et du phosphore dans les eaux océaniques. Cette proportion, résultat des processus évolutifs et des cycles biogéochimiques des océans, est devenue une référence pour comprendre les besoins nutritionnels des organismes marins</span>.</p>
<div style="clear:both;"></div>
<h3>1.3. Ratio de Redfield : une moyenne plutôt qu&rsquo;une règle</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/2.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Fig 1 : Ratio N:P moyen constant.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Le ratio biologique de Redfield doit être considéré comme une observation générale dans les océans globaux. Il reflète la composition chimique moyenne des cellules phytoplanctoniques dans des conditions où les nutriments (N et P) ne sont pas limitants. Ce ratio s&rsquo;avère stable pour les systèmes océaniques ouverts (figure 1), car les processus biologiques et biogéochimiques tendent à stabiliser les flux globaux de C, N et P à des proportions proches de cette moyenne. Mais ce n&rsquo;est pas une règle dans tous les écosystèmes marins.</p>
<p class="align-j">En effet, ce ratio n&rsquo;est pas une exigence  nécessaire à la croissance du phytoplancton et des végétaux. Il  varie considérablement selon les espèces de phytoplancton dominants  dans un écosystème, même dans des systèmes riches en nutriments. Les cyanobactéries adaptées à des environnements pauvres en nutriment ont souvent un ratio C:N:P supérieur. Les diatomées  aux parois siliceuses ont des besoins en phosphore  différents.  Les macroalgues, comme les algues brunes ou rouges, montrent des compositions encore plus variables selon leur environnement.</p>
<h2>2. Le  ratio de Redfield n&rsquo;est pas une constante de l&rsquo;eau</h2>
<h3>2.1. Ce ratio   biologique ne reflète pas celui des nutriments dissous</h3>
<p class="align-j">Le ratio de Redfield est biologique, relatif à la composition des organismes. Il s&rsquo;avère qu&rsquo;il est intimement lié au ratio des nutriments  C:N:P dissous dans l&rsquo;eau des océans, mais  il n&rsquo;est pas universel. </p>
<p class="align-j">En effet, le  ratio des nutriments dissous dans l&rsquo;eau est déterminé par des processus biogéochimiques complexes, et pas uniquement par les besoins biologiques des organismes. Il peut varier considérablement en fonction de sources externes. Par exemple, les nitrates (NO<sub>3</sub>) et les phosphates (PO<sub>4</sub>) proviennent d&rsquo;apports externes :  le ruissellement des terres, les apports atmosphériques, les upwellings océaniques. Ils proviennent aussi  de pertes par exportation : l&rsquo;azote perdu sous forme gazeuse (N<sub>2</sub>) via la dénitrification bactérienne, le phosphore souvent immobilisé dans les sédiments ou précipité sous forme de phosphates insolubles. Ces exports expliquent parfois la limitation  d&rsquo;un élément N ou P. Il devient le facteur limitant un métabolisme, dont <strong>l&rsquo;impact est d&rsquo;autant plus important et rapide que les eaux sont oligotrophes</strong>, avec très peu de nutriments.</p>
<p>Le ratio de l&rsquo;eau ainsi déséquilibré n&#8217;empêche pas toujours le phytoplancton  de croître, son  ratio biologique interne reste toujours proche de Redfield<span class="align-j"> 106:16:1</span>. En effet <span class="align-j"> les végétaux marins, comme de nombreux organismes, s&rsquo;adaptent à leur environnement et ajustent  leur métabolisme. Ils sont en mesure de tamponner les fluctuations externes par stockage. </span> C&rsquo;est par exemple le cas dans certaines régions tropicales limitantes en phosphore dont le ratio N:P peut être supérieur à 50:1 alors que les organismes marins survivent.
</p>
<h3>2.2. Différences de vitesse d&rsquo;assimilation</h3>
<p class="align-j">Les nutriments dissous ne sont pas consommés à la même vitesse par les organismes : le phytoplancton et les bactéries consomment souvent l&rsquo;azote et le phosphore selon leurs besoins immédiats. Par ailleurs la limitation d&rsquo;un nutriment peut entrainer le stockage de l&rsquo;autre. Par exemple un faible niveau de phosphore entraine une accumulation de l&rsquo;azote. Un déséquilibre du ratio s&rsquo;installe alors temporairement.</p>
<h3 class="align-j">2.3. Le ratio diffère selon les écosystèmes</h3>
<p class="align-j">Le ratio C:N:P  évolue selon les habitats en raison de variations dans les sources de nutriments ainsi que les processus biologiques et écologiques dominants, influençant directement la structure des communautés biologiques&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Océan ouvert </strong>: en haute mer les ratios avoisinent ceux de Redfield  pour le phytoplancton. Les taux d&rsquo;azote et de phosphore peuvent devenir limitant dans les zones oligotrophes (pauvres en nutriments).</li>
<li><strong>Crête récifale </strong>: l&rsquo;énergie des vagues y est intense, favorisant l&rsquo;aération et l&rsquo;échange avec l&rsquo;océan. Les nutriments sont généralement limités et le carbone prédomine dans les organismes calcifiants et autotrophes (coraux et algues calcaires). L&rsquo;azote  est  rapidement assimilé par les organismes autotrophes ou recyclés par des bactéries, le phosphore est plus faible, précipité rapidement sous forme de phosphates dans un environnement alcalin. Le ratio C:N:P pourrait avoisiner 150-200:20:1.</li>
<li><strong>Lagon : </strong>ces environnements semi-fermés favorisent l&rsquo;accumulation  de matières organiques et de nutriments. D&rsquo;autre part, les ratios peuvent être impactés par des apports anthropiques (eaux côtières, fertilisants) favorisant des teneurs  variables, globalement plus élevées en azote et phosphore. Le ratio C:N:P serait de l&rsquo;ordre de 120-150:20-25:1</li>
<li><strong>Plaine récifale : </strong>dans les zones plus profondes la lumière diminue, réduisant l&rsquo;activité autotrophe. La matière organique particulaire sédimente et sa dégradation  prédomine, le taux de phosphore peut être influencé par les processus de reminéralisation. Les taux d&rsquo;azote et de phosphore y sont plus importants.</li>
</ul>
<h2>3. En aquarium, le  contexte  diffère du milieu naturel</h2>
<p class="align-j">Le contexte d&rsquo;un aquarium,  système fermé, est notablement différent avec des interactions de nature à bouleverser les schémas.</p>
<h3>3.1. Besoins spécifiques</h3>
<p class="align-j">Les  organismes présents dans l&rsquo;aquarium (coraux, bactéries, algues) ont des besoins spécifiques qui diffèrent de ceux du phytoplancton.</p>
<h3>3.2. Nutriments   importants</h3>
<p class="align-j">Les <strong>apports</strong> (alimentation, déchets&#8230;) sont proportionnellement  <strong>importants</strong> et les <strong>exportations</strong> (filtration, écumage&#8230;) y sont <strong>gérées  à petite échelle</strong> par l&rsquo;aquariophile, contrairement aux masses océaniques  où les flux sont régulés naturellement. Dans un aquarium récifal, système artificiel et fermé, les déséquilibres sont encore plus marqués. </p>
<p class="align-j">En aquarium, la <strong>biomasse microbienne et les particules organiques ne sont pas négligeables</strong>. Le carbone organique (matière vivante, détritus), l&rsquo;azote  et le phosphore, sont  liés à plusieurs processus :  métabolisme, stockage, précipitations&#8230;  Ils forment des sources et des transformations importantes qui influencent fortement le cycle des nutriments. Le ratio dissous mesuré dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium est donc le résultat des apports, des exportations et des transformations chimiques, sans lien direct avec les besoins internes des coraux, algues ou bactéries. Cela crée une vision partielle et biaisée des flux de nutriments dans l&rsquo;aquarium. L&rsquo;application du ratio Redfield est impossible dans ce contexte.</p>
<h3>3.3. Concentrations élevées mais non limitantes</h3>
<p>En m<span class="align-j">i</span>lieu naturel l&rsquo;azote et le phosphore disponibles en très faibles quantités deviennent facilement  des éléments limitants. Cela force les organismes à optimiser leur utilisation. En aquarium la situation est différente. N et P sont en général présents en excès, le carbone s&rsquo;avère plus fréquemment le facteur limitant. Tant que les niveaux de N et P élevés restent dans une plage compatible avec la biologie des coraux et des poissons, ils ne créent pas de stress significatif. Cette limite est toutefois variable. En aquarium elle bien souvent contrainte par le développement des algues ou cyanobactéries.</p>
<h3>3.4. Aquarium contrôlé</h3>
<p class="align-j">En aquarium, les paramètres sont maintenus dans une plage étroite (pH, température, salinité, lumière) qui réduit le stress métabolique. Cela permet aux organismes de mieux tolérer des déséquilibres des ratios C:N:P.</p>
<h3>3.5. Tests aquariophiles inadaptés</h3>
<p class="align-j">Nos tests colorimétriques ou photométriques NO<sub>3</sub> ne mesurent que les nitrates, une forme oxydée  d&rsquo;azote inorganique, ils ne mesurent pas les autres formes d&rsquo;azote dissous (ammoniac NH<sub>3</sub>, ammonium NH<sub>4</sub>, nitrites NO<sub>2</sub>, azote organique : acides aminés, urée&#8230;) dissous dans l&rsquo;eau. De même que le test PO4 ne mesure que les phosphates inorganiques, excluant les différentes formes de phosphore organique. Ces tests excluent donc les  formes organiques de N et P (DON/DOP) largement présentes    dans les aquariums.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse ICP   qui ne mesure pas le carbone ni l&rsquo;azote total, ne permet pas plus de mesurer le ratio C:N:P global.  Les biologistes  utilisent des méthodes spécifiques pour chaque élément : le carbone total  avec des analyseurs  (TOC/DOC) qui incluent les formes organiques et inorganiques&nbsp;; l&rsquo;azote total  par colorimétrie, spectrophotométrie UV,  spectrophotomètre&nbsp;; le phosphore total   par chimie analytique  et des mesures colorimétrique ou spectroscopique. Ces méthodes permettent de combiner les fractions organiques et inorganiques, ce que l&rsquo;ICP seul ne peut pas faire.</p>
<h3>3.6. Expression différente des mesures</h3>
<p>Les tests aquariophiles  mesurent <span class="align-j">NO<sub>3</sub></span> et <span class="align-j">PO<sub>4</sub></span> en milligrammes par litre. De son côté, le biologiste marin mesure les éléments C, N et P individuellement <span class="align-j">et expriment le  ratio de Redfield C:N:P 106:16:1 en mole. C&rsquo;est à dire que la biomasse du phytoplancton  est constituée de 106 atomes de phosphore, 16 d&rsquo;azote et 1 de phosphore. Traduit en masse cela représente respectivement 1272, 992 et 95. Le ratio est alors   41:32:1 en mg/l.</span></p>
<p><span class="align-j">Ce ratio  N:P 32:1 est contenu dans les molécules de nitrates et phosphates dans un ratio NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub> de 46/1. Aucun aquariophile ne respecte cette proportion, bien loin du ratio  NO<sub>3</sub> / PO<sub>4</sub> en mg/l préconisé en aquarium récifal 100/1 à 150/1. Mais pas de panique ! </span>Les organismes marins y prospèrent grâce à leur adaptabilité, au fait qu&rsquo;ils supportent mieux les excès de nutriment que des carences, qu&rsquo;ils ont la capacité d&rsquo;utiliser des formes organiques non mesurées (DON, DOP) non prises en compte par les tests standards et qu&rsquo;il sont maintenus dans un environnement globalement stable et contrôlé, compensant les déséquilibres apparents.</p>
<h2> 4. Enseignements de Redfield pour l&rsquo;aquariophile</h2>
<p class="align-j">Redfield pourrait-il être récifaliste ?  Ses observations relatives à des organismes végétaux dans un milieu spécifique, loin de nos réalités aquariophiles sont inappropriées à l&rsquo;aquariophilie récifale et ne peuvent s&rsquo;appliquer stricto facto. Le concept d&rsquo;équilibre entre les nutriments que Redfield a mis en évidence joue pourtant un rôle déterminant dans l’efficacité des métabolismes de tous les organismes, notamment des bactéries dans le traitement des déchets et le cycle de l&rsquo;azote. C&rsquo;est l&rsquo;un des piliers de notre maintenance.</p>
<h3>4.1. Enseignements</h3>
<p>Le concept de Redfield est général, mais capital et riche d&rsquo;enseignements :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Un concept, pas une règle</strong> :  les ratios NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub> 100/1 à 150/1, habituellement recommandés  dans un aquarium récifal répondent au concept d&rsquo;équilibre. Ils  sont le fruit de   l&rsquo;expérience et doivent être considérés comme  ligne de conduite plutôt qu&rsquo;une règle absolue.</li>
<li><strong>Niveaux de nutriments raisonnables</strong> : ce concept d&rsquo;équilibre ne remet pas en cause les valeurs minimales et extrêmes. En effet, des proliférations algales sont générées par des taux de nitrates ou phosphates excessifs, de même qu&rsquo;une carence dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre affaiblit le corail.
  </li>
<li><strong>Des ratios différents du milieu naturel </strong>: c&rsquo;est une situation  qui ne nuit pas à une bonne maintenance. Elle s&rsquo;explique par des réactions diverses (précipitations, action bactérienne) sans rapport avec ce qui se produit au milieu d&rsquo;un océan.</li>
<li> <strong>Observer et s&rsquo;adapter</strong> au contexte : chaque aquarium est différent, avec des flux de nutriments non mesurables. Les résultats des tests ne sont que l&rsquo;expression du bilan de ces interactions. Une approche basée sur l’observation des coraux, algues et autres organismes est plus efficace que l’application rigide d’un ratio&nbsp;: les coraux montrent-ils des signes de blanchiment ou de stress, les algues indésirables prolifèrent-elles malgré des PO<sub>4</sub> faibles ? </li>
</ul>
<ul class="align-j">
<li><strong>Maintenance pragmatique et stable </strong>:
<ul>
<li><strong>Variations  progressives</strong> : forcer trop rapidement un ratio  en ajoutant des nitrates<sub></sub> ou des phosphates<sub></sub> peut favoriser la prolifération d&rsquo;algues indésirables ou cyanobactéries.</li>
<li><strong>Cycles biologiques complets</strong> : proposer un système qui se régule au mieux. Par exemple distribuer régulièrement des sources de carbone organique (ex. vodka, acétate) pour stimuler les bactéries hétérotrophes consommatrices de nitrates et  phosphates&nbsp;;  favoriser si nécessaire les refuges algaux  pour capturer les nutriments excédentaires&#8230;  </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>4.2. Carbone dans le concept de Redfield en aquarium marin</h3>
<h4>Suivi du carbone dans la maintenance</h4>
<p class="align-j">Ce premier élément du  ratio a été un peu oublié. En effet ce n&rsquo;est pas un élément que nous suivons régulièrement.
</p>
<ul>
<li><strong>Carbone organique dissout</strong> (COD): le test n&rsquo;est pas à la portée de l&rsquo;aquariophile, cependant le test Triton  N-DOC   mesure le carbone et l&rsquo;azote inorganique dissout.  En milieu marin le COD est généralement très faible : de 1 à 5 mg/l dans les eaux océaniques  peu polluées et jusqu&rsquo;à 10 mg/l, voire davantage, près des zones  côtières  enrichies en nutriments. Ce sont les taux visés en  aquariums récifaux, ils assurent la ressource pour l&rsquo;activité bactérienne importante dans nos milieux.</li>
<li><strong>Carbone inorganique dissout</strong> (CID) :  il est stable en eau de mer de 2000 à 2200 µmol/L (soit environ 24 à 26 mg/l de C). <br />
    Nous gérons les formes les plus présentes (bicarbonates, carbonates) en aquarium    via le test KH. Dans un aquarium récifal, les niveaux visés de CID sont similaires,  de 2000 à 2400 µmol/l. Avec  pH  8,0-8,4 et  S35, le taux de CID est environ 2000 µmol/L à 7&nbsp;dKH   et 2800 µmol/l à  10&nbsp;dKH. Le taux de <span class="align-j">CO<sub>2</sub></span> n&rsquo;est cependant pas mesuré, dépendant des échanges gazeux.</li>
</ul>
<h3>4.3. Ratios NO3 / PO4 en aquarium marin</h3>
<p class="align-j">La question des taux limites en NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> intéresse   l&rsquo;aquariophile. Il suit régulièrement ces valeurs, mais se soucie peu du ratio NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub>. Voyons comment nous pouvons exploiter le concept de Redfield. </p>
<p class="align-j">&Agrave; cet effet, je propose un diagramme (figure 2) qui n&rsquo;a rien de scientifique, seulement porté par un faisceau d&rsquo;expériences d&rsquo;aquariophiles à travers le monde. Il repose sur plusieurs hypothèses et principes :</p>
<ul class="align-j">
<li>Biologiquement <strong>le concept de ratio N:P est indéniable</strong> et s&rsquo;applique aux habitants  de l&rsquo;aquarium.</li>
<li><strong>Le concept peut s&rsquo;étendre à la qualité d&rsquo;une eau</strong> qui assure la disponibilité des éléments N et P dans le contexte de l&rsquo;aquarium, malgré ses inconnues. Autrement dit le résultat mesuré dans l&rsquo;eau est exploitable, même s&rsquo;il n&rsquo;est que l&rsquo;expression finale de flux (intrants, épurateurs, consommateurs&#8230;) et cycles internes (azote, phosphore) dont on sait peu.</li>
<li>Puisque l&rsquo;on ne peut exploiter les informations sur les éléments azote et phosphore, on peut  logiquement tenter un <strong>raisonnement sur la base des nitrates et phosphates</strong>.</li>
<li>Une  gestion stricte basée uniquement sur un ratio   ignore la réalité des flux de nutriments et peut entraîner des déséquilibres. Il convient d&rsquo;<strong>élargir l&rsquo;analyse</strong> en intégrant  les carences et excès de nutriments :  trop d&rsquo;azote accentue la  prolifération algale, un élément limitant perturbe le métabolisme&#8230;</li>
<li>L&rsquo;expérience des récifalistes  montre qu&rsquo;un <strong>ratio NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub> de l&rsquo;ordre de 100/1 à 150/1 </strong> exprimé en mg/l est adapté à la maintenance d&rsquo;organismes  sensibles tels que les coraux, dans nos aquariums. Pour autant, au stade actuel de nos incompréhensions, ce postulat pourrait évoluer selon les espèces hébergées.</li>
<li> Un <strong>même ratio</strong> peut répondre aux besoins de tous les organismes vivant <strong>dans le même écosystème</strong>.</li>
<li>Certaines  informations (invasion d&rsquo;algues, de cyanobactéries, taux de calcification&#8230;) contribuent à délimiter des <strong>zones particulières</strong> de maintenance. Ne s&rsquo;agissant pas de science exacte, leurs frontières sont délibérément floues. Il convient de conserver les nutriments dans des rapports raisonnables, et bien évidemment ne jamais l&rsquo;inverser   sous peine d&rsquo;invasion de cyanobactéries. </li>
</ul>
<ul>
<li>Compte tenu de ce qui a été exprimé auparavant, nous devons <strong>interpréter avec prudence</strong>.
<ul>
<li>Le diagramme est un moyen de <strong>compréhension</strong> de l&rsquo;évolution de l&rsquo;aquarium  vers une situation de déséquilibre.</li>
<li>Le diagramme doit être considéré  comme <strong>une ligne de conduite</strong> plutôt qu&rsquo;une  règle absolue, et <strong>un moyen de mieux comprendre</strong> et maitriser notre maintenance.</li>
<li>Une combinaison avec de  <strong>très faibles taux de nitrates et phosphates est instable</strong> et présente  plus de risque de cyanobactéries.</li>
<li>Il y a plus de <strong>risques à tendre vers des carences</strong> que des excès.</li>
<li>Le diagramme définit des  <strong>zones</strong> (SPS, LPS&#8230;) représentant des conditions standard avec <strong>moins de risque de dérive</strong>. Elles ne signifient pas que les organismes ne peuvent pas vivre en dehors de celles-ci.</li>
<li>Les zones  attribuées aux coraux limitent le champ d&rsquo;action pour recentrer un ratio. Par exemple en cas de nitrates élevés et de phosphates faibles, il est fortement déconseillé de remonter le taux de phosphates en dehors de celles-ci. Les nitrates devront être spécifiquement réduits  par d&rsquo;autres voies (bactéries, nourrissage&#8230;).</li>
<li>Un aquarium prolifère qui ne répond pas au modèle dispose propablement d&rsquo;autres leviers  compensateurs. Nous somes trop ignorants pour les expliquer totalement.</li>
<li>Un aquarium en situation de déséquilibre, confronté à des dérives autres que N et P, peut ne pas correspondre  au modèle.</li>
<li>Un aquarium déséquilibré a peu de chance de retrouver une situation stable en agissant sur les seuls leviers <span class="align-j">NO<sub>3</sub>, PO<sub>4</sub></span> et leur ratio. Cependant, ces derniers contribueront à retrouver la stabilité attendue dans un plan plus global.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Figure 2 : Exploitation des ratios <span class="align-j">NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub></span> en aquariophilie marine</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/3.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/3.jpg"></a><br />
</figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Assurément, Redfield aurait été un bon aquariophile !</p>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/cnp-redfield-aquariophile/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/cnp-redfield-aquariophile/">C:N:P Redfield est-il aquariophile ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr/">Reeflexions</a>.</p><p>The post <a href="https://reeflexion.fr/cnp-redfield-aquariophile/">C:N:P Redfield est-il aquariophile ?</a> first appeared on <a href="https://coralplast.fr">CoralPlast</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
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			</item>
		<item>
		<title>Traitement des coraux en bain – DIP</title>
		<link>https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 23:36:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[bacterie]]></category>
		<category><![CDATA[bain]]></category>
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		<category><![CDATA[traitement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe de nombreuses méthodes pour traiter et prévenir les maladies des coraux selon la nature du problème : biologiques ou chimiques, dans l’aquarium ou en bains, curatifs ou préventifs. Ces traitements peuvent cibler des infections bactériennes, des infestations de parasites, ou encore favoriser la santé générale des coraux. Le bain externe à l’aquarium présente […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Il existe de nombreuses méthodes pour traiter et prévenir les maladies des coraux selon la nature du problème : biologiques ou chimiques, dans l&rsquo;aquarium ou en   bains, curatifs ou préventifs. Ces traitements peuvent cibler des infections bactériennes, des infestations de parasites, ou encore favoriser la santé générale des coraux. Le bain externe à l&rsquo;aquarium présente quelques avantages.  Cet article explore les raisons qui peuvent conduire à ce type de traitement, les produits, leur champ d&rsquo;action et les modes opératoires à mettre en œuvre.</p>
<h2>1. Pourquoi traiter en bain  et quels organismes</h2>
<p class="align-j">Indépendamment de la maintenance régulière de l&rsquo;aquarium, on peut vouloir agir ponctuellement sur un spécimen de corail précis. Le trempage (ang. <em>Dip</em>) du corail infecté en bain annexe permet d&rsquo;agir vite, sans interférer avec l&rsquo;aquarium. Un même bain peut également répondre à plusieurs objectifs.</p>
<p class="align-j">Il est facile de tremper une petite bouture à son arrivée. Ça l&rsquo;est moins quand le corail a pris du volume dans l&rsquo;aquarium, et encore moins quand il est fixé au décor. Dans une logique de traitements en bains, il est intéressant de concevoir l&rsquo;agencement de manière démontable, par exemple avec des roches en éléments facilement retirés et remis en place, des plots simplement enchassés dans le décor&#8230;</p>
<p class="align-j">Les raisons  d&rsquo;un traitement en bain sont diverses, et peuvent impliquer des organismes aux comportements très différents. <a href="https://reeflexion.fr/choisir-un-microscope/">Un microscope</a> permet de mieux cibler l&rsquo;organisme à éliminer. Voyons les cas les plus fréquents&nbsp;:</p>
<h3>1.1. Traitement préventif d&rsquo;accueil</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/1.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/1.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Un bac de quarantaine pour coraux peut être très simple.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.reefaddicts.com/entry.php/1573-Visiting-SWFMAS-last-Saturday">Reef Addicts</a></div>
</figure>
<p class="align-j">Il existe des parasites plus ou moins redoutés. Certains sont effectivement si redoutables qu&rsquo;ils peuvent conduire à l&rsquo;agonie d&rsquo;un aquarium et l&rsquo;abandon définitif du propriétaire. Ce risque  important devrait conduire tout aquariophile récifal à réaliser un traitement préventif à l&rsquo;accueil du corail avant sa mise en quarantaine dans un bac dédié, le temps d&rsquo;observer son comportement.</p>
<h3>1.2. Invasion de parasites</h3>
<p class="align-j">Une invasion  peut être récente, sans effet délétère encore perceptible, mais potentiellement  cause de stress dont les effets à plus long terme pourraient se traduire par la perte du spécimen.</p>
<p class="align-j"><strong>De  nombreux parasites</strong> peuvent être observés sur les coraux. On s&rsquo;intéresse ici, plutôt à ceux qui occasionnent des stress ou des maladies à leurs  hôtes&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li> <strong>Plathelminthes</strong> : ces <strong>vers plats</strong> tels que les turbellariés ou <strong>planaires</strong>, peuvent agresser les Acropora (ang. AEFW&nbsp; : <em>Acropora Eating Flatworms</em>) comme le planaire d&rsquo;Acropora <em>Amakusaplana acroporae</em>. Ils se nourrissent du tissu corallien, provoquant des nécroses visibles sous forme de taches blanches, et peuvent sérieusement affaiblir, voire tuer les colonies infestées. Ces parasites sont difficiles à détecter en raison de leur mimétisme et de leur capacité à se dissimuler sous les branches de corail. <br />
    Certaines espèces de vers plats, <em>Pseudoceros</em> ou <em>Convolutriloba</em>, bien que non considérés comme de véritables parasites, peuvent  entraîner la dégradation des tissus  de coraux LPS affaiblis. </li>
<li> <strong>Nudibranches</strong> : ils se nourrissent du tissu externe des coraux  en le grattant. Les signes d&rsquo;infestation incluent des taches blanches ou décolorées, des zones dénudées  ou nécrosées  qui dénotent l&rsquo;affaiblissement des colonies, une baisse de vitalité du corail. On peut observer parfois des œufs sous forme de petites spirales blanches à la surface des coraux. Leur petite taille de quelques millimètres, et leur capacité à se fondre visuellement sur les tissus de leurs hôtes, rendent leur détection difficile. <br />
  On connait <em>Phestilla minor </em>parasite des Montipora (Cf. <a href="https://www.cap-recifal.com/articles.html/vivant/coraux-durs-et-invert%C3%A9br%C3%A9s-parasitaires-r77/">Coraux durs et invertébrés parasitaires</a>),  ceux des Zoanthus et d&rsquo;autres inféodés aux coraux mous, tels que les <em>Sarcophyton</em> et <em>Sinularia</em>. </li>
<li> <strong>Gastéropodes</strong> : les escargots   du genre <em>Drupella</em>, sont souvent de petite taille, avec une coquille spiralée de  couleur  blanche à brune, avec des motifs   permettant leur camouflage. Carnivores, ils se nourrissent de tissus de coraux durs <em>Acropora</em>, <em>Montipora</em>, <em>Porites</em>, <em>Pocillopora, </em>voire <em>Fungia</em>. Ils grignottent la surface des coraux avec leur radula, provoquant  la  décoloration et la dégradation des tissus coralliens. Les coraux deviennent plus vulnérables à d&rsquo;autres stress ou infections. </li>
<li> <strong>Copépodes</strong> :  il existe une très grande diversité  de copépodes (ang. <em>bug</em> : puces) inféodés à leurs espèces de coraux hôtes, notamment des scléractiniaires (LPS, SPS). Les copépodes en question sont parasites et se développent au dépend de leur hôte, fixés sur le tégument (ectoparasites) par des crochets et/ou ventouse, ou plongés dans les cavités gastrovasculaires (endoparasites). Ils se nourrissent directement ou par l&rsquo;intermédiaire de pièces buccales qui peuvent s&rsquo;allonger en trompe suceuse ou piqueuse. Bien  moins fréquents que les nudibranches, on en trouve sur les <em> Acropora</em> (<em>red bug</em>, <em>black bug</em>, <em>white bug</em>) tels que <em>Tegastes acroporanus</em> et <em>Alteuthellopsis caorallina</em> et moins fréquemment sur <em>Stylophora</em>, <em>Pocillopora</em> et <em>Seriatopora</em>. Ils  s&rsquo;attaquent aux tissus et aux polypes des  coraux hôtes. De petite taille de  quelques dixièmes de millimètres, ils sont  invisibles à l&rsquo;œil nu. On détecte leur présence par la décoloration et la  perte de tissus  source de stress. 
  </li>
<li> <strong>Isopodes et amphipodes</strong><em> : </em>moins communément, certaines espèces  parasitent également les coraux.</li>
<li><strong>Araignée de zoanthus</strong> : ce sont des chélicères<strong>,</strong> proche des araignées, mesurant quelques millimètres, à corps plat segmenté, dotés de quatre paires de pattes. Ils vivent   près du littoral. La plupart  sont carnivores et mangent  éponges,  coraux,  anémones&#8230; aspirant les tissus avec leur trompe ou arrachant des petits morceaux avec leurs pinces chélicères.
  </li>
<li> <strong>Protozaires</strong> : ces microrganismes  sont essentiellement des prédateurs opportunistes, profitant  de l&rsquo;affaiblissement induit par une infection bactérienne. Par exemple : <em>Helicostoma nonatum</em> est associé à la maladie de la gelée brune, <em>Pseudomicrothorax</em> à des nécroses et <em>Philaster</em> sp. s&rsquo;observe dans les  nécroses rapides (RTN) des coraux durs. </li>
<li> <strong><a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">Dinoflagellés</a></strong> : ils affectent les coraux par leur présence, certaines espèces libérant des toxines dans leur environnement. L&rsquo;envahissement est alors global et le bain ne sera pas la solution ultime, seulement un moyen  de traiter un corail que l&rsquo;on souhaite isoler de l&rsquo;invasion générale. </li>
<li> <strong>Champignons</strong> : des aspergiloses, actuellement non observées en aquarium, affectent régulièrement  des octocoralliaires<strong> </strong>dans les  Caraïbes, notamment les  gorgones <em>Gorgonia flabellum</em> et <em>G. ventalina</em>. </li>
<li> <strong>Polychètes</strong> : ces vers annélides (segmentés en anneaux) sont des prédateurs errants. Ils disposent d&rsquo;une trompe dévaginable pourvue de puissantes mâchoires chitineuses. Leur action prédatrice s&rsquo;exerce par taraudage, par ingestion de polypes ou encore par perforation des coraux dans lesquels ils creusent des tunnels. Les <em>Hermodice</em> spp. et <em>Eunice</em> spp. bien connu des aquariophiles s&rsquo;attaquent aux coraux scléractiniaires, aux anémones mais aussi aux octocoralliaires (coraux cuir, nephtéidés&#8230;). </li>
<li><strong>Anémones</strong> : par exemple les <em>Aiptasia</em> peuvent proliférer au point de stresser le corail.</li>
</ul>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(5	,1fr);">
<div class="grille-titre ">Différents parasites des coraux</div>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/20.jpg" alt="" /></p>
<div class="grille-legende">Copépode d&rsquo;Acropora de 0,4 mm.</div>
<div class="copyright">Source : <a href="https://coraleverafter.org/?p=687">Coral Ever After</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/21.jpg" alt="" /></p>
<div class="grille-legende">Planaire d&rsquo;acropora <em>Amakusaplana acroporae</em>, peu visible sur les tissus vivants.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://www.sgreefclub.com/home/7-ways-to-get-rid-of-unwanted-pests-in-your-tank/">Sg Reef Club</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/22.jpg" alt="" /></p>
<div class="grille-legende">Nudibranche de Montipora <em>Phestilla subodiosus</em>, et ses œufs  à la lisière des tissus.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://blog.captive-aquatics.com/captive_aquatics/2010/09/a-montipora-eating-nudibranch-primer.html">Captiv aquatics blog</a></div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/23.jpg" alt="" /></p>
<div class="grille-legende">Araignée de <em>Zoanthus</em> &#x2248;&nbsp;3-4&nbsp;mm.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : inconnue</div>
</figure>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/24.jpg" alt="" /></p>
<div class="grille-legende">Les escargots Duprella augmentent la pression sur des coraux affaiblis.</div>
<div class="copyright"><em>Source</em> : <a href="https://theconversation.com/will-the-great-barrier-reef-recover-from-its-worst-ever-bleaching-67063">theconversation</a></div>
</figure>
</div>
<h3>1.3. Maladies bactériennes</h3>
<p class="align-j">Une infection bactérienne   se traduit par des nécroses tissulaires, lentes (STN) ou rapides (RTN), de la geléee brune ou d&rsquo;autres formes de dégradations (maladie de la bande blanche, bande noire&#8230;). Ces infections sont parfois aggravées par des microorganismes. <br />
&Agrave; l&rsquo;heure actuelle, nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;information sur des infections virales.</p>
<p class="align-j">Les <strong>bactéries pathogènes</strong> sont le plus souvent le vecteur d&rsquo;aggravation d&rsquo;un affaiblissement lié à un stress. Elles  se fixent à la surface des cellules hôtes, colonisent, pénètrent les tissus, dégradent les membranes cellulaires, inhibent les cellules immunitaires, se multiplient, produisent des toxines provoquant une inflammation des tissus coralliens et se propagent&#8230; La maladie s&rsquo;est installée.</p>
<p class="align-j">Des <strong>microorganismes opportunistes</strong> tels que des protozoaires, <em>Philaster lucinda</em> dans les RTN, amplifient et accélèrent la progression de la maladie au point de devenir virulente et anéantir un massif en quelques heures. Pour cette raison, le traitement par des bactéries probiotiques peut être amélioré par une désinfection préalable des zones lésées.</p>
<h3>1.4. Invasions algales</h3>
<p class="align-j"> Les algues génèrent des stress par contact des tissus corallien. De plus, dans leur lutte chimique allélopathique pour l&rsquo;espace, elles libèrent des substances toxiques de nature à agresser le corail et dégrader ses tissus, une autre source de stress qui affecte sa résistance. Les traitements consistent à  atteindre les cellules algales, contribuant à leur mort et, par exemple, à nettoyer un support de bouture.</p>
<p class="align-j">Il peut s&rsquo;agir d&rsquo;<strong>algues de toutes sortes</strong> : des algues vertes filamenteuses, des Valonia incrustées dans la roche, des formes gazonnantes peu accessibles, des algues brunes solidement fixées aux roches&#8230; 
</p>
<h3>1.5. Supports malsains</h3>
<p class="align-j">Un support rocheux colonisé par des  organismes divers potentiellement concurrents (éponges, <em>Aiptasia</em>, concrétions&#8230;) pour rendre au corail un espace sain non stressant.</p>
<h3>1.6. Cicatrisation de lésions</h3>
<p class="align-j">Le corail a pu subir un choc, un poisson a peut-être dégradé une zone tissulaire pour y déposer ses œufs, des organismes colonisent l&rsquo;espace dégagé&#8230; Un traitement activera la cicatrisation et pourra contribuer à une reprise plus rapide.</p>
<h3>1.7. Revitalisation du corail</h3>
<p class="align-j">Préventivement, des aquariophiles pratiquent des traitements avant qu&rsquo;un spécimen montre des signes de faiblesse. Le traitement est réalisé à l&rsquo;arrivée du corail avant sa mise en quarantaine, mais aussi dans le cadre d&rsquo;un post traitement    de désinfection. On peut utiliser des bactéries probiotiques pour renforcer la lutte contre les pathogènes, ainsi que des additifs (oligoéléments, vitamines&#8230;) contribuant à renforcer la santé du corail et ses fonctions immunitaires.</p>
<h2>2. Produits de traitements</h2>
<h3>2.1. Composants basiques</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;aquariophile souhaitant connaitre exactement ce qu&rsquo;il utilise privilégiera  des composants de base dont il pourra ajuster les dosages selon ses observations. Le tableau 1 cite quelques produits   pour atteindre les buts suivants&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Déparasitage</strong> : ils sont variés et incluent généralement  les plathelminthes (vers plats d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), les nudibranches de Montipora, les copépodes d&rsquo;<em>Acropora</em> rouges et noirs (<em>bugs</em>) et certains protozoaires tels que le cilié <em>Philaster</em> sp. associé aux nécroses rapides (RTN).</li>
<li><strong>Traitement de nécroses tissulaires</strong> (TN) : le traitement peut être désinfectant et agir sur les bactéries pathogènes à l&rsquo;origine de nécroses tissulaires lentes (STN),  la gelée brune sur LPS et d&rsquo;autre infections liées à des lésions physiques.</li>
<li><strong>Eradication d&rsquo;algues </strong> : le produit peut agir sur les cellules de nombreuses algues, contribuant à nettoyer le squelette dégarni ou un support de bouture.</li>
<li><strong>Vitalisant </strong>du corail : l&rsquo;action de désinfection peut  traiter curativement les tissus  ou préventivement sur les parasites, des <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">bactéries probiotiques</a> peuvent renforcer la lutte contre les pathogènes&#8230; améliorant dans tous les cas la santé et la résistance des coraux. </li>
</ul>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Composants basiques et leurs effets<br />
  </caption>
<tr>
<th width="40%">Composants</th>
<th>Parasites</th>
<th>Nécroses</th>
<th>Algues</th>
<th>Vitalisant</th>
</tr>
<tr>
<td>Chlorure de potassium (KCl)</td>
<td>Vers (plathelminthes, planaires) voire copépodes</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Produits iodés : bétadine jaune, lugol</td>
<td>Protozoaires ? planaires</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Eau oxygénée H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 3&nbsp;% (10 Vol)</td>
<td>OK y compris Aiptasia</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Permanganate de potassium</td>
<td>Nudibranches</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Extraits naturels (plantes, feuilles, fruits, agrumes&#8230;)</td>
<td>Selon l&rsquo;extrait</td>
<td align="center">Selon l&rsquo;extrait</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Méthode KFC : Combinaison de traitements complexes (oxydants, antibiotiques&#8230;). </td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Bactéries probiotiques</a></td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td>Acides aminés, vitamines, oligoéléments</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
</table>
<h3>2.2. Formules commerciales</h3>
<p class="align-j">Le commerce propose une grande variété de formules prêtes à l&#8217;emploi. Le tableau&nbsp;2 en cite quelques-unes. Les compositions et les modes d&rsquo;actions n&rsquo;étant pas connus, consulter les recommandations de dosages et  durées avant tout traitement. Il est essentiel de suivre attentivement les indications  pour éviter tout stress excessif ou dommages aux tissus des coraux. </p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 2 : Formules commerciales et leurs effets<br />
  </caption>
<tr>
<th width="40%">Formule</th>
<th>Parasites</th>
<th width="15%">Nécroses</th>
<th>Algues</th>
<th>Vitalisant</th>
</tr>
<tr>
<td><a href="https://www.polyplab.com/products/reef-primer"><strong>Polylab Reef Primer coral dip</strong></a> (sels de potassium)</td>
<td align="left">Vers (plathelminthes, planaires)</td>
<td align="center">RTN, Gelée brune</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/Fauna%20marin%20Cili%20DIP">Fauna marin Cili DIP</a></strong> : Sels inorganiques, agents oxydants, stabilisant.</td>
<td align="left">Ciliés.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.seachem.com/reef-dip.php">Seachem Reef Dip</a></strong> <em>(produit iodés)</em></td>
<td align="left">Bactéries, champignons, protozoaires, planaires.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Tropic Marin Pro Coral Cure</strong><em> (produit iodés)</em></td>
<td align="left">Bactéries, champignons, protozoaires, planaires.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://coralrx.com/">Coral Rx</a></strong> (potentiellement : extraits de plantes, huile de lavande, agents surfactants).</td>
<td align="left">Plathelmintes  (AEFW),<br />
      nudibranches, araignée de <em>Zoanthus</em>, planaires, gastéropode Heliacus de <em>Zoanthus</em>.</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">Bryopsis</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>DVH – Coral Protec</strong></td>
<td align="left">
<p>Vers d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), nudibranche de <em>Montipora</em>, araignées du <em>Zoanthus</em>, vers rouge. 
      </p>
</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Two Little Fishies ReVive Coral Cleaner</strong> : extraits de plantes, Oleum abietis 0,5%, Citrus limon 0,5%</td>
<td align="left">Plathelminthes, nudibranches.</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Aquaforest Protect DIP</strong> (potentiellement : extraits de plantes, agents surfactants).</td>
<td align="left">Vers.</td>
<td align="center">TN, gelée brune</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.faunamarin.de/en/the-dip/">Fauna marin The DIP</a></strong> : ingrédients naturels</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://g1.redseafish.com/fr/treatments/dipx/">Red Sea Dipx</a></strong> : huiles essentielles</td>
<td align="left">Vers, plathelminthes, nudibranches, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.polyplab.com/products/reef-primer">Polylab Reef Primer coral dip</a></strong></td>
<td align="left">Vers, plathelminthes, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">OK</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong><a href="https://www.reef2reef.com/threads/interceptor-treatment-and-dosage.965987/">Interceptor</a></strong> (milbémycine  oxime) : antiparasite vétérinaire.</td>
<td align="left">Vers, nudibranches, copépodes (<em>bugs</em>).</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Coral restore</strong> (AA&#8230;)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
<tr>
<td><strong _istranslated="1"><a href="https://www.brightwellaquatics.com/products/frag-recover.php">Brightwell Aquatics Frag Recover</a></strong> : plantes</td>
<td align="left">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">OK</td>
</tr>
</table>
<h2>3. Mode opératoire de trempage</h2>
<h3>3.1. Précautions préalables</h3>
<p class="align-j">Les coraux peuvent être plus ou moins sensibles à certains composants. Si des composants ont largement fait leurs preuves d&rsquo;autres, notamment ceux issus de plantes, méritent de plus amples confirmations. Dans le doute, il convient de  toujours rester prudent et de procéder par étapes&nbsp;: </p>
<ul>
<li>Tester sur des échantillons du corail.</li>
<li>Commencer avec des concentrations  faibles. </li>
<li>Augmenter les doses progressivement.</li>
<li>Surveiller la réaction du corail.</li>
<li>Limiter la durée du bain (en général de 3 à 10 minutes) sauf indications approuvées.</li>
</ul>
<h3>3.2. Consignes de sécurité</h3>
<ul>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Réaliser les  bains  à l&rsquo;écart de l&rsquo;aquarium ou du bac de quarantaine</span>.</li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne pas verser  le bain dans l&rsquo;aquarium en cas de doute.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne  pas ingérer les produits.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Se  protéger des </span>projections (yeux, muqueuses&#8230;).</li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Tenir et stocker à l&rsquo;écart des enfants.</span></li>
<li><span dir="ltr" lang="fr" xml:lang="fr">Ne pas réutiliser la solution. Son principe actif a diminué et  pour ne pas polluer</span>.</li>
</ul>
<h3>3.3. Réalisation d&rsquo;un bain désinfectant ou revitalisant</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/25.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/25.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Accessoires de traitement, H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> et KCl.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.reefaddicts.com/entry.php/1573-Visiting-SWFMAS-last-Saturday">Reef Addicts</a></div>
</figure>
<ol>
<li><strong>Pré-nettoyage</strong> :  préalablement, au-dessus ou dans un récipient rempli d&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium, retirer tous les macroorganismes qui seraient indésirables  (ex. algues, vers&#8230;), de quelconque manière  (scalpel, brossette, cure-dent&#8230;).</li>
<li><strong>Prélever l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium</strong> : dans le récipient propre destinée au bain de traitement.</li>
<li><strong>Doser la solution </strong> : incorporer le produit dans le bain au  ratio adéquat ci-après, puis homogénéiser.</li>
<li><strong>Tremper le corail</strong> : totalement dans  la solution.</li>
<li><strong>Surveiller</strong> : le comportement du corail, contraction des polypes, dégagement de bulles&#8230;</li>
<li><strong>Nettoyer</strong> : les zones inaccessibles des tissus   avec une pipette, et les supports rocheux à la brossette.</li>
<li><strong>Durée du bain</strong> : selon le produit de traitement ci-après.</li>
<li><strong>Rincer</strong> le corail à l&rsquo;eau de mer propre issue de l&rsquo;aquarium, l&rsquo;agiter légèrement pour éliminer tout résidu chimique de produit<span class="align-j">.</span></li>
<li><strong>Traitement probiotique</strong> : compléter éventuellement  par un traitement avec des bactéries probiotiques.</li>
<li><strong>Replacer</strong> le corail dans le bac principal ou  le bac de quarantaine afin de poursuivre l&rsquo;observation et, si besoin, le traitement.</li>
</ol>
<h3>3.4. Réalisation d&rsquo;un bain probiotique</h3>
<p class="align-j">Le bain probiotique augmente les chances pour les bactéries d&rsquo;atteindre le corail et de se fixer dessus.  Après avoir introduit les bactéries, immerger le spécimen,   idéalement durant au moins 6 heures le<br />
temps que les bactéries s&rsquo;installent sur le corail et dans sa cavité gastrique. Le bain peut consister en une culture préalable  de bactéries multipliées selon le protocole  détaillé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Traitement probiotique de nécroses coralliennes</a>.</p>
<h2 class="align-j">4. Produits de trempage en bains</h2>
<h3>4.1. Chlorure de potassium KCl</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/4.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/4.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Chlorure de potassium.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Ce traitement s&rsquo;est développé ces dernières années dans le monde récifal après des expérimentations scientifiques et des témoignages positifs. Il  combine efficacité et sureté, sans présenter de grand risque pour les coraux. Une étude (1) très récente témoigne de l&rsquo;efficacité de bains à 1,5&nbsp;% (15&nbsp;g/l) pour  éradiquer en 90 secondes, sur <em>Goniopora</em>, le cilié  (<em>Philaster lucinda</em>) responsable de   RTN. &Agrave; concentration identique, elle  révèle la même efficacité  que l&rsquo;eau oxygénée, sans l&rsquo;agressivité de cette dernière. Par ailleurs une autre étude (2) montre un champ plus large d&rsquo;actions  de KCl par rapport à NaCl face aux bactéries pathogènes observées dans la préservation d&rsquo;aliments.  &Agrave; l&rsquo;achat, on choisira un produit de pureté 99&nbsp;%. Notons que  <em>Polylab Reef Primer coral dip</em> utilise des sels de potassium.</p>
<p class="align-j">Ce traitement s&rsquo;avère plus efficace avec un spectre plus large et moins  risqué que l&rsquo;insecticide <em>Bayer Advanced Insect Killer</em> parfois préconisé outre-Atlantique contre les copépodes, mais à l&rsquo;usage controversé. Je n&rsquo;en dirai pas plus.</p>
<p>  <strong>Protocole</strong>&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Traitement de parasites</strong> :   bain de<strong> 5 mn à 4 g/l</strong> (soit 0,4% ou 4000 mg/l). Les coraux les plus sensibles (<em>Acropora</em> lisses, LPS) sont préservés. Ce dosage recommandé   est  efficace contre les plathelminthes, vers plats d&rsquo;<em>Acropora</em> (AEFW), nudibranches et planaires. Les microcrustacés tels que les <strong>copépodes parasites</strong> d&rsquo;<em>Acropora</em> (red bug, black bug et white bug), semble nécessiter une concentration plus élevée 5&nbsp;mn à 10&nbsp;g/l en renouvelant les bains tous les 3 à 5 jours durant plusieurs semaines.<br />
    Par contre il n&rsquo;affecte pas les oeufs des parasites. Pour les éradiquer, il est nécessaire de couper les branches dans une zone saine avant traitement, ou bien recommencer le traitement toutes les semaines durant 8 semaines.
  </li>
<li><strong>Traitement des TN</strong> : bain de <strong>5&nbsp;mn  à 15&nbsp;g/</strong>l. Les coraux ne sont pas affectés par ce dosage  plus important. D&rsquo;ailleurs, <em>Polylab</em> préconise  d&rsquo;utiliser le <em>Reef Primer coral dip</em> contenant des sels de  potassium,  à une concentration de 12&nbsp;g/l en bain de 5 mn.</li>
</ul>
<h3>4.2. Bétadine</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/3.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/3.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Bétadine dermique 10%.</figcaption></figure>
<p class="align-j">La Bétadine (flacon jaune) est une solution  de povidone iodée à 10&nbsp;% dans de l&rsquo;eau (soit  1 % d&rsquo;iode libre actif). La povidone est un polymère   qui libère progressivement l&rsquo;iode, réduisant ainsi son caractère irritant et prolongeant son action antiseptique.  Le large spectre de cet antiseptique la rend plus efficace que d&rsquo;autres formes d&rsquo;iode. Agent oxydant elle agit sur les membranes cellulaires des microorganismes, entraînant leur mort. </p>
<p class="align-j">La bétadine a largement fait ses preuves pour désinfecter le tissu du corail et stopper la propagation d&rsquo;infections bactériennes, voire des champignons, des virus, des protozoaires causes de RTN, et d&rsquo;autres microorganismes. Son action rapide  permet de  traiter dans l&rsquo;urgence des coraux fragilisés. De part sa composition, la bétadine adhère bien aux tissus du corail durant le bain, augmentant son efficacité antiseptique sur les zones infectées. Cependant elle peut être irritante pour certains coraux délicats. Il convient de l&rsquo;utiliser avec parcimonie notamment sur les coraux aux tissus peu épais (coraux durs SPS). Le commerce propose des compositions iodées&nbsp;telles que <em>Seachem Reef Dip</em>, <em>Tropic Marin Pro Coral Cure</em> prêtes à l&#8217;emploi.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>La bétadine 10&nbsp;% s&rsquo;utilise en dosage <strong>5 à 10 ml/l</strong> d&rsquo;eau issue de l&rsquo;aquarium (0,5 à 1 %), en bain de <strong>5 à 10 minutes</strong>. Dans un cadre curatif, on préconise de suivre ce traitement par un bain de probiotiques pour maximiser les chances de guérison et  le rétablissement rapide.</p>
<h3>4.3. Lugol</h3>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit d&rsquo;une solution  d&rsquo;iode et d&rsquo;iodure de potassium dans l&rsquo;eau. De concentration plus élevée que la bétadine,  et sous forme libre,  son action est plus rapide et puissante que celle de la bétadine. Mais plus irritant, il peut endommager les tissus si utilisé à des concentrations élevées ou de manière prolongée. Le Lugol est  utilisé pour ses propriétés antiseptiques contre les bactéries, les algues indésirables et potentiellement, certains les protozoaires. Les effets à long terme des traitements ne sont pas bien connus. Une étude (7) a cependant déterminé que le lugol n&rsquo;a pas d&rsquo;effet néfaste sur la croissance corallienne.
</p>
<p class="align-j">Il existe des solutions commerciales prêtes à l&rsquo;emploi, mais aux concentrations    variées. Il faut s&rsquo;en tenir aux recommandations du fabricant pour son produit.</p>
<h4 class="align-j">Préparation du lugol</h4>
<p class="align-j">Dans le cadre d&rsquo;une prophylaxie, on utilise généralement une concentration à 5 %. C&rsquo;est à dire 100 millilitre d&rsquo;eau osmosée, 10 grammes d&rsquo;iodure de potassium KI et 5 grammes de diiode I2 en cristaux.
</p>
<h4>Étapes de la préparation</h4>
<ol>
<li>Verser environ 30 ml d&rsquo;eau distillée dans la bouteille en verre ou plastique (PP, PET&#8230;) opaque, pour préserver sa stabilité.</li>
<li>Introduire 10&nbsp;gramme d&rsquo;iodure de potassium et agiter pour dissoudre. L&rsquo;iodure de potassium aidera l&rsquo;iode à se dissoudre dans l&rsquo;eau.</li>
<li>Ajoutez  5 g de <span class="align-j">diiode I2 en cristaux</span> dans la solution.     </li>
<li>Compléter avec   le reste de l&rsquo;eau distillée jusqu&rsquo;à atteindre  100 ml et mélanger doucement jusqu&rsquo;à dissolution complète.  </li>
<li>    Stocker  la solution dans un endroit sombre et frais.</li>
</ol>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong> <strong>5 à 10 gouttes de Lugol par litre</strong> d&rsquo;eau de mer en bain de <strong>5 à 15 minutes</strong>. Surveiller l&rsquo;action sur le corail. S&rsquo;il s&rsquo;éclaircit, stopper immédiatement. Réaliser un seul bain pour une prophylaxie avant l&rsquo;introduction d&rsquo;un nouveau corail.   En cas d&rsquo;infection, selon la gravité renouveler le bain une à deux fois par semaine. <span class="align-j">Les coraux mous et certaines espèces de SPS comme les <em>Acropora</em> sont particulièrement sensibles. ⚠️ ne pas dépasser la durée recommandée et éviter les bains fréquents. </span></p>
<h3>4.4. Eau oxygénée </h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/2.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/2.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Traitement H2O2, phase d&rsquo;oxydation des MO.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;eau oxygénée est depuis longtemps utilisée pour aseptiser et désintégrer la matière organique. Tout est question de concentration. A très faible dosage elle permet de désinfecter  les tissus d&rsquo;un corail. A plus forte concentration elle agit sur des microorganismes, voire des parasites plus grands. On peut ainsi  traiter un support  avec son corail pour éliminer les algues, et avec elles la microfaune en place. Inutile de rappeler que l&rsquo;usage du peroxyde d&rsquo;hydrogène H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> peut être agressif (pour l&rsquo;homme et les organismes), et se réalise en suivant scrupuleusement les consignes d&rsquo;utilisation. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/peroxyde-hydrogene-aquariophilie-recifale/">Peroxyde d&#39;hydrogène en aquariophilie récifale</a> permet de mieux comprendre et d&rsquo;appréhender ce produit si décrié. Il précise les protocoles notamment les durées et les  dosages  avec <strong>H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 10 vol (3%)</strong> dilué avec l&rsquo;eau issue de l&rsquo;aquarium selon l&rsquo;usage souhaité. Appliquer strictement les préconisations selon le cas d&rsquo;utilisation. </p>
<p class="align-j"><strong>Protocole de base</strong>&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Coraux peu résistants </strong> (Acropora&#8230;) ≈ <strong>10 ml/l</strong> durant <strong>5&nbsp;mn</strong>.</li>
<li><strong>Coraux moyennement résistants </strong>et<strong> leurs supports</strong> (algues&#8230;) &nbsp;≈ <strong>100 ml&nbsp;/l</strong> durant <strong>5&nbsp;mn</strong>.</li>
</ul>
<h3 class="align-j">4.5. Extraits naturels de végétaux </h3>
<p>Certains extraits naturels de plantes, de feuilles, de fruits, d&rsquo;agrumes&#8230; sont  utilisés lors de traitements en bain ou dans l&rsquo;aquarium, principalement pour leurs propriétés antimicrobiennes, antifongiques et antiparasitaires. Peu utilisés en aquariophilie récifale, <span class="align-j">les méthodes sont encore confidentielles, avec des effets généralement  moins radicaux que des traitements antibiotiques ou chimiques agressifs. Cependant, elles offrent une alternative pour traiter les coraux de manière douce et naturelle</span>. D&rsquo;ailleurs certaines marques aquariophiles en commercialisent   déjà.</p>
<p>Certains  composants  de ces extraits naturels s&rsquo;avèrent très actifs. Compte tenu du manque de recul, la prudence s&rsquo;impose et il convient particulièrement ici de respecter les précautions préalables et les consignes de sécurité évoquées ci-dessus. Parmi ces extraits végétaux on peut trouver :</p>
<ul>
<li> <strong>Hamamélis</strong> (<em>Hamamelis virginiana</em>) : c&rsquo;est une plante connue pour ses propriétés astringentes, antibactériennes, anti-inflammatoires et antioxydantes, grâce à des composés actifs comme les tanins, les flavonoïdes et l&rsquo;acide gallique. En aquariophilie récifale, l&rsquo;hamamélis est employé pour des traitements de bain doux destinés aux coraux. Son  utilisation spécifique pour traiter les parasites ou les infections coralliennes est  peu documentée. <br />
    <strong>Protocole</strong>&nbsp;:<strong> </strong>l&rsquo;hamamélis s&rsquo;utilise aux US  en bain de <strong>30 mn </strong>dans<strong> 10 ml/l</strong>; Ce dosage est établi spécifiquement avec  le produit <em>TN Dickinsons</em>, <em>Wich Hazel Astringent </em>étiquette bleue, un distillat d&rsquo;hamamélis pur à 14&nbsp;% d&rsquo;alcool. Tout autre produit impose de confirmer ces préconisations.</li>
<li><strong>Extrait de pépins de pamplemousse</strong> (<em>Citrus paradisi</em>) : Antibactérien, antifongique, antiviral et antioxydant. Il contient des composés bioactifs comme la naringine et la limonine, efficaces contre certains types de bactéries et de champignons. Il est plutôt utilisé comme désinfectant en traitement d&rsquo;accueil des boutures.<br />
    <strong>Protocole</strong>&nbsp;:<strong> </strong>ajouter<strong>1 à 2 gouttes pour 1 litre</strong> issue de l&rsquo;eau du bac pour un bain  d&rsquo;environ <strong>5 à 10 minutes</strong>.</li>
<li> <strong> Extrait de thym</strong> (<em>Thymus vulgaris</em>) : Le thym contient des composés antimicrobiens puissants, notamment le thymol et le carvacrol, efficaces contre les pathogènes et certains parasites. <strong><br />
    Protocole</strong> : Une faible concentration est conseillée soit <strong>1 à 2 gouttes par litre</strong> d&rsquo;eau de mer durant quelques minutes.
  </li>
<li> <strong>Huile essentielle d&rsquo;arbre à thé</strong> (<em>Melaleuca alternifolia</em>) : l&rsquo;huile de tea tree, réputée pour ses propriétés antiseptiques et antifongiques, permet de  lutter contre les infections bactériennes et fongiques. <strong><br />
Protocole</strong> : En très faible dose <strong>1 à 2 gouttes pour 1 litre</strong> d&rsquo;eau de mer en bain  de<strong> 5 minutes</strong>. </li>
<li><strong>Extraits végétaux divers</strong> : l&rsquo;aquariophilie récifale a très tôt été attentive aux traitements à base de produits naturels et s&rsquo;appuie sur les pratiques avancées en aquacultuire. C&rsquo;est le cas de  l&rsquo;huile essentielle d&rsquo;arbre à thé. Dautres composés sont testés de manière plus ou moins confidentielle sur les coraux. Citons l&rsquo;algue brune (<em>Ascophyllum nodosum</em>) riche en composés bioactifs  immunostimulants, l&rsquo;eugenol extrait principalement du clou de girofle (<em>Syzygium aromaticum</em>) pour ses propriétés antiseptiques, analgésiques et anti-inflammatoires, des composés de l&rsquo;<em>Aloe vera</em>  pour leurs propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes et l&rsquo;extrait de neem, un arbre originaire d&rsquo;Inde  <em>Azadirachta indica</em>, pour contrôler les infections bactériennes et fongiques et immunostimulant. Certains de ces produits  ne peuvent être utilisés de manière inconsidérée. Très actifs, il sont dosés à la goutte près. Nombre d&rsquo;autres extraits ont également été testés (extrait de pépin de raisin, jus d&rsquo;ail&#8230;) moins efficaces ou sans effet.</li>
</ul>
<h3>4.6 Bactéries probiotiques</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/5.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/traitement_dip/5.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Une formule commerciale à large spectre de bactéries.</figcaption></figure>
<p class="align-j">L&rsquo;utilisation des bactéries probiotiques, bénéfiques en de nombreux aspects pour le corail, est en général réalisé en soutien d&rsquo;un premier traitement  destiné à éradiquer ou réduire des parasites opportunistes et désinfecter les plaies. Les bactéries viennent ensuite dans le cadre de la reconstruction des tissus, les défenses immunitaires, et l&rsquo;occupation du terrain occupé par les pathogènes.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole</strong>&nbsp;: Ce sujet est largement abordé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-probiotique-necroses-coralliennes/">Traitement probiotique de nécroses coralliennes.</a> On y trouvera tous les détails relatifs aux produits utilisés tels que <em>Microbe lift Special Blend ; Prodibio Biodigest ; Tropic Marin Nitribiotic</em>&#8230; le protocole et les dosages</p>
<h3>4.7. Acides aminés, vitamines et oligoéléments</h3>
<p class="align-j">De la même manière que les bactéries, ces éléments  servent au métabolisme du corail, notamment à la reconstruction tissulaire. Il est intéressant de tremper les coraux dans un bain concentré de manière à assurer la disponibilité des éléments au corail lui-même. Il s&rsquo;agit de produit commerciaux tels que: <em>Red Sea Coral Colors</em>, <em>Brightwell Aquatics Coral Amino et Replenish</em>, <em>Tropic Marin A- Elements et K+ Elements</em><em></em>.</p>
<h3>4.8. Permanganate de potassium KMnO<sub>4</sub></h3>
<p class="align-j"> Le permanganate de  potassium a été  testé contre les nudibranches de <em>Montipora</em> par Eric Borneman (4).</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>Eric Borneman relate l&rsquo;éradication en un seul traitement, des adultes  et des œufs  en  bain de <strong>2&nbsp;h </strong>maximum (voire moins) dans<strong> 50 mg/l</strong>. Le corail brunit mais retrouve  sa couleur  d&rsquo;origine quelques heures plus tard. </p>
<h3 class="align-j">4.9. Méthode KFC </h3>
<p class="align-j">Ce traitement décrit par <a href="https://kungfucorals.com/blogs/news/the-kfc-dip-a-game-changer-in-keeping-healthy-euphyllia">Kung Fu Corals</a> (5), utilisé pour traiter des <em>Euphyllia</em> s&rsquo;avère relativement lourd. Il exploite les conclusions d&rsquo;études utilisant des antibiotiques pour traiter des cas de nécroses tissulaires sur des SPS en le complétant par d&rsquo;autres actions. Il est d&rsquo;autant plus complexe que les antibiotiques cités ne sont délivrés en France que sur ordonnance médicale.</p>
<p class="align-j"><strong>Protocole&nbsp;: </strong>La méthode  se déploie en plusieurs étapes : désinfection du corail dans un bain de peroxyde d&rsquo;hydrogène H<sub>2</sub>O<sub>2</sub> 3% (10V). KFC préconise 5-10&nbsp;mn à 8-10&nbsp;ml/l (0,8 à 1&nbsp;%), suivi d&rsquo;un second bain de 2 à 6 heures contenant des antibiotiques (amoxicilline, ciprofloxacine), désinfectant (lugol) et un antioxydant (Chemiclean), en terminant par une seconde désinfection similaire à la première. Ne sachant pas retranscrire clairement ce protocole, par ailleurs susceptible d&rsquo;évoluer, je  laisse le soin de consulter le site.</p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Bons traitements, beaux coraux !</p>
<h2 class="align-j">En savoir plus</h2>
<ol>
<ol>
<li><a href="https://www.researchgate.net/publication/356434630_Effects_of_Ciliate_Infection_on_the_Activities_of_Two_Antioxidant_Enzymes_SOD_and_CAT_in_Captive_Coral_Goniopora_columna_and_Evaluation_of_Drug_Therapy">Effects of Ciliate Infection on the Activities of Two Antioxidant Enzymes (SOD and CAT) in Captive Coral (Goniopora columna) and Evaluation of Drug Therapy</a></li>
<li><a href="https://dergipark.org.tr/en/download/article-file/497537">Growth and Cell Morphology of Listeria monocytogenes as Affected by Various Concentrations of NaCl and KCl </a></li>
<li><a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3465780/">Ciliate and bacterial communities associated with White Syndrome and Brown Band Disease in reef-building corals</a> </li>
<li><a href="https://reefkeeping.com/issues/2007-09/eb/">Two  Potential Molluscicides Useful Against Pest Aeolid Nudibranchs Common on  Species of Montipora in Aquariums</a> &#8211; Eric Borneman &#8211; Reefkeeping.com</li>
<li> <a href="https://kungfucorals.com/blogs/news/the-kfc-dip-a-game-changer-in-keeping-healthy-euphyllia">The KFC Dip &#8211; A game changer in keeping healthy Euphyllia</a> </li>
<li><a href="https://www.vin.com/apputil/project/defaultadv1.aspx?pid=11375&#038;catid=&%23038;id=5768620&%23038;meta=&%23038;authorid=">Effects of Disease Treatments on Captive Coral Health</a></li>
<li><a href="https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2023.1281691/full">Common aquarium antiseptics do not cause long-term shifts in coral microbiota but may impact coral growth rates</a></li>
</ol>
</ol>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">Traitement des coraux en bain &#8211; DIP</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr/">Reeflexions</a>.</p><p>The post <a href="https://reeflexion.fr/traitement-coraux-bain-dip/">Traitement des coraux en bain – DIP</a> first appeared on <a href="https://coralplast.fr">CoralPlast</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
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			</item>
		<item>
		<title>Bactéries en aquarium marin et récifal</title>
		<link>https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 17:51:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[bacterie]]></category>
		<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[marin]]></category>
		<category><![CDATA[pathogene]]></category>
		<category><![CDATA[recifal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La stabilité d’un aquarium récifal dépend de l’équilibre biologique entre les poissons, coraux, invertébrés, et surtout les micro-organismes. Les bactéries s’avèrent essentielles pour y maintenir la qualité de l’eau et la santé du vivant. Les interactions et les enjeux sont si nombreux, qu’il est important pour l’aquariophile de bien connaitre le rôle du microbiote récifal, […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">La stabilité d&rsquo;un aquarium récifal dépend de l&rsquo;équilibre biologique entre les poissons, coraux, invertébrés, et surtout les micro-organismes. Les  bactéries s&rsquo;avèrent essentielles pour y maintenir la qualité de l&rsquo;eau et la santé du vivant. Les interactions et les enjeux sont si nombreux, qu&rsquo;il est important pour l&rsquo;aquariophile de bien connaitre le rôle du microbiote récifal, les types de bactéries, bénéfiques et pathogènes, les sources des souches, leur gestion dans l&rsquo;aquarium, quand et comment les introduire et les entretenir. Autant de sujets abordés dans cet article.</p>
<h2>1. Les bactéries</h2>
<p class="align-j">Les bactéries font partie des premières formes de vie  sur Terre. Omniprésentes dans presque tous les environnements, de l&rsquo;air à la terre, en passant par l&rsquo;eau douce et marine, et même à l&rsquo;intérieur des organismes vivants, elles ont une importance considérable dans les cycles biogéochimiques comme le cycle du carbone et la fixation de l&rsquo;azote de l&rsquo;atmosphère.</p>
<h3>1.1. Description</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/21.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/21.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 1 : Schéma d&rsquo;une bactérie.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://fr.khanacademy.org/science/high-school-biology/hs-cells/hs-prokaryotes-and-eukaryotes/a/prokaryotic-cells">Khan Academy</a></div>
</figure>
<p class="align-j">Ces micro-organismes (figure 1), de l&rsquo;ordre de 0,1 à 50 micromètres, unicellulaires, appartiennent au règne des <strong>procaryotes</strong>, donc sans  noyau défini ni organites membraneux, ce qui les distingue de tous les autres organismes. </p>
<p class="align-j">Les cellules se présentent sous plusieurs formes&nbsp;: sphérique, les <strong>coques</strong> ou cocci (cyanobactéries <em>Synechococcus, Prochlorococcus)</em>&nbsp;; allongée ou en bâtonnet, les <strong>bacilles</strong> (<em>Bacillus</em>, <em>Nitrosomas, Vibrio</em>)&nbsp;; spiralée, les <strong>spirilles</strong> ou spirochètes (<em>Oceanospirillum</em>, <em>Helicobacter</em>). Une membrane plasmique entoure la cellule et régule les échanges avec l&rsquo;extérieur. Comme pour les cellules végétales, la membrane   est parfois enveloppée d&rsquo;une capsule protectrice plus ou moins épaisse dont la structure  permet de différencier les bactéries Gram positif (à paroi épaisse) des bactéries Gram négatif (à paroi fine). A l&rsquo;intérieur de la cellule flotte le matériel génétique, formé par un seul chromosome (molécule) d&rsquo;ADN libre, enchevêtré en cercle, et refermé sur lui-même, ainsi que diverses molécules vitales.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);">
<div class="grille-titre ">Formes des bactéries.</div>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/22.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/22.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Bacilles : allongés, en batônnets  (Pseudomonas).</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.biomerieux-industry.com/fr/pharmaceutique-cosmetique/ressources/bibliotheque-des-micro-organismes-pharma/2020-03-24-how-does-pseudomonas">Biomérieux</a></div>
</figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/23.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/23.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Coques ou cocci : de formes sphériques.</figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/24.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/24.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Spirilles : en forme de spirale ou hélicoide.</figcaption></figure>
</div>
<h3>1.2. Particularités</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/32.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/32.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 2 : Source d&rsquo;énergie et nutrition des bactéries.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.nature.com/articles/nbt923">Naturebiotechnology</a></div>
</figure>
<ul class="align-j">
<li><strong>Mobilité</strong> : parfois immobiles, certaines espèces disposent de flagelles, de longs filaments fins dépassant de la surface cellulaire, qui permettent leur locomotion. On observe aussi des structures filamenteuses courtes, les fimbriae,  utilisées pour l&rsquo;adhérence aux surfaces ou pour l&rsquo;échange de matériel génétique entre bactéries.</li>
</ul>
<ul class="align-j">
<li><strong>Nutrition</strong> : Les bactéries interviennent dans divers processus et, selon les situations et les espèces, peuvent exploiter des nutriments organiques (déchets, nourriture), des composés azotés (ammoniac, nitrites, nitrates, voire directement l&rsquo;azote dissout), des composés carbonés (sucres, acides organiques : AA, acides gras), CO<sub>2</sub>, O<sub>2</sub>, des sulfates, des composés inorganiques (carbonates, phosphates&#8230;), des oligoéléments et même des métaux lourds. <br />
  Leurs modes de nutrition variés contribuent au brassage continuel de la matière entre les sol, leur milieu et les autres êtres vivants.</li>
<li><strong>Sources d&rsquo;énergie</strong> (figure 2) : certaines bactéries <strong>phototrophes</strong>, captent l&rsquo;énergie lumineuse, d&rsquo;autres <strong>chimiotrophes</strong><em>, </em>utilisent celle contenue dans des substances minérales ou des molécules organiques issues d&rsquo;êtres vivants. </li>
<li><strong>Oxygène</strong> : on caractérise les bactéries selon leurs besoins en oxygène pour vivre et se multiplier. Elles sont dites <strong>aérobies</strong> strictes lorsqu&rsquo;il leur est indispensable, et <strong>anaérobies</strong> strictes quand elles n&rsquo;en ont pas besoin  ou ne supportent pas sa présence. D&rsquo;autres sont  aéro-anaérobies facultatives lorsqu&rsquo;elles  vivent et se multiplient avec ou sans oxygène.
  </li>
<li><strong>Résistance</strong> : Il s&rsquo;agit de la forme de vie la plus résistante que l&rsquo;on connaisse. Les bactéries résistent  à des températures de 100&nbsp;°C, à certains désinfectants, aux rayonnements ultraviolets et plutôt bien aux UV-C, mais sont détruites par les rayonnements ionisants.  Lorsque les conditions environnementales sont difficiles (sécheresse excessive, manque de nutriments&#8230;), certaines espèces entrent en <strong>dormance</strong> et produisent des spores, une forme naturelle, inactive. Chaque spore germe en une bactérie active lorsque les conditions redeviennent favorables. </li>
<li><strong>Communautés</strong> : Elles vivent   en communautés, adhérant le plus souvent à des surfaces au sein d&rsquo;un gel muqueux, le biofilm. </li>
<li><strong>Reproduction</strong> : Les bactéries se reproduisent rapidement principalement de manière asexuée, par scissiparité, un processus simple  dans lequel une cellule se divise en deux cellules filles identiques. La division peut avoir lieu toutes les 20 minutes. C&rsquo;est à dire potentiellement 500 000 nouvelles cellules après 6 h.  Un tel rythme explique la fulgurance des maladies bactériennes. Elles peuvent également échanger du matériel génétique (conjugaison) pour brasser leurs gènes.</li>
<li><strong>Nombreuses</strong> : Le nombre d&rsquo;espèces dans les océans dépasse très probablement le million. On compte environ 10 millions de bactéries par millilitre d&rsquo;eau de mer dans les zones côtières. Si le bactérioplancton joue un rôle crucial dans les océans, tout autant que le phytoplancton et de manière complémentaire, on sous estime probablement son impact dans la nutrition de nombreux organismes marins.</li>
<li><strong>Nocivité</strong> : La plupart des bactéries n&rsquo;attaquent que la matière organique morte et sont inoffensives voire bénéfiques pour les organismes. Un petit nombre d&rsquo;espèces est pathogène, à l&rsquo;origine de maladies infectieuses.</li>
</ul>
<div class="commentaire pos-centre"> <strong>Terminologie<br />
  <strong><br />Hôte</strong></strong> : organisme qui héberge un parasite, partenaire mutuel ou commensal, nécessaire à son cycle de vie.<strong><br />
  <strong>Symbiose</strong> </strong>: association intime, durable entre deux organismes. Elle est bénéfique aux deux (mutualisme), bénéfique à l&rsquo;un et nuisible à l&rsquo;autre (parasitaire) ou bénéfique à l&rsquo;un et neutre sur l&rsquo;autre (commensalisme). <strong><br />
  Microbe</strong> : Organisme vivant visible qu&rsquo;au microscope (bactéries, microchampignons, protistes).<strong><br />
  Microbiote</strong> : ou &quot;microflore&quot;, ensemble des microbes d&rsquo;une communauté relative à un hôte animal.<br />
  <strong>Microbiome</strong> : ensemble regroupant le microbiote, son domaine d&rsquo;activité  (ex. un individu) et son environnement.<br />
  <strong>Holobionte</strong> : ensemble formé par les espèces hôtes et les autres espèces plus petites (micro-organismes) vivant à l&rsquo;intérieur, dessus ou à proximité. </div>
<h2>2. Rôles des bactéries en aquarium</h2>
<p class="align-j">Un aquarium  sain et stable pour les poissons, les coraux, et les autres habitants  contient probablement des bactéries  variées et en quantité suffisante pour assurer leurs fonctions. Voyons  leurs différents rôles :</p>
<h3 class="align-j">2.1. Rôles relatifs à la maintenance de l&rsquo;aquarium</h3>
<p><strong>Cycle  de l&rsquo;azote</strong> : (figure 3) les bactéries réalisent une <strong>filtration biologique</strong> essentielle à l&rsquo;équilibre de l&rsquo;aquarium marin. </p>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/29.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/29.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 3 : Le cycle de l&rsquo;azote.</figcaption></figure>
<ul class="align-j">
<li><strong>Les bactéries  nitrifiantes</strong> : durant la nitrosation<em> Nitrosomonas</em>, <em>Nitrosococcus</em>, <em>Nitrosocystis</em>, <em>Nitrosospira</em>, <em>Nitrosogle </em>transforment l&rsquo;ammonium (NH<sub>3</sub>),  très toxique pour les poissons, en nitrites (NO₂⁻), également toxiques mais moins dangereux.<br />
    Ensuite, durant la nitratation, les bactéries<em> Nitrobacter </em>, <em>Nitrocystis</em>, <em>Bactoderma</em>, <em>Microderma</em>, <em>Nitrospira</em>, etc., convertissent les nitrites (NO₂⁻) en nitrates (NO₃⁻), bien moins toxiques, qui pourront être absorbés par les plantes ou éliminés lors des changements d&rsquo;eau. </li>
<li><strong>Les bactéries dénitrifiantes</strong> :  telles que <em>Pseudomonas</em>, <em>Flavobacterium</em>, <em>Alcaligenes</em>, <em>Achromobacter</em>, <em>Escherichia</em>, <em>Micrococcus, Aerobacter</em>, <em>Bacillus, Thiobacillus</em>, <em>Azotobacter</em>&#8230; se développent dans des zones pauvres en oxygène (anaérobies)&nbsp;:  dans les substrats ou au sein de certaines roches vivantes. Elles transforment les nitrates (NO₃⁻) en diazote gazeux (N<sub>2</sub>), relâché dans l&rsquo;atmosphère. La réduction du niveau de nitrates, prévient l&rsquo;accumulation de substances nocives pour les habitants marins.</li>
</ul>
<p class="align-j"><strong>Cycle du phosphore</strong> :    comme exposé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/phosphore-phosphates/">Phosphore, phosphates</a>, lors de la dégradation des  matières organiques (fèces, déchets, sédiments&#8230;), les  bactéries solubilisatrices de PO<sub>4</sub> (PSB) telles que <em>Pseudomonas fluorescens</em>, et les bactéries accumulatrices de PO<sub>4</sub> (PAB) telles que Candidatus <em>Accumulibacter phosphatis</em>, extraient les phosphates dissous dans l&rsquo;eau,  pour  leur propre métabolisme. A leur mort ces phosphates  piégés dans leur biomasse sont éliminés par la filtration et l&rsquo;écumeur. Par ailleurs, durant la dégradation de composés organiques phosphorés, elles sécrètent des enzymes assurant la minéralisation du phosphore organique en phosphate inorganique, un nutriment essentiel pour les coraux et les algues. La régulation du phosphore est un levier pour limiter la prolifération d&rsquo;algues indésirables. </p>
<p class="align-j"><strong>Cycle du soufre</strong> : dans les aquariums marins, notamment ceux comportant des zones anoxiques peu oxygénées, des &quot;bactéries pourpres&quot; pratiquent la photosynthèse anoxygénique (sans production d&rsquo;oxygène). Les <strong>bactéries pourpres sulfureuses</strong> (PSB) des gama-<em>Protéobactéries</em>), essentiellement des <em>Chromatiaceae</em>, transforment le sulfure d&rsquo;hydrogène (H<sub>2</sub>S)  toxique  en soufre ou en sulfates beaucoup moins nocifs pour l&rsquo;écosystème interviennent également dans le cycle du soufre.</p>
<p class="align-j"><strong>Cycle du carbone </strong>: des bactéries dégradent la matière organique dissoute, convertissant les substances organiques en dioxyde de carbone et d&rsquo;autres nutriments assimilables par les coraux et les autres habitants de l&rsquo;aquarium. Certaines espèces fixent le carbone organique dans le mucus et rendent cette source d&rsquo;énergie directement disponible pour le corail.</p>
<p class="align-j"><strong>Décomposition de la matière organique</strong> : les bactéries hétérotrophes décomposent les déchets organiques (nourriture, excréments, plantes mortes&#8230;), en substances plus simples à éliminer, évitant ainsi l&rsquo;accumulation de matière organique, le risque de pics d&rsquo;ammoniac toxique et celui d&rsquo;autres polluants.<br />
  Plus particulièrement, les <strong>bactéries pourpres non-sulfureuses</strong> (PNSB), des alpha-<em>Protéobactéries</em> telles que les <em>Rhodospirillaceae</em> et <em>Rhodobacteraceae</em>, pratiquent la photosynthèse anoxygénique comme les PSB, mais  utilisent des composés organiques (acides gras, alcools, glucides) ou des composés inorganiques pauvres en soufre (fer) comme source d&rsquo;électrons pour la photosynthèse. Si elles n&rsquo;entrent pas dans le cycle du soufre, elles contribuent au cycle de l&rsquo;azote, plus spécifiquement dans les zones hypoxiques, pauvres en oxygène, centrées sur la dégradation de la matière organique et la gestion des nutriments. Ce faisant elles sont performantes dans le traitement du mulm sédimenté sur et dans les substrats : sables et  roches vivantes.</p>
<p class="align-j"><strong>Clarification de l&rsquo;eau</strong> : En fixant les particules en suspension et en absorbant les substances dissoutes, les bactéries clarifient l&rsquo;eau, améliorant ainsi la qualité visuelle et la santé générale de l&rsquo;aquarium.</p>
<p class="align-j"><strong>Biofilm protecteur</strong> : les bactéries forment également un biofilm sur les surfaces (roches, substrat, parois de l&rsquo;aquarium..) empêchant les bactéries pathogènes de coloniser ces surfaces. Le biofilm agit également comme un réservoir de nutriments pour les microorganismes et, bien entendu, participe à la filtration biologique.</p>
<h3>2.2. Rôles relatifs aux organismes marins</h3>
<p class="align-j">Dans un aquarium récifal, les interactions entre les bactéries et les organismes vertébrés et invertébrés sont nombreuses, complexes et indispensables au maintien de son équilibre écologique. Elles incluent notamment la <strong>nourriture</strong> et la <strong>protection contre les maladies</strong> :</p>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/28.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/28.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 4 : Tunicier <em>Polycarpa aurata</em>, un bactério-planctonophage..</figcaption></figure>
<ul class="align-j">
<li><strong>Réduction des toxines : </strong>Les bactéries du cycle de l&rsquo;azote et du soufre réduisent les risques toxiques. D&rsquo;autre bactéries probiotiques telles que <em>Bacillus</em>, <em>Rhodopseudomonas</em>, contribuent à neutraliser différentes toxines comme, par exemple, des toxines cyanobactériennes produites par les  algues. Dans une moindre mesure, certaines bactéries (<em>Pseudomonas</em>, <em>Bacillus</em>, <em>Shewanella</em>) peuvent bioaccumuler des métaux lourds, les précipiter sous forme de sels insolubles ou les réduire  (<em>Desulfovibrio</em>), voire les chélater en composés moins toxiques. Certaines<strong> </strong> espèces de poissons (poissons-anges) et d&rsquo;invertébrés (crevettes, étoiles de mer) sont extrêmement sensibles à des dérives  d&rsquo;ammoniac et nitrites. 
  </li>
<li class="align-j"><strong>Source de nourriture pour les invertébrés</strong> : de nombreux invertébrés  suspensivores microphages actifs ou passifs, zooxanthellés ou azooxanthellés, se nourrissent  de bactérioplancton. Les coraux (octocoralliaires et dans une moindre mesure les scléractiniaires SPS et LPS), les éponges,  les tuniciers (figure 4), les bivalves (moules, bénitiers, huitres), les vers tubicoles, les échinodermes filtreurs (comatules, holothuries&#8230;), piègent les bactéries en suspension   et s&rsquo;en nourrissent.  Les psammivores comme les holothuries (concombres de mer), étoiles de mer fouisseuses, gobies&#8230; et les détritivores (copépodes, amphipodes&#8230;) ingèrent les bactéries sédimentées dans le mulm  au sein du sable et des roches. </li>
<li><strong>Symbiose bactérienne  : </strong>Les bactéries symbiotiques occupent le mucus des coraux, assurant une prédigestion des proies, et le système digestif de nombreux organismes (poissons, coraux) pour décomposer les aliments et absorber les nutriments. De même   elles contribuent à métaboliser des composés chimiques (soufre, azote&#8230;) au sein des invertébrés (nématodes,  vers tubicoles, bivalves&#8230;) en les transformant en nutriments assimilables.</li>
<li><strong>Fixation directe d&rsquo;azote</strong> : certaines bactéries fixatrices d&rsquo;azote captent directement l&rsquo;azote dissous issu de l&rsquo;atmosphère ou de la décomposition de la MO. Associées aux coraux, elles convertissent via des enzymes le N<sub>2</sub> dissout en ammonium (NH<sub>4</sub><sup>+</sup>) et d&rsquo;autres formes d&rsquo;azote biologiquement disponibles pour le corail.  Il s&rsquo;agit là du quatrième mode de nutrition des coraux, indépendamment de la photosynthèse, de la capture ou de l&rsquo;adsorption cellulaire de matière dissoutes. </li>
<li><strong>Prophylaxie</strong> : certaines bactéries probiotiques comme <em>Lactobacillus</em>, occupent des niches écologiques et contiennent la prolifération de bactéries pathogènes. Elles préviennent les infections et maintiennent  le système immunitaire des poissons et invertébrés, dont les coraux.</li>
<li><strong>Production de substances antimicrobiennes</strong> : les bactéries de certains probiotiques sécrètent des substances antibiotiques naturelles qui inhibent la croissance des agents pathogènes, réduisant ainsi le risque d&rsquo;infections chez les poissons (maladie des points blancs) et les coraux (nécroses tissulaires).</li>
<li><strong>Réduction des algues et cyanobactéries</strong> : les bactéries entrent en compétition avec les algues pour l&rsquo;utilisation des nutriments (N, P), réduisant ainsi leur prolifération.  </li>
<li><strong>Stimulant de ponte</strong> : certaines bactéries peuvent libérer des composés  stimulant la reproduction chez les invertébrés.</li>
</ul>
<h2>3. Microbiote de l&rsquo;aquarium récifal</h2>
<p><span class="align-j">Les bactéries occupent tous les compartiments de l&rsquo;aquarium, depuis les biofilms des supports rocheux ou sableux,  en suspension dans la colonne d&rsquo;eau et au sein des coraux eux-mêmes.</span></p>
<h3>3.1. Biofilms et mulms  superficiels </h3>
<h4>3.1.1. Biofilms</h4>
<p class="align-j"><strong>Les biofilms</strong> sont des communautés de micro-organismes (bactéries, algues, champignons et parfois des protozoaires) qui adhèrent à une surface pour former une matrice composée principalement de substances polymériques extracellulaires  (EPS) constituée de polysaccharides, de protéines, d&rsquo;ADN extracellulaire et d&rsquo;autres composants. Cette matrice protectrice leur permet de résister aux stress environnementaux (chocs thermiques, produits chimiques, agents antimicrobiens, etc.) et de conserver l&rsquo;humidité dans certaines conditions, par exemple lors de l&rsquo;exondation des coraux à marée basse. </p>
<p class="align-j"><strong>Le développement des biofilms</strong> dans des environnements humides ou aquatiques procède en plusieurs étapes. Les bactéries libres (planctoniques) dans l&rsquo;eau adhèrent aux surfaces immergées  (<strong>adhésion primaire</strong>) de toutes sortes (roches vivantes, substrat, verre de l&rsquo;aquarium, coraux, équipements), puis se multiplient (<strong>colonisation</strong>). Elles  produisent des EPS, formant une matrice gluante qui consolide l&rsquo;adhésion et protège les bactéries des conditions extérieures. Le biofilm développe une structure plus complexe avec des canaux pour l&rsquo;échange de nutriments et l&rsquo;évacuation des déchets (<strong>maturation</strong>). Sa structure est multicouche avec moins d&rsquo;oxygène et plus de déchets organiques en profondeur. Les bactéries  communiquent entre elles (quorum sensing) pouvant ainsi coordonner leur activité,  se protéger ou déclencher la production de certaines substances en réponse aux changements environnementaux.  Plus tard, certaines cellules ou portions du biofilm  sont libérées (<strong>détachement</strong>) et colonisent de nouvelles surfaces (figure 5).</p>
<p class="align-j"><strong>Une prolifération excessive</strong> du biofilm peut poser des problèmes. Par exemple, un biofilm trop épais  réduit la lumière nécessaire organismes symbiotiques. Sa régulation impose une bonne gestion des bactéries (contrôle des nutriments, réacteur biologique, éclairage&#8230;) comme on le verra, et parfois le nettoyage des équipements encrassés (pompes, crépines, tuyaux&#8230;).</p>
<h4>3.1.2. Mulms</h4>
<p class="align-j"><strong>Les mulms</strong> sont des accumulations  de <strong>débris organiques</strong> en décomposition (déchets alimentaires, excréments&#8230;) <strong>et inorganiques</strong> (sable, boues)  déposées au fond de l&rsquo;aquarium ou dans les zones calmes. Contrairement à ce que l&rsquo;on nomme les sédiments, les mulms contiennent une grande proportion de matières organiques. Ils hébergent une quantité de bactéries décomposeuses ainsi que d&rsquo;autres micro-organismes et des particules non vivantes. </p>
<p class="align-j"><strong>Les effets du mulm</strong> sont ceux des bactéries, déjà évoqué, notamment dans la décomposition de la matière organique  et la libération des nutriments (nitrates, phosphates). C&rsquo;est  une <strong>source de nutriments</strong> pour les algues. Il contient une grande concentration de bactéries et d&rsquo;autres micro-organismes, et sert de <strong>réservoir biologique</strong> pour d&rsquo;autres bactéries bénéfiques. <br />
  Cependant, s&rsquo;il n&rsquo;est pas contrôlé il peut contribuer à une <strong>pollution</strong> avec de hauts niveaux de nitrates et phosphates, favorisant ainsi la croissance indésirable d&rsquo;algues et de cyanobactéries.</p>
<p class="align-j"><span class="align-j"><strong>Gérer le</strong></span><strong> mulm </strong> par différents moyens : siphonner régulièrement le substrat (figure 6) pour éviter son accumulation excessive, assurer un brassage dans les zones d&rsquo;accumulation,  le maintenir sous contrôle avec une équipe de détritivores (invertébrés et poissons fouisseurs,  crevettes,  escargots, poissons limivores) pour remuer le substrat et consommer les matières organiques.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<div class="grille-titre ">Biofilm et mulm  en aquarium marin</div>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/25.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/25.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 5 : Portion d&rsquo;un biofilm détaché.</figcaption></figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/26.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/26.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 6 : Siphonage du mulm déposé sur le sable.</figcaption></figure>
</div>
<h3>3.2. Bactéries de la colonne d&rsquo;eau : bactérioplancton</h3>
<p class="align-j">Les bactéries sont moins présentes dans la colonne d&rsquo;eau que dans les biofilms recouvrant les surfaces. Issues de la libération des biofilms et des échanges avec les substrats, leur action est  similaire. A l&rsquo;instar des océans, la population bactérienne de la colonne d&rsquo;eau constitue le bactérioplancton de l&rsquo;aquarium.</p>
<h4 class="align-j">3.2.1. Actions du bactérioplancton</h4>
<p class="align-j">Indépendamment des rôles attribués généralement aux  bactéries,  en suspension elles ont des effets plus spécifiques :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Clarification de l&rsquo;eau</strong> : L&rsquo;effet est quasi immédiat. Les bactéries éliminent les particules organiques fines et décomposent les matières dissoutes. L&rsquo;eau devient  limpide et stable, favorisant la pénétration de la lumière et contribuant à la bonne santé de tous les organismes photosynthétiques.</li>
<li><strong>Echanges bactériens</strong> : transporté par le brassage, le bactérioplancton se disperse en tous points de l&rsquo;aquarium, assurant des apports bactériens jusqu&rsquo;aux substrats, et les  échanges    constants entre les bactéries en suspension, les surfaces, les mucus coralliens et tous les organismes.</li>
<li><strong>Bactérioplancton nourricier</strong> : De nombreux invertébrés suspensivores microphages (filtreurs), se nourrissent de plancton. Coraux,  bivalves,  vers  à panaches, éponges, tuniciers, comatules&#8230; piègent les bactéries dans leur mucus ou les capturent avec leurs cils vibratiles. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs chez les <a href="https://reeflexion.fr/octocoralliaires-2-biologie-nutrition-reproduction/">octocoralliaires</a> une source d&rsquo;alimentation bien plus importante que le phytoplancton, et vitale pour certains invertébrés tels que les tuniciers et les comatules.</li>
<li><strong><color style="color:red;">Risque d&rsquo;anoxie</color></strong> : un excès de matières organiques dans l&rsquo;eau peut toutefois entraîner   une <strong>prolifération bactérienne</strong> subite, non contrôlée, souvent visible sous forme d&rsquo;eau trouble : <strong>bloom bactérien</strong>. Les bactéries consomment alors de grandes quantités d&rsquo;oxygène dissous, mettant en danger les autres organismes, comme on l&rsquo;évoquera plus tard. Il est donc essentiel de surveiller et limiter la charge organique dans la colonne d&rsquo;eau.</li>
</ul>
<h4>3.2.2. Espèces bactériennes  en suspension</h4>
<p class="align-j">Il existe toujours des échanges entre l&rsquo;eau et les supports, et des biofilms se détachent dans la colonne d&rsquo;eau. Même si la concentration des espèces du bactérioplancton est différente de celle des biofilms superficiels, une analyse de la colonne d&rsquo;eau permet  d&rsquo;obtenir une cartographie approximative des bactéries présentes dans  l&rsquo;aquarium. Ainsi les analyses du microbiome telles que celles récemment proposées par le laboratoire Aquabiomics sont une avancée dans la compréhension de nos systèmes captifs. </p>
<p class="align-j">Les analyse ADN de ce laboratoire  révèlent   un mélange complexe dans l&rsquo;eau des aquariums testés, avec  une moyenne de 400 espèces  différentes par installation. Aquabiomics identifie 19 familles de bactéries représentant  l&rsquo;essentiel des communautés présentes dans l&rsquo;eau des aquariums récifaux sains, c&rsquo;est à dire dans lesquels invertébrés et poissons s&rsquo;épanouissent (figure&nbsp;7).</p>
<p class="align-j">Il existe aussi une grande disparité du spectre des populations entre différents aquariums, variant dans un rapport un à sept pour les populations les plus  diversifiées. Dans son étude <a href="https://aquabiomics.com/articles/how-aquarium-microbiomes-differ">How aquarium microbiomes differ</a>, Aquabiomics a ainsi pu observer quatre groupes de spectres bactériens présents dans des aquariums globalement sains (figure 8).</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr);">
<div class="grille-titre ">Analyses des bactéries en aquariums récifaux.</div>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/microbiome.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/microbiome.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 7 : Familles de bactéries des  aquariums récifaux</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a></div>
</figure>
<figure   class="figcolonne" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/4.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/4.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 8 : Groupes de spectres bactériens observés en aquariums récifaux.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a></div>
</figure>
</div>
<h3>3.3. Bactéries et coraux </h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/5.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/5.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 9 : Espèces bactériennes du mucus d&rsquo;<em>Acropora palmata</em> et de son environnement.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://typeset.io/pdf/regulation-of-microbial-populations-by-coral-surface-mucus-4de63t9fyh.pdf">Kim B Ritchie</a></div>
</figure>
<h4>3.3.1. Le microbiote du corail</h4>
<p class="align-j">Le corail forme avec les microorganismes qu&rsquo;il héberge (microbiote) un ensemble biologiquement cohérent (l&rsquo;holobionte) à l&rsquo;intérieur duquel s&rsquo;opèrent de relations symbiotiques vitales.</p>
<p class="align-j">Depuis les premières apparitions de maladies coralliennes à grande échelle, dans les Caraïbes, les chercheurs analysent le microbiote inféodé aux coraux. En effet, il impacte la vie du corail à plusieurs niveaux&nbsp;: notamment lors de la prédigestion, ainsi que pour ses défenses immunitaires puisque des pools bactériens sont en mesure de produire des antibiotiques contre les bactéries pathogènes. </p>
<h4>3.3.2. Bactéries du microbiote corallien</h4>
<p class="align-j">Un immense panel d&rsquo;espèces bactériennes peut être inféodé aux coraux. Pour autant leur spectre est  limité et spécifique à chaque espèce de corail. Les bactéries ont&nbsp; des fonctions différentes selon leur localisation (tissus, cavité gastrique, mucus, squelette). Rappelons que les bactéries ne sont pas les seuls microbiotes du corail. D&rsquo;autres microorganismes hôtes du corail, contribuent également à sa santé : archées, eucaryotes unicellulaires (dinoflagellés), champignons&#8230; </p>
<p class="align-j">Le microbiote du corail n&rsquo;est pas exactement le reflet du panel bactérien observé dans la masse d&rsquo;eau ou les surfaces. Par exemple, en milieu naturel, Kim B. Ritchie a observé la répartition  des différentes espèces  bactérienne relatives à <em>Acropora palmata</em> des Caraïbes : celles  inféodée au mucus du corail (symbiotes), celle des visiteurs&nbsp; pathogènes opportunistes, responsables de blanchiments dans l&rsquo;étude, et celle présente dans l&rsquo;eau de mer environnante (figure 9). Il s&rsquo;avère qu&rsquo;elles sont ici assez différentes.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;équilibre  bactérien du microbiote corallien est cependant très dépendant des conditions environnementales. Des différences dans la composition du mucus  peuvent  contribuer à réduire la capacité du corail à résister aux différents facteurs de  stress au point de le rendre vulnérable face aux organismes pathogènes. Aussi, l&rsquo;aquariophile doit tout mettre en œuvre  pour conserver cet équilibre.</p>
<h2>4. Espèces bactériennes marines</h2>
<p class="align-j">Toutes  les bactéries, en suspension, sur les substrats, en biofilms, ou sur les animaux, contribuent de manière bénéfique ou maléfique sur la santé générale de l&rsquo;aquarium et ses occupants. L&rsquo;aquariophile se pose donc légitimement la question de savoir  lesquelles son bonnes (bénéfiques), ou pas (pathogènes). La réponse à cette question ne lui permet malheureusement pas d&rsquo;avancer beaucoup aujourd&rsquo;hui, mais viendra le temps où les cartographies biologiques seront aussi courantes que les analyses chimique ICP.</p>
<h3>4.1. Bactéries bénéfiques, probiotiques</h3>
<h4>Bactéries bénéfiques, &quot;bonnes bactéries&quot;</h4>
<p class="align-j">Ce sont celles qui contribuent globalement à  la prospérité de l&rsquo;aquarium  : la qualité de l&rsquo;eau, la croissance saine des organismes vivants, l&rsquo;absence de maladies, l&rsquo;équilibre  biologique&#8230; Par exemple&nbsp;:</p>
<figure class="figfloat"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/27.jpg" alt="" /><figcaption class="figlegende">Figure 10 : Bactérie Nitrosomas.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://commtechlab.msu.edu/sites/dlc-me/zoo/zdrs0232.html">Yuichi Suwa</a></div>
</figure>
<ul class="align-j">
<li>Des espèces agissant dans le <strong>cycle de l&rsquo;azote</strong> et pour certaines, du phosphore :
<ul class="align-j">
<li>celles <strong>oxydant l’ammoniac</strong> en nitrite : Nitrosomonadaceae : <em>Nitrosomonas  (figure 10)</em>, <em>Nitrosococcus</em> (environ 1,5 % du microbiome).</li>
<li> celles <strong>oxydant les nitrites</strong> en nitrates (<em>Nitrobacter</em>, Nitrospiraceae), 11 fois moins abondantes.<br />
        Il s&rsquo;agit ici de concentrations mesurées dans la colonne d&rsquo;eau, donc non représentatives et plus faibles que ce que peuvent abriter les substrats.</li>
<li> celles <strong>dénitrifiant les nitrates </strong>en azote comme <em>Pseudomonas, Paracoccus</em>.</li>
</ul>
</li>
<li> Des espèces omniprésentes dans les milieux marins, participant aux <strong>processus de dégradation</strong> de plusieurs manières. Citons<em> Thiobacillus denitrificans</em>, une bactérie chimioautotrophe, anaérobie oxydant<strong> </strong>le soufre en sulfates par exemple dans les dénitrateurs au soufre ou les DSB.</li>
<li>Des  <strong>bactéries pourpres sulfureuses</strong>, anaérobies; oxydant le soufre en sulfates dans les couches profondes : <em>Chromatium, Thiocapsa, Thiospirillum</em>, <em>Thiopedia</em>, <em>Lamprocystis</em>, <em>Marichromatium</em>, <em>Allochromatium</em>) .</li>
<li>Des <strong>bactéries pourpres non-sulfureuses</strong> contribuant à la dégradation des zones hypoxiques (sédiments, sable et substrats) : <em>Rhodopseudomonas (figure 11), Rhodobacter</em>, <em>Rhodovulum</em>, <em>Roseobacter</em>, <em>Rhodospira</em>, <em>Erythrobacter</em>, <em>Oceanibulbus</em>. N&rsquo;intervenant pas particulièrement, ni directement, dans le cycle de l&rsquo;azote, elles sont complémentaires, polyvalentes et efficaces dans la dégradation des MO sur un terrain qui leur est propre. Par exemple <em>Rhodopseudomonas palustris</em> (4), une espèce pas spécifiquement marine, peut basculer entre quatre types différents de métabolismes et s&rsquo;avère intéressante dans de nombreux domaines dont l&rsquo;aquariophilie marine.</li>
<li>Des bactéries du <strong>traitement des phosphates</strong>. Selon leur rôle on trouve les bactéries solubilisatrices de phosphates (PSB) telles que <em>Rhodobacter</em>, <em>Pseudomonas</em>, <em>Bacillus</em>, <em>Halomonas</em>, <em>Marinobacter</em>, <em>Alteromonas</em>, <em>Planococcus</em>, <em>Serratia</em>, <em>Acinetobacter</em>, <em>Klebsiella</em>, <em>Rhodobacter</em>, <em>Paracoccus</em>, <em>Thiothrix</em>&#8230; et/ou accumulatrices de polyhosphates (PAB) <em>Acinetobacter</em>, <em>Klebsiella</em>, <em>Burkholderia</em>, <em>Enterobacter</em>, <em>Bacillus</em>,  <em>Synechococcus</em>, <em>Thiothrix</em>&#8230;</li>
<li>Des <strong>cyanobactéries</strong> :  capables de fixer l&rsquo;azote atmosphérique, fournissant ainsi une source de nutriments importante pour d&rsquo;autres organismes dans l&rsquo;aquarium, ingérées par les coraux et d&rsquo;autres invertébrés, produisant de l&rsquo;oxygène bénéfique aux organismes ou formant des  biofilms,  habitat de micro-organismes bénéfiques et  nourriture pour les filtreurs. </li>
<li>Des <strong>bactéries du mucus</strong> des coraux : par exemple des souches de <em>Vibrio</em> non pathogènes jouent un rôle protecteur contre des agents pathogènes potentiels.</li>
</ul>
<h4>Bactéries probiotiques, bonnes pour la santé</h4>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/31.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/31.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 11 : <em>Rhodopseudomonas palustris</em> s&rsquo;assemble en étoiles puis forme un réseau de biofilm</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.hydrospace.store/">Hydrospace</a></div>
</figure>
<p class="align-j"> Une partie des bactéries  bénéfiques est dite probiotique.Ce sont des souches sélectionnées et isolées pour leurs caractéristiques spécifiques<strong>,</strong> aux effets ciblés,  plus facilement  mesurables. Il s&rsquo;agit plus particulièrement de celles <strong> nécessaires à la santé   des hôtes</strong> (poisson, coraux et autres invertébrés) lesquelles, par exemple, impactent le métabolisme ou réduisent la prolifération des pathogènes. Par extension, l&rsquo;aquariophilie y inclut les bactéries qui <strong>améliorent la santé générale de l&rsquo;aquarium</strong>, notamment celles agissant sur le cycle de l&rsquo;azote. La différence est ténue et finalement sans importance  tant les  interdépendances entre les microorganismes,   sont nombreuses, parfois méconnues, mais toutes impliquées dans le même objectif de  prospérité.</p>
<p>Les bactéries probiotiques  appartiennent à différentes  espèces parmi les genres  &nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><em>Bacillus</em> (<em>B. subtilis</em>, <em>B. licheniformis</em>) : favorisent la dégradation des déchets organiques et aident à stabiliser le cycle de l&rsquo;azote, </li>
<li><em>Lactobacillus (L. plantarum</em>, <em>L. rhamnosus</em>) : bactéries lactiques contribuant à la fermentation de matières organiques et à la suppression de pathogènes. </li>
<li><em>Enterobacter (E. cloacae</em>) : participent à la décomposition des matières organiques et  à la réduction des pathogènes.</li>
<li><em>Rhizobium (R. leguminosarum</em>)  : aident à la fixation de l&rsquo;azote et améliorent la qualité du substrat.</li>
<li><em>Corynebacterium (C. glutamicum</em>), <em>Rhodopseudomonas</em> : contribuent à dégrader les déchets organiques</li>
<li><em>Pseudomonas (P. fluorescens)</em> : dégradent des polluants.</li>
<li><em>Nitrosomonas</em> et <em>Nitrobacter</em> : essentielles au cycle de l&rsquo;azote. </li>
<li><em>Pseudoalteromonas, Alteromonas</em>, <em>Halomonas</em>, <em>Ruegeria</em>, <em>Rhodopseudomonas palustris, Bacillus&#8230; </em>: production d&rsquo;antibiotiques dans le mucus corallien, contre des pathogènes.</li>
</ul>
<h3>4.2. Mauvaises bactéries et pathogènes</h3>
<p class="align-j">Les bactéries dites &quot;<strong>mauvaises bactéries</strong>&quot; regroupent les espèces aux effets <strong>indésirables</strong>. Certaines sont <strong>pathogènes</strong> quand elles causent la maladie, ou <strong>opportunistes</strong> quand elles deviennent nocives dans certaines conditions, ou simplement <strong>nuisibles</strong> si elles déséquilibrent l&rsquo;écosystème.</p>
<p class="align-j">Parmi les espèces pathogènes au-delà d&rsquo;une certaine concentration.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Pathogènes de poissons</strong> : <em>Mycobacterium, Photobacterium damselae</em>, <em>Piscirickettsia salmonis, voire Pseudomonas et Aeromonas </em>qui peuvent provoquer des infections cutanées chez les poissons et des nécroses<em>.</em> Les concentrations détectées dans des aquarium sains n&rsquo;affectent pas leur santé. </li>
<li><strong>Pathogènes des coraux</strong> :
<ul>
<li>des espèces hôtes naturels de coraux (Vibrionaceae ex. <em>Vibrio corallilyticus</em>, <em>V. shiloi, V.&nbsp;vulnificus</em>) à une concentration  normale n&rsquo;affectant pas leur santé, mais potentiellement causes de  blanchiment, et nécrose tissulaire.</li>
<li>des espèces non détectées dans les aquariums sains, introduites, impliquées dans les maladies des coraux (nécroses, gelées brunes&#8230;). Par exemple <em>Serriata marcescens, Thalassomonas loyana</em> (bande blanche), </li>
</ul>
</li>
<li><strong>Pathogènes d&rsquo;autres invertébrés</strong>. Parmi celles-ci <em>Mycobacterium </em>ou<em> Aquarickettsia rohweri&nbsp;</em>détecté sur des anémones, éponges. On  sait cependant peu de leur présence  en aquarium.</li>
</ul>
<h3>4.3. Bactéries marines diverses</h3>
<p class="align-j">Le tableau 1 propose un inventaire, bien entendu non exhaustif, de  bactéries observées en milieu marin dans différents habitats, avec leurs rôles et fonctions dans l&rsquo;écosystème.</p>
<table class="tableau"  align="center">
<caption class="tableau-titre">
  Tableau 1 : Quelques bactéries du milieu marin<br />
  </caption>
<thead>
<tr>
<th width="17%">Famille</th>
<th width="15%">Genre</th>
<th>Habitat</th>
<th>Fonction</th>
<th>Rôle</th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td>Acaryochloridaceae</td>
<td><em>Acaryochloris</em></td>
<td>Zones benthiques, biofilms</td>
<td>Cyanobactérie photosynthétique, utilisation de la chlorophylle d pour la photosynthèse</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Alteromonadaceae</td>
<td><em>Alteromonas</em></td>
<td>Eau, substrat, biofilms, sédiments</td>
<td>Dégradation MO pollution marine et hydrocarbures. BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Bacillaceae</td>
<td><em>Bacillus, Paenibacillus, Geobacillus</em></td>
<td>Eau, substrats, sédiments, biofilms</td>
<td>Dégradation des matières organiques, réduction des déchets. Cycle  N et P. Probiotique. BSP, BAP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Bacteriovoracaceae</td>
<td><em>Bacteriovorax, Peredibacter</em></td>
<td>Sédiments, biofilms</td>
<td>Contrôle par prédation  d&rsquo;autres bactéries Gram-négatives</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Beggiatoaceae</td>
<td><em>Beggiatoa</em></td>
<td>Sédiments, substrat riche en soufre</td>
<td>Oxydation des sulfures, neutralisation de H<sub>2</sub>S dans les environnements anoxiques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Bradyrhizobiaceae</td>
<td><em>Nitrobacter</em></td>
<td>Eau, substrat</td>
<td>Oxydation des nitrites (NO₂⁻) en nitrates (NO₃⁻)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Burkholderiaceae</td>
<td>Burkholderia</td>
<td>Sédiments</td>
<td>BAP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Cenarchaeaceae</td>
<td><em>Cenarchaeum, Nitrosopumilus</em></td>
<td>Eau, sédiments, substrats</td>
<td>Archées. Oxydation de l&rsquo;ammoniac. Résistantes, elles contribuent à la résilience dusystème.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Chromatiaceae</td>
<td><em>Nitrosococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substrat</td>
<td>Oxydation de l&rsquo;ammoniac (NH<sub>3</sub>) en nitrites (NO₂⁻) dans les environnements marins</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Comamonadaceae</td>
<td><em>Comamonas, Acidovorax, Delftia, Hydrogenophaga, Polaromonas, Variovorax</em></td>
<td>Sédiments, substrats, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique, contribution au cycle de l&rsquo;azote et de l&rsquo;hydrogène.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Cryomorphaceae</td>
<td><em>Cryomorpha</em></td>
<td>Eau</td>
<td>Dégradation des glucides (environnements marins froids)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Desulfovibrionaceae</td>
<td><em>Desulfovibrio</em></td>
<td>Sédiments, zones anaérobies</td>
<td>Réduction des sulfates, formation de sulfures métalliques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Enterobacteriaceae</td>
<td>Enterobacter,<br />
        Klebsiellia,<br />
      Serratia</td>
<td>Eau, substrat</td>
<td>Dégradation MO, Cycle N et P. BAP, BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Flammeovirgaceae</td>
<td><em>Flammeovirga, Lutibacter, Flexithrix</em></td>
<td>Eau, sédiments, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique, formation de biofilms.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Flavobacteriaceae</td>
<td><em>Flavobacterium</em></td>
<td>Eau, substrat, mucus des coraux</td>
<td>Peut devenir pathogène chez les poissons stressés, sinon décomposition de matière organique</td>
<td>Opportuniste</td>
</tr>
<tr>
<td>Fusobacteriaceae</td>
<td><em>Fusobacterium</em></td>
<td>Sédiments, zones anaérobies, systèmes digestifs</td>
<td>Dégradation de matière organique, production d&rsquo;acides organiques, causes d&rsquo;infections</td>
<td>Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Halomonadaceae</td>
<td>Halomonas</td>
<td>Sédiments</td>
<td>Dégradation sédiments. BSP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Hyphomicrobiaceae</td>
<td>
<p><em>Hyphomicrobium, Methylobacterium, Filomicrobium.</em></p>
</td>
<td>Eau, substrats, biofilms.</td>
<td>Acteur du cycle du carbone. Dégradation de matière organique, ixation de l&rsquo;azote.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Leptospirillaceae</td>
<td><em>Leptospirillum</em></td>
<td>Sédiments, substrat</td>
<td>Oxydation du fer, rôle dans le cycle du fer</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Mycobacteriaceae </td>
<td><em>Mycobacterium</em></td>
<td>Sédiments, eau, substrat, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique, Pathogène d&rsquo;organismes marins, coraux et poissons (mycobactériose)</td>
<td>Bénéfique et Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Marinicelaceae</td>
<td><em>Marinicella, Marinilactibacillus</em></td>
<td>Sédiments, substrat, biofilms</td>
<td>Dégradation de matière organique. Production de métabolites (antimicrobes). Equilibre des biofilms</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Marinobacteraceae</td>
<td><em>Marinobacter</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Moraxellaceae</td>
<td><em>Acinetobacter</em></td>
<td>Eau, substrat, sédiments</td>
<td>Opportuniste, rôle dans la dégradation MO, possible résistance aux antibiotiques. BAP, BSP.</td>
<td>Opportuniste</td>
</tr>
<tr>
<td>Nitrosomonadaceae</td>
<td><em>Nitrosomonas, Nitrosococcus</em></td>
<td>Eau (colonne d&rsquo;eau), substrat</td>
<td>Oxydation de l&rsquo;ammoniac (NH₃) en nitrites (NO₂⁻)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Oceanospirillaceae</td>
<td><em>Oceanospirillum</em></td>
<td>Eau, biofilms, zones côtières</td>
<td>Dégradation des hydrocarbures, résilience face à la pollution</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Oceanospirillaceae</td>
<td><em>Thalassomonas</em></td>
<td>Eau, substrat, biofilms</td>
<td>Dégradation des hydrocarbures, rôle dans la résilience face à la pollution marine</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pelagibacteraceae</td>
<td><em>Pelagibacter</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau</td>
<td>Bactérie abondante dans les océans, rôle majeur dans la dégradation de composés organiques simples</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Phormidiaceae</td>
<td><em>Phormidium</em></td>
<td>Eau, substrat, zones benthiques</td>
<td>Cyanobactérie, production primaire par photosynthèse, peut former des tapis benthiques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Piscirickettsiaceae</td>
<td><em>Piscirickettsia</em></td>
<td>Sédiments, zones polluées</td>
<td>Pathogène de poissons. Sans interêt écologique</td>
<td>Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Planctomycetaceae</td>
<td><em>Planctomycetes</em></td>
<td>Biofilms, substrat</td>
<td>Dénitrification anaérobie de l&rsquo;ammoniac (Anammox)</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Planococcaceae</td>
<td><em>Planococcus</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pseudanabaenaceae</td>
<td><em>Pseudanabaena</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substrat</td>
<td>Cyanobactérie filamenteuse, joue un rôle dans la fixation de l&rsquo;azote et la production primaire</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pseudomonadaceae</td>
<td><em>Pseudomonas</em></td>
<td>Eau, substrat, biofilm, sédiments</td>
<td>Dégradation de la matière organique complexe, participation au cycle du soufre. BSP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Pseudoalteromonadaceae</td>
<td><em>Pseudoalteromonas</em></td>
<td>sédiments, eau, substrat, mucus corallien.</td>
<td>Dégradation de  matière organique, Probiotique, symbiote de coraux, protection contre pathogènes, production d&rsquo;antimicrobiens</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Rhodobacteraceae</td>
<td><em>Roseobacter<br />
        Rhodobacter<br />
      </em></td>
<td>Mucus corallien, biofilm, sédiments</td>
<td>Symbiote des coraux, protection contre pathogènes et production de composés antimicrobiens. Dégradation sédiments. PSB.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Rhodobacteraceae</td>
<td><em>Rhodopseudomonas</em></td>
<td>Eau, substrat, sédiments</td>
<td>Bactérie photosynthétique, dégradation MO, toxines. BPNS. BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Rickettsiaceae</td>
<td><em>Aquarickettsia</em></td>
<td>Mucus corallien</td>
<td>Symbiote ou pathogène potentiel des coraux, peut être impliqué dans la perte de tissu corallien</td>
<td>Opportuniste ou Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Rhizobiaceae</td>
<td><em>Paracoccus</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Saprospiraceae</td>
<td><em>Saprospira, Lewinella,  Haliscomenobacter.</em></td>
<td>Eau, sédiments, biofilms, substrats.</td>
<td>Dégradation de la matière organique complexe, décomposition des algues mortes, création facile de biofilms</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Synechococcaceae</td>
<td><em>Synechococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substra, sédiments</td>
<td>Cyanobactérie, production primaire, rôle clé dans la photosynthèse marine. BAP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Synechococcaceae</td>
<td><em>Prochlorococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau</td>
<td>Cyanobactérie photosynthétique, production primaire</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Thiobacillaceae</td>
<td><em>Thiobacillus</em></td>
<td>Sédiments, zones anoxiques</td>
<td>Oxydation des composés soufrés, cycle du soufre</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Thiotrichaceae</td>
<td><em>Thiothrix</em></td>
<td>Sédiments</td>
<td>BSP, BAP.</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Vibrionaceae</td>
<td><em>Vibrio coralliilyticus, V.&nbsp;<em>shiloi</em>, <em>V. harveyi,</em>V.&nbsp;<em>vulnificus,</em><em> V. Owensii.</em></em></td>
<td>Mucus des coraux</td>
<td>Pathogène des coraux, cause le blanchiment et la nécrose des tissus coralliens</td>
<td>Pathogène</td>
</tr>
<tr>
<td>Vibrionaceae</td>
<td><em>Photobacterium</em></td>
<td>Eau, sédiments</td>
<td>Bioluminescence, symbiose avec certains poissons, dégradation des matières organiques</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
<tr>
<td>Xenococcaceae</td>
<td><em>Xenococcus</em></td>
<td>Colonne d&rsquo;eau, substrat, biofilms</td>
<td>Cyanobactérie, peut former des symbioses avec des éponges et autres invertébrés</td>
<td>Bénéfique</td>
</tr>
</tbody>
<caption class="tableau-legende">BSP, BAP : bactérie solubilisatrice ou accumulatrice de phosphates. BPS, BPNS : bactérie pourpre sulfureuse et non-sulfureuse.<br />
  </caption>
</table>
<h2>5. Effets des bactéries indésirables</h2>
<p class="align-j">Un déséquilibre du spectre bactérien risque de libérer de l&rsquo;espace pour le développement de bactéries indésirables, parfois pathogènes, contenue jusque-là et sans effet  notable. L&rsquo;action des indésirables dans l&rsquo;aquarium peut se traduire de plusieurs façons&nbsp;:</p>
<h3>5.1. Déséquilibre de l&rsquo;aquarium</h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Perturbation du cycle de l&rsquo;azote</strong> : les bactéries pathogènes  interférent avec les bactéries bénéfiques  du cycle de l&rsquo;azote entraînant des pics d&rsquo;ammoniac et de nitrites,  toxiques pour les poissons et autres habitants.</li>
<li><strong>Déséquilibre microbien</strong> : leur prolifération  conduire au déséquilibre dans la communauté microbienne de l&rsquo;aquarium perturbant les interactions  entre les différentes espèces de micro-organismes,  une réduction de la biodiversité microbienne et  la résilience de l&rsquo;écosystème.</li>
<li><strong>Production de toxines</strong> : Certaines bactéries produisent des toxines  affectant la santé des poissons et des coraux.</li>
</ul>
<h3> 5.2. Impact sur les occupants</h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Stress, maladies  des poissons</strong> : Les bactéries pathogènes sont sources de stress chez les poissons. Leur système immunitaire affaibli, ils sont plus sujets  aux infections : maladie des points blancs (Cryptocaryon), ou de velours (Oodinium), pourriture des nageoires, infections cutanées&#8230;   jusqu&rsquo;à la mort des poissons.</li>
<li><strong>Maladies des coraux</strong> : les  infections bactériennes se traduisent par des nécroses tissulaires  lentes (STN Small Tissues Necrosis) et ouvrent la porte à certains parasites opportunistes responsables de dégradations rapides (RTN&nbsp;: Rapid&nbsp;Tissues Necrosis, gelées brunes&#8230;).</li>
<li><strong>Compétition pour les ressources</strong> : les  pathogènes entrent en compétition avec les communautés de bonnes bactéries  pour les nutriments et l&rsquo;espace,  entravant leur croissance et leur santé.</li>
<li><strong>Impact sur les invertébrés</strong> : crevettes, bivalves&#8230; peuvent être affectés par des infections entraînant des maladies et une mortalité.</li>
</ul>
<h2>6. Surveiller  la qualité biologique de l&rsquo;eau</h2>
<p class="align-j">Les moyens à notre disposition ne sont pas nombreux. L&rsquo;identification nécessite du matériel et une expertise hors de portée de l&rsquo;aquariophile moyen. Mais la haute technologie lui devient progressivement accessible. On peut toutefois rechercher quelques indices biologiques visuels..</p>
<h3>6.1 Observation visuelle, bioindicateurs</h3>
<p class="align-j">La connaissance de notre aquarium et le comportement de nos protégés révèlent parfois  quelques indications biologiques susceptibles de nous alerter :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Comportements anormaux des poissons</strong> : une nage erratique, des frottements intempestifs, une décoloration, un faible appétit, l&rsquo;isolement, une moindre dynamique et bien sûr des  lésions cutanées, des ulcères&#8230; sont parfois des signes d&rsquo;infection.</li>
<li><strong>Santé des coraux</strong> : des coraux avec polypes rétractés, des desquamations, de la gelée brune, des blanchiments&#8230; peuvent être le signe que des infections sont là et ont parfois déjà ouvert la porte à des parasites opportunistes.</li>
<li><strong>Cyanobactéries, dinoflagellés</strong> :   ces organismes se développent lors de la dérive de paramètres chimiques, et bien souvent à la faveur de l&rsquo;espace laissé vacant par les bactéries bénéfiques concurrentes.</li>
<li><strong>Film gras superficiel</strong> : il peut être révélateur d&rsquo;une surcharge organique non prise en charge par les bactéries.</li>
<li><strong>Accumulation de mulm</strong> : bien souvent d&rsquo;origine organique, l&rsquo;activité bactérienne  et les autres permet plus leur dégradation régulière.</li>
<li><strong>Prolifération d&rsquo;algues</strong> : consommatrices de phosphates et nitrates, les algues ne sont pas assez concurrencées par les bactéries.</li>
<li><strong>Effluent d&rsquo;écumeur </strong> : l&rsquo;essentiel des protéines écumées est issu de la dégradation des bactéries. L&rsquo;odeur des matières en décomposition est alors très forte, similaire à celle dégagée par une fosse septique. L&rsquo;absence d&rsquo;odeur, si elle n&rsquo;est pas due à l&rsquo;inefficacité de l&rsquo;appareil, révèle très probablement une faible activité bactérienne, potentiellement insuffisante.</li>
<li><strong>Eau cristalline</strong> : c&rsquo;est un signe d&rsquo;une bonne activité bactérienne.</li>
</ul>
<h3>6.2. Microscopie optique</h3>
<h4>Culture bactérienne</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;observation peut nécessiter de réaliser une culture préalable. Pour ce on utilise un milieu de culture (géloses nutritives ou spécifiques), déposé dans une boite   de Pétri. Le prélèvement est étalé  sur le milieu de culture. On laisse incuber la culture dans la boite,  dans un incubateur réglé à la température optimale pour les bactéries. Après quelques jours, des colonies bactériennes  apparaissent, visibles à l&rsquo;œil nu. On peut alors prélever ces colonies pour les observer au microscope. Malheureusement, la culture n&rsquo;est pas le reflet de la population puisqu&rsquo;une petite partie des bactéries présentes peut être cultivée.</p>
<h4>Observation au microscope optique</h4>
<p class="align-j">Observer des bactéries de l&rsquo;ordre de 1&nbsp;µm demande un matériel spécifique et une certaine préparation.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Matériel</strong> : Il faut disposer d&rsquo;un microscope doté d&rsquo;une optique d&rsquo;excellente qualité, de grossissement au moins 1000x,  muni d&rsquo;un objectif à immersion dans l&rsquo;huile pour une meilleure résolution, avec  lames et lamelles de verre. </li>
<li><strong>Préparation</strong> :<br />
    prélever (pipette&#8230;) un échantillon de l&rsquo;environnement (eau, sol, biofilm, mucus, etc.), déposer une goutte  sur la lame de verre et la couvrir d&rsquo;une lamelle.</li>
<li><strong>Observation</strong> : les différents réglages (mise au point, éclairage, contraste) nécessitent un certain apprentissage. Les bactéries étant souvent transparentes, il est conseillé d&rsquo;utiliser une coloration comme le Gram pour mieux les distinguer : Gram positif, les bactéries sont colorées en violet et Gram négatif, les bactéries sont colorées en rose. </li>
</ul>
<p class="align-j"> Le Gram permet une  classification des bactéries selon l&rsquo;épaisseur de leur paroi cellulaire pour en évaluer leur degré de résistance (antibiotiques, agents chimiques), leur capacité à survivre dans des environnements hostiles, et leur potentiel effet infectieux. La densité et la diversité d&rsquo;une population peut être évaluée par comptage ou avec des techniques plus sophistiquées. Dans l&rsquo;impossibilité de les identifie, ces informations ne sont  cependant pas d&rsquo;un grand intérêt en aquariophilie marine.</p>
<h3>6.3. Microscopie électronique</h3>
<p class="align-j">Plutôt que la lumière, cette technologie utilise des électrons d&rsquo;où une plus grande résolution. Elle nécessite un  microscope électronique à balayage (SEM) ou à transmission (TEM) qui permet d&rsquo;observer le détail des structures internes et superficielles jusqu&rsquo;à l&rsquo;échelle nanométrique. L&rsquo;échantillon est préparé selon des techniques spécifiques comme la fixation et la déshydratation avant l&rsquo;observation. </p>
<p class="align-j">Si le microscope électronique est un moyen d&rsquo;analyser la morphologie des bactéries, leurs structures, leurs interactions avec l&rsquo;environnement, ou l&rsquo;adaptation de pathogènes dans le milieu, il ne permet pas de  compter facilement les cellules ni d&rsquo;identifier les espèces. C&rsquo;est un instrument couteux exploité dans la recherche, mais inutile pour l&rsquo;aquariophilie récifale.</p>
<h3>6.4. Méthodes génétiques</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/16.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/16.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Fig. 12 : Séquenceur Illumina.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Bien que les bactéries ne soient pas observées directement, les méthodes génétiques comme la <strong>PCR</strong> (réaction en chaîne par polymérase), PCR en temps réel, séquençage de l&rsquo;ADN), sont parmi les plus précises et efficaces pour identifier et analyser les bactéries. Elles se basent sur l&rsquo;<strong>analyse de l&rsquo;ADN</strong> ou de l&rsquo;<strong>ARN</strong> des bactéries, permettant une identification précise même pour des espèces non cultivables en laboratoire.</p>
<p class="align-j">Avant l&rsquo;année 2023, ce paragraphe aurait pu être uniquement documentaire  pour nous simples amateurs aquariophiles. Ce n&rsquo;est plus le cas. Une technologie de pointe : le séquençage de nouvelle génération, est aujourd&rsquo;hui accessible aux aquariophiles marins.</p>
<p class="align-j">Le <strong>séquençage de nouvelle génération</strong> (NGS, Next-Generation Sequencing) est une technologie de séquençage qui permet de lire rapidement des millions de fragments d&rsquo;ADN ou d&rsquo;ARN, contrairement aux autres techniques beaucoup plus lentes. Il nécessite des plateformes spécialisées&nbsp;: séquenceur NGS (figure 12), préparation et réactifs spécifiques, stockage et analyse informatique. Le NGS permet notamment le séquençage de génomes entiers (génomes humains, végétaux, animaux, etc.), l<strong>&lsquo;</strong>analyse de l&rsquo;ADN ou de l&rsquo;ARN pour profiler  l&rsquo;expression des gènes, et la métagénomique. <br />
  A l&rsquo;instar de l&rsquo;analyse ICP qui détermine la cartographie des composants chimiques de l&rsquo;eau, le NGS établit celle des microorganismes. Une nouvelle porte pour une meilleure compréhension des systèmes de maintenance aquariophile.</p>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/15.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/15.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Figure 13 : Elément du rapport Aquabiomics de l&rsquo;analyse du micobiote d&rsquo;un aquarium.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a></div>
</figure>
<p class="align-j">La <strong>métagénomique</strong> consiste à analyser de manière non ciblée des échantillons contenant l&rsquo;ADN de communautés microbiennes complexes (bactéries, virus, champignons et autres micro-organismes). Elle permet d&rsquo;obtenir des informations taxonomiques (identifier et caractériser la diversité microbienne) et d&rsquo;analyser les fonctions génétiques présentes, afin de comprendre les interactions entre les micro-organismes dans leur environnement.</p>
<p class="align-j">Ainsi, <strong>dans le cadre de l&rsquo;aquariophilie récifale</strong>, le laboratoire <a href="https://aquabiomics.com/">Aquabiomics</a> exploite depuis peu les équipements de séquençage de nouvelle génération (NGS) et l&rsquo;approche métagénomique. Pour une centaine d&rsquo;euros et un  délai de plusieurs semaines, le laboratoire identifie les bactéries présentes dans l&rsquo;eau  de l&rsquo;aquarium et leur concentration relative (figure 13) , il détermine sa normalité et propose des stratégies à engager. De plus, il est en mesure de séquencer l&rsquo;ADN environnemental de l&rsquo;aquarium pour analyser la communauté eucaryote (non bactérienne), y compris les parasites, notamment ceux impliqués dans les maladies des poissons et des coraux (RTN, STN).</p>
<h2>7. Maintenir la population bactérienne</h2>
<p class="align-j">Indépendamment des caractéristiques de maintenance optimales (environnementales,  chimiques, répartition spatiale, disponibilité des nutriments&#8230;), la qualité de l&rsquo;activité bactérienne dépend de princiopes essentiel&nbsp;: </p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Eviter le déséquilibre</strong> bactérien</li>
<li><strong>Diversité de la population </strong>bactérienne : les souches doivent être variées et complémentaires pour répondre à leurs différentes fonctions (dégradation de matières organiques, prophylaxie, cycles de N,P,C&#8230;).</li>
<li><strong>Densité de la population</strong> :  pour que l&rsquo;accomplissement de ces misions soit à la hauteur des nécessités (niveau de pollutions, de la prophylaxie&#8230;).</li>
</ul>
<h3>7.1. Eviter le déséquilibre bactérien</h3>
<p class="align-j">Les bactéries indésirables peuvent avoir des effets dévastateurs sur l&rsquo;équilibre de l&rsquo;écosystème de l&rsquo;aquarium et sur la santé de ses habitants. Bien évidemment,  la meilleure façon d&rsquo;éviter les dérives  est  d&rsquo;anticiper nos actions et de suivre quelques règles élémentaires&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Maintenir la qualité chimique de l&rsquo;eau</strong> : dans des conditions d&rsquo;eau optimales avec  des paramètres stables, à tous les niveaux (ammoniac, nitrites, nitrates, O<sub>2</sub>) et en stabilisant les facteurs environnementaux (température, oxygène, pH, salinité&#8230;) aux rôles cruciaux  dans la croissance et l&rsquo;activité des bactéries. Tous les principes de maintenance sont bons, parmi lesquels :
<ul>
<li><strong>Filtrations et traitements</strong> : Les systèmes  mécaniques (micron filtres, papier&#8230;), physiques (écumeur, UV, ozone&#8230;), biologiques (réacteurs à bactéries, refuges algaux..) peuvent contribuer à maintenir une population bactérienne stable dans  l&rsquo;eau et sur les surfaces.</li>
<li><strong>Qualité chimique</strong> : que ce soit par des changements d&rsquo;eau ou une supplémentation régulière des composants.</li>
<li><strong>Brassage</strong> : il contribue à la bonne dissolution des gaz (oxygène, gaz carbonique) et la distribution  des nutriments en tous points, jusqu&rsquo;aux  bactéries </li>
<li><strong>Alimentation raisonnée</strong> : un excédent  non consommé entraîne une surcharge organique, des déchets, favorisant la prolifération bactérienne incontrôlée.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Assurer l&rsquo;hygiène biologique</strong>
<ul>
<li><strong>Mains ou gants propres</strong> : les laver, les rincer voire les stériliser avant leurs manipulations dans l&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Introduction  de poissons et coraux sains</strong> : éviter l&rsquo;apport de maladies et parasites (observations, quarantaine, traitements antiparasites, acclimatation,  introductions maitrisées). </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>7.2.  Maintenir  l&rsquo;activité bactérienne :  des bactéries</h3>
<h4>En maintenance de routine</h4>
<p class="align-j">Un aquarium sain,   équilibré, dont tous les habitants vivent et pospèrent de manière satisfaisante contient assurément toutes les bactéries nécessaires à son équilibre. Toutes les espèces indispensables son présentes, il est inutile d&rsquo;en rajouter inconsidérément. Pour autant, bien que de nature plutôt résistantes et adaptables, certaines espèces  peuvent  régresser plus rapidement que d&rsquo;autres en fonction de facteurs environnementaux (nutriments, compétion interspécifiques, prédation de protozaires, disponibilité en oxygène ou en zone anaérobies&#8230;).</p>
<p class="align-j">Aquabiomics a mesuré une diversité bactérienne rapidement importante. Deux semaines après le démarrage avec des pierres vivantes, le niveau de diversité atteint 400 espèces bactériennes, comme dans un bac mature. Cette diversité devient cependant plus disparate après 1 à 2 ans, on mesure alors du meilleur au moins bien, pour se stabiliser autour de 150-200 espèces dans des bacs vieillissants. D&rsquo;où l&rsquo;intérêt de soutenir préventivement cette diversité. <strong>Une distribution de bactéries 2 à 3 fois par an suffit</strong> et plus souvent selon des évènements particuliers.</p>
<h4>Après des évènements</h4>
<p class="align-j">Un certain nombre de situations de nature à déséquilibrer le spectre bactérien peuvent nécéssiter, au moins à titre préventif, de réintroduire ponctuellement des souches bactériennes selon les préconisations du fabricant.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Mise en route de l&rsquo;aquarium (cyclage)</strong> : Lors de la mise en place initiale de l&rsquo;aquarium récifal,  pour établir le cycle de l&rsquo;azote. </li>
<li><strong>Changements majeurs dans la filtration</strong> : après remplacement ou nettoyage important des systèmes de filtration biologique (pierres vivantes, filtres).</li>
<li><strong>Ajout  de pierres vivantes</strong> :  elles peuvent introduire des bactéries bénéfiques  mais aussi relarguer des matières organiques.</li>
<li><strong>Traitement médicamenteux</strong> : Certains traitements, en particulier les antibiotiques, peuvent tuer une partie des bactéries bénéfiques.</li>
<li><strong>Traitements oxydants</strong> : les UV, l&rsquo;ozone&#8230; détruisent une partie de la population bactérienne et plutôt certaines souches selon la localisation des traitements.</li>
<li><strong>Introduction  de poissons </strong> : l&rsquo;augmentation de  charge biologique peut nécessiter un soutien bactérien.</li>
<li><strong>Soupçons de pathogènes</strong> : l&rsquo;observation visuelle énumérée ci-dessus permet d&rsquo;envisager un rééquilibrage des espèces.</li>
<li><strong>Mortalité importante</strong> de la population&nbsp;: la décomposition rapide des matières organiques des poissons, coraux ou des autres invertébré décédés, peut provoquer une montée subite de l&rsquo;ammoniaque et des nitrites. </li>
<li><strong>Nettoyage intensif ou  changement d&rsquo;eau massif</strong> :  une partie de la population bactérienne peut être perturbée.</li>
<li><strong>Perturbation du sable vivant</strong> : ce qui libère des  matières organiques et déstabilise les colonies bactériennes établies.</li>
<li><strong>Biocontrôle des pathogènes et parasites</strong> : l&rsquo;invasion de microorganismes  (dinoflagellés, cyanobactérie&#8230;) laisse penser à une déficience de certaines souches indispensables. En effet :
<ul>
<li>Les bactéries bénéfiques entrent en compétition directe pour les nutriments et l&rsquo;espace avec les bactéries pathogènes et d&rsquo;autres microrganismes indésirables. Elles agissent sur la dégradation des matières organiques dissoutes disponibles occupant leurs niches écologiques. </li>
<li>Certaines souches sont aussi en mesure de sécréter des substances antimicrobiennes naturelles (bactériocines, enzymes) inhibant la croissance de bactéries pathogènes comme <em>Vibrio</em> spp. ainsi que des parasites (dinoflagellés&#8230;). </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h4>Comment introduire des bactéries dans l&rsquo;aquarium</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;introduction de bactéries en petit voume très concentré doit leur donner toutes les chances de se développer, sans perte. </p>
<ol class="align-j">
<li><strong>Retirer toutes formes de filtration</strong> (mécanique, écumeur)</li>
<li><strong>Stopper ou désactiver</strong> les traitements (UV, O3&#8230;).</li>
<li><strong>Introduire les bactéries</strong>. Agiter les contenants. Le cas échéant, rincer l&rsquo;ampoule dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium.</li>
<li><strong>Stopper la circulation</strong> d&rsquo;eau, si posible.</li>
<li><strong>Laisser se déposer</strong> et se fixer les souches sur les substrats durant 1 heure.</li>
<li><strong>Remettre en route</strong>.</li>
</ol>
<h3>7.3. Maintenir la densité  bactérienne : du carbone</h3>
<p class="align-j">Les cellules des bactéries utilisent les nutriments pour se développer, parmi lesquels essentiellement azote (N), phosphore (P), et carbone (C) dans des ratios spécifiques. Il suffit que l&rsquo;un d&rsquo;entre eux soit carencé (facteur limitant) pour que la population décline au point de ne plus répondre à ses missions. Un spectre bactérien complet et équilibré n&rsquo;y fait rien.</p>
<p class="align-j">D&rsquo;une manière générale, dans un bac non oligotrophe, l&rsquo;eau contient suffisamment d&rsquo;azote et de phosphore pour répondre aux besoins. Le carbone fournit l&rsquo;énergie nécessaire aux bactéries hétérotrophes pour leur croissance et leur activité métabolique. C&rsquo;est alors  la disponibilité de ce dernier  qui dicte la densité bactérienne.</p>
<p class="align-j">En aquarium, le  carbone est disponible sous les deux formes :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Carbone organique</strong> : les molécules organiques (restes de nourriture, excréments, microalgues et phytoplancton en décomposition, et  composés organiques dissous), toutes formées autour d&rsquo;une structure de carbone, sont utilisées par les <strong>bactéries hétérotrophes</strong> comme source d&rsquo;énergie pour leur métabolisme.</li>
<li><strong>Carbone inorganique CO<sub>2</sub></strong> : Le CO<sub>2</sub> dissout  est issu de la respiration cellulaire des organismes, de l&rsquo;absorption  du CO<sub>2</sub> issu des échanges avec l&rsquo;air atmosphérique, de la minéralisation (décomposition) des matières organiques par les bactéries elles-mêmes, éventuellement d&rsquo;un réacteur à calcaire. Les <strong>bactéries  autotrophes</strong> fixent le CO<sub>2</sub> dissout. </li>
</ul>
<p class="align-j"> <strong>Le carbone  s&rsquo;avère parfois insuffisant</strong> et devient le facteur limitant. Il convient de le maintenir à niveau nécessaire, éventuellement par ajouts, comme nous l&rsquo;aborderons. Cependant tout ajout de carbone doit être mesuré et maitrisé. En effet <strong>l&rsquo;ajout de carbone présente des risques</strong> non négligeables&nbsp;: le carbone doit être introduit de manière progressive et  surveillée d&rsquo;une part avec les tests de nutriments NO3 et PO4 de manière à <strong>tendre vers un système stable,</strong> et d&rsquo;autre part avec l&rsquo;observation attentive de la santé des coraux. Tout surdosage  peut provoquer une prolifération bactérienne excessive à l&rsquo;origine de <strong>blooms</strong> bactériens dangereux suivis d&rsquo;une <strong>anoxie</strong> générale du milieu, mortelle.</p>
<h4>7.3.1. En fonctionnement équilibré : pas d&rsquo;apport de carbone</h4>
<p class="align-j">Un aquarium sain et prospère  contient  la quantité de bactéries nécessaires. Dans cette situation les sources de carbone répondent aux besoins <strong>il est alors inutile d&rsquo;augmenter la population bactérienne</strong> par de quelconques ajouts. </p>
<h4>7.3.2. Population bactérienne insuffisante : supports et  carbone</h4>
<p class="align-j">Les effets énumérés plus haut d&rsquo;une insuffisance de l&rsquo;activité bactérienne, lorsqu&rsquo;ils deviennent chroniques, imposent de revoir la stratégie de la maintenance selon plusieurs axes&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Augmenter les supports bactériens.</li>
<li>Piloter la production dans un réacteur biologique.</li>
<li>Entretenir la production par ajout  de carbone.</li>
</ul>
<h5>Supports bactériens</h5>
<p class="align-j">Lorsque l&rsquo;azote et le phosphore sont disponibles aux taux normalement admis en récifal (NO3 de 5 à 10 mg/l et PO4 de 0,04 à 0,10 mg/l), l&rsquo;ajout de supports poreux  augmente la surface colonisable par les bactéries  et donc, la densité de la population active, principalement pour réduire les nitrates et phosphates. Les matériaux sont variés, tels que :</p>
<ul class="align-j">
<li> <strong>Substrats</strong> : <strong>sable et gravier</strong> : Les colonies se développent selon la granulométrie et l&rsquo;épaisseur de la couche de sables.</li>
<li><strong>Roches  :</strong> naturelles ou synthétiques, leur  microporosité doit être suffisante pour assurer les conditions aérobie et anaérobie. La porosité détermine également la surface colonisable.</li>
<li><strong>Médias de filtration : </strong> les bactéries colonisent les médias (sable, mousses, céramique, granulats de charbon, zéolithe&#8230;) à grande surface spécifique,  dans des filtres statiques ou des réacteurs biologiques. <br />
    <strong>Les bioballes</strong>, boules généralement creuses avec une surface perforée ou nervurées s&rsquo;avèrent d&rsquo;utilisation pratique et facile. Cependant leur surface spécifique ne rivalise pas avec les médias poreux. Elles peuvent être chargées en bactéries qui se libèrent progressivement à l&rsquo;usage. Utilisées en usage passif (dans un filet), dans un réacteur biologique et le plus souvent dans des filtres à ruissellement destinés à la nitrification.</li>
</ul>
<h5>Ajout de nutriments carbone</h5>
<p class="align-j">En présence de supports suffisants, si les bioindicateurs révèlent une activité bactérienne douteuse, il devient nécessaire d&rsquo;augmenter la production par ajouts de sources de carbone que nous détaillerons plus loin. Ces ajouts peuvent se réaliser dans l&rsquo;aquarium ou par injection dans l&rsquo;aquarium en amont de la pompe de remontée, ou à l&rsquo;entrée d&rsquo;un réacteur biologique.</p>
<h5>Réacteur biologique</h5>
<p class="align-j">Chargé de support bactérien,  un réacteur biologique permet de mieux maitriser la production bactérienne  à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;aquarium, comme l&rsquo;explique l »article  <a href="https://reeflexion.fr/reacteur-bacteries/">Réacteur à bactéries (RAB)</a>. Plusieurs types de réacteurs sont dédiés à des objectifs différents.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Réacteurs à bactérie  (RAB) à charbon</strong> : le substrat en grains de charbon est soulevé légèrement  en lit fluidisé</li>
<li><strong>Réacteur à zéolithe (RAZ)&#8230;)</strong> :  le substrat de granulats durs en zéolithe est périodiquement secoué, de telle sorte que le biofilm se décolle régulièrement. <br />
    La production bactérienne est soutenue par ajout régulier de sources de carbone telles que dans la méthode VSV (vodka, sucre, vinaigre), par  microdosage. L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/carbone-aquariophilie-recifale/">Carbone et aquariophilie récifale</a> détaille le sujet.</li>
<li><strong>Réacteur à biopellets</strong> : les biopellets sont des granulés, polymères dégradables, contennant des sources de carbone. Les bactéries se développent, dégradent progressivement les pellets à leur contact  et  absorbent carbone inclus. La méthode est facile à mettre en oeuvre. Cependant, elle ne  permet pas un ajustement précis des nutriments selon le besoin.</li>
<li><strong>Dénitrateur autotrophe au soufre (DAS)</strong> :  il repose sur la dénitrification réalisée par des bactéries anaérobies (<em>Thiobacillus</em>), utilisant du soufre élémentaire comme source d&rsquo;énergie  et les nitrates pour produire de l&rsquo;azote gazeux,  libéré dans l&rsquo;atmosphère, et des sous-produits moins nocifs comme les sulfates (SO<sub>4</sub><sup>2-</sup>).  Le débit doit être maitrisé pour être efficace. Une seconde chambre contenant du calcaire (CaCO<sub>3</sub>)  compense l&rsquo;acidification produite par les sulfates en libérant des ions calcium (Ca²⁺) et des bicarbonates (HCO₃⁻), stabilisant ainsi le pH à la sortie du réacteur. Ce système est le plus souvent utilisé en présence d&rsquo;aquariums pollués par une densité importante de poissons. </li>
</ul>
<h2>8. Sources de bactéries</h2>
<p class="align-j">Peu de choix s&rsquo;offrent à l&rsquo;aquariophile et bien souvent nous ne savons pas exactement les bactéries que nous introduisons. Aussi, il peut être intéressant d&rsquo;utiliser des<strong> sources différentes</strong>, de toutes sortes. Plusieurs options se présentent  :</p>
<h3>8.1. Bactéries commerciales</h3>
<h4>Bactéries vivantes</h4>
<p class="align-j">Elles sont introduites sous forme de solutions liquides contenant des souches actives. Elles sont immédiatement prêtes à agir dès leur introduction dans l&rsquo;aquarium et colonisent rapidement le système. Cependant  il y a un risque plus élevé de les contaminer accidentellement avec des pathogènes ou des micro-organismes indésirables, depuis leur production, conditionnement, stockage, jusqu&rsquo;à l&rsquo;utilisation. Elles doivent être conservées au frais et utilisées rapidement après leur achat.</p>
<h4>Bactéries en dormance</h4>
<p class="align-j">La dormance est un état naturel durant lequel les bactéries suspendent leurs activités métaboliques, lorsque les conditions ne sont pas adéquates. Elles  restent vivantes et <strong>viables plusieurs années</strong>, supportant de fortes variations des conditions environnementales (température, lumière&#8230;).  La  mise en dormance des souches aquariophiles se fait est en général par lyophilisation (séchage par congélation), ou introduction dans des liquides isolants, protecteurs et conservateurs.</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Forme lyophilisée, sèche </strong>: . Les bactéries sont congelées puis sublimées à l&rsquo;état gazeux pour perdent 98% de leur humidité puis totalement séchées. La déshydratation  les mets en état de dormance  permettant de les préserver  en une forme stable et sèche<br />
    Elles sont proposées sous forme de poudre ou de granulés facile à doser  selon les besoins. Elles peuvent être stockées  de longues périodes plusieurs années, à température ambiante, sans perte d&rsquo;efficacité, ce qui les rend plus pratiques à conserver et finalement d&rsquo;un coût plus abordable. Le processus de déshydratation  élimine les organismes indésirables et sont moins facilement contaminables. <br />
    Après introduction dans l&rsquo;aquarium elles mettent un certain temps, de l&rsquo;ordre  quelques heures,  pour se réhydrater et  sortir de leur dormance pour retrouver leur activité métabolique et commencer à se reproduire puis coloniser.</li>
<li><strong>Forme liquide en   ampoule de verre</strong> : les bactéries sont mises en dormance dans un milieu aqueux avec des substances protectrices (sucres,  agents cryoprotecteurs) préservant l&rsquo;intégrité des cellules bactériennes. Durant le processus de conditionnement les bactéries sont conservées sous argon dans l&rsquo;impossibilité de contamination ni contact avec un  oxydant, jusqu&rsquo;au scellement de l&rsquo;ampoule de verre par fusion. Ce qui garantit la parfaite intégrité du produit durant quelques années de conservations. Les ampoules sont pré-dosées. Déjà hydratées les bactéries sont  rapidement active en une heure.</li>
<li><strong>Formes gel</strong> : les cellules bactériennes sont stabilisées par ajout de stabilisant pour renforcer leur résistance aux traitements ultérieurs. Elles sont   ensuite encapsulées ou immobilisées dans un fluide    gélatineux protecteur tel que  l&rsquo;alginate issu d&rsquo;algues brunes. Le gel  préserve les bactéries de l&rsquo;environnement extérieur  et les maintenant en dormance jusqu&rsquo;à leur utilisation. Le fluide gélatineux est  plus ou moins solidifié sous forme semi liquide, gel semi solide ou microcapsules, par un traitement spécifique (ex. ions calcium). Puis il est conditionné en tubes, sachets ou pots, normalement sous atmosphère contrôlée. Les gels sont d&rsquo;utilisation facile et assurent une diffusion lente, et régulière dans l&rsquo;aquarium.</li>
</ul>
<h4>Produits commerciaux</h4>
<p class="align-j">Le choix est vaste, des plus dilués aux plus concentrés, contenant le plus souvent des bactéries en dormance, sous plusieurs formes mais au contenu souvent mystérieux. Les fabricants proposent des produits polyvalents ou au contraire spécialisés  pour une application donnée (démarrage rapide d&rsquo;un aquarium, maintenance générale, dégradation des matières organiques, action sur le cycle de l&rsquo;azote, clarification d&rsquo;eau, traitement des sables ou probiotiques. Il s&rsquo;agit de notions vagues qui laissent supposer que le produit contient des souches sélectionnées pour le travail en question.</p>
<p class="align-j">Mon avis personnel est pourquoi limiter le spectre bactérien quand un produit composé de nombreuses souches permet une action globale  et des actions diversifiées, d&rsquo;autant plus que les souches sont souvent polyvalentes. Quoi qu&rsquo;il en soit, les souches se développeront ou dépériront selon les conditions environnantes.</p>
<h4>Quelques marques</h4>
<p><span class="align-j">Conformisme, comportement grégaire, effet de mode&#8230; certains produits sont plébiscités par des aquariophiles sans argument tangible. Il faut reconnaitre qu&rsquo;une minorité de marques annonce la composition bactérienne. Contre l&rsquo;obscurantisme et pour la compréhension de notre maintenance je privilégie ces dernières. Je serais heureux de citer celles que j&rsquo;aurais omises.</span> Parmi les communicants, citons&nbsp;: </p>
<ul>
<li><em class="align-j"><strong>Tropic Marin</strong></em> <strong><em>Nitribiotic</em></strong> qui contient la bactérie polyvalente <em>Bacillus subtilis</em>, <em>Nitrobacter</em>,  la probiotique<em> Lactobacillus, des </em>anaérobies dites bactéries pourpres et des levures <em>Saccharomyces</em>.</li>
</ul>
<p>Des analyses ADN ont récemment été initiées par des particuliers. Le forum <a href="https://humble.fish/community/forums/biological-filtration.97/">Bottle bacteria result </a> du site <a href="https://humble.fish/community/">Humble.Fish </a>regroupe des analyses du microbiome de quelques références commerciales. Certains résultats sont surprenants et parfois décevants pour des marques renommées. Retenons les produits comportant un spectre  étendu de bactéries : </p>
<ul class="align-j">
<li><em><strong>Prodibio Biodigest</strong></em> contient plus de 20 souches (confirmé par la société) ce qui rend le produit polyvalent avec tous les avantages conférés par le conditionnement stérile en ampoules de verre.</li>
<li><em><strong>Tim&rsquo;s One and Only</strong></em> (sensé ne contenir que des bactéries nitrifiantes). </li>
<li><em><strong>Arka Microbe-Lift Special Blend</strong></em>  contient plusieurs souches dont des bactéries pourpres non-sulfureuses<em>Rhodopseudomonas palustris</em>, très polyvalentes et complémentaires, en de nombreux points bénéfiques, à  forte odeur nauséabonde.</li>
<li><em><strong>Hydrospace PNS ProBio</strong></em>, similaire au précédent.</li>
</ul>
<p class="align-j">La diversité de bactéries bénéfiques est toujours un atout. Il n&rsquo;y a aucun risque à mélanger plusieurs sources commerciales, avec l&rsquo;espoir que des  souches   complèteront celles présentes dans  l&rsquo;aquarium.</p>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(3,1fr);">
<div class="grille-titre ">Quelques bactéries commerciales.</div>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/10.jpg" alt="" /> </figure>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/12.jpg" alt="" /> </figure>
<figure class="figcolonne"><img decoding="async"  src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/11.jpg" alt="" /> </figure>
</div>
<h3>8.2. Prélèvement dans un bac sain</h3>
<p class="align-j">Prélever dans un aquarium mature et prospère permet  d&rsquo;obtenir avec assurance un spectre nécessaire et suffisant pour la maintenance. L&rsquo;aquarium doit présenter certaines garanties : des   animaux sains et en développement, de la biodiversité et une totale absence de maladies, parasites, nécroses.</p>
<p class="align-j"> Il suffit de prélever un peu d&rsquo;eau, des algues, et mieux une roche que l&rsquo;on plongera proche du décor dans son propre aquarium.</p>
<h3>8.3. Prélèvement dans la mer</h3>
<h4>Prélever sur les côtes locales</h4>
<p class="align-j">Sauf à considérer des conditions extrêmes (zones polaires, abysses&#8230;) on retrouve de nombreuses  espèces  marines  identiques dans tous les Océans. Bien que spécialisées pour certains environnements (Méditerranée, Mer Rouge, Pacifique&#8230;),  leur plasticité métabolique permet d&rsquo;ajuster leurs fonctions biologiques en fonction des nouvelles conditions environnementales, comme la température, la salinité ou la disponibilité des nutriments. </p>
<p class="align-j">Ainsi, prélever sur nos côtes méditerranéennes ou atlantiques garantit de trouver un large panel de souches tropicales marines, viables en aquarium récifal.</p>
<h4>Prélèvements et règlementation</h4>
<p class="align-j">La loi française n&rsquo;interdit pas les prélèvements d&rsquo;eau de mer en dessous d&rsquo;une limite très large, bien au-delà du besoin d&rsquo;un aquariophile. Sauf autorisations locales,  la règlementation interdit de prélever  des roches ou du sable vivant ou inerte, des roches, voire parfois des algues (le prélèvement des plantes posidonies est interdit) notamment dans les zones protégées. Il s&rsquo;agit d&rsquo;éviter le déséquilibre des écosystèmes dus à des prélèvements importants. Se renseigner auprès des mairies de la règlementation locale relative à un prélèvement occasionnel à des fins personnelles.</p>
<p class="align-j">S&rsquo;agissant de bactéries un prélèvement raisonnable d&rsquo;eau, de sable vivant, de  boue, de coquilles d&rsquo;huitres, d&rsquo;algues semble parfois permis. </p>
<h4>Coloniser en mer un support inerte </h4>
<p class="align-j">Faute de prélever dans le milieu marin, on peut tout aussi bien lui demander de bien vouloir coloniser un support inerte qu&rsquo;on lui aura confié.</p>
<ol class="align-j">
<li><strong>Choisir le substrat</strong> : inerte poreux (pierre morte, céramique, aragonite, médias de filtration&#8230;), ou une éponge naturelle ou synthétique</li>
<li><strong>Substrat propre</strong> : le nettoyer avant immersion.</li>
<li><strong>Proche des rochers</strong> : souvent riches en communautés microbiennes. L&rsquo;eau de mer naturelle contient  assez de nutriments pour favoriser la colonisation bactérienne.</li>
<li><strong>Emplacement</strong><strong> à moyenne modérée</strong> : le brassage doit être suffisant pour assurer le flux de nutriments, mais non violent. Les cellules se fixeront plus facilement.</li>
<li><strong>Zones à moindre éclairement</strong> : pour ne pas favoriser les algues.</li>
<li><strong>Laisser coloniser</strong> : une durée variable selon l&rsquo;objectif  à atteindre et le cycle détaillé ci-après.
<ul>
<li><strong>Pour seulement ensemencer </strong>l&rsquo;aquarium de destination : après quelques jours le substrat pourrait déjà être transféré vers une cuve temporaire pour parfaire l&rsquo;implantation, ou  dans l&rsquo;aquarium dans la mesure où les nutriments sont présents et suffisants. </li>
<li><strong>Pour préparer des supports bactériens</strong> vivants, destinés au démarrage d&rsquo;un nouvel aquarium, poursuivre l&rsquo;implantation en mer durant 2 semaines à un mois.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Nettoyer légèrement le substrat</strong> : éventuellement s&rsquo;il est colonisé de nuisibles, mais conserver leur population bactérienne naturelle, voire également la méiofaune, autant que possible.</li>
<li><strong>Récolter les bactéries</strong> : il n&rsquo;est pas question ici de collecter spécifiquement  telle souche  mais plutôt l&rsquo;ensemble de la colonie avec présente avec la biodiversité qui l&rsquo;entoure. Introduire le substrat dans l&rsquo;aquarium près des roches ou dans la cuve technique.</li>
</ol>
<h2>9. Cycle de colonisation des bactéries</h2>
<p class="align-j">La stabulation varie selon l&rsquo;état des bactéries (en dormance, ou pas), l&rsquo;objectif à atteindre. Il peut varier de quelques jours si l&rsquo;on souhaite juste réaliser un transfert de bactéries à quelques mois pour une situation stable de l&rsquo;aquarium.</p>
<ol>
<li><strong>Réhydratation (0 &#8211; 30&nbsp;mn)</strong>&nbsp;: les bactéries en dormance sous forme lyophilisées  se réhydratent dans un premier temps.</li>
<li><strong>Réactivation métabolique (0 &#8211; 6 heures)</strong> : le réveil des fonctions cellulaires minimales (perception du milieu, réparation des structures internes).</li>
<li><strong>Adaptation (6 &#8211; 12&nbsp;h)</strong> : la cellule s’ajuste au nouvel environnement, active les gènes utiles, détecte les sources de nutriments et prépare la division. Elle interagit avec les surfaces (sédimentation, interactions électrostatiques) le contact est alors transitoire, réversible.</li>
<li><strong>Adhérence  (12 &#8211; 24 h)</strong> : les structures d’adhésion entrent en jeu. L&rsquo;adhésion aux substrats est stable, irréversible. Les cellules sont actives  mais pas encore en division exponentielle.</li>
<li><strong>Colonisation</strong> :
<ol>
<li><strong>Formation du biofilm (&gt; 24 h)</strong> : le début de la colonisation  opère rapidement, surtout si l&rsquo;eau est riche en matières organiques dissoutes ou en particules fines.      </li>
<li><strong>Implantation (1 semaine)</strong> : les premières communautés bactériennes sont bien établies. À ce stade, les bactéries aérobies dominent souvent, notamment celles qui participent à la dégradation de la matière organique et au cycle de l&rsquo;azote.</li>
<li><strong>Densification (2 à 4 semaines)</strong> :  la colonisation bactérienne devient plus dense, et la diversité des espèces augmente.  Les biofilms bactériens se forment,  stabilisant  les colonies bactériennes. Des bactéries anaérobies commencent à coloniser les zones plus profondes  des substrats poreux, moins exposées à l&rsquo;oxygène.  Dans le cycle de l&rsquo;azote, la nitrification devient plus active. Les bactéries convertissent l&rsquo;ammoniaque en nitrite, puis en nitrate.</li>
<li><strong>Equilibre (4 à 8 semaines)</strong> : La colonisation bactérienne atteint un équilibre stable. Les bactéries nitrifiantes  et dénitrifiantes sont bien présentes dans les substrats poreux. La profondeur  de colonisation anaérobie peut varier de moins de 1 millimètre à plus d&rsquo;un centimètre selon la finesse de la porosité  et l&rsquo;épaisseur du biofilm captant l&rsquo;oxygène présent. À ce stade, le substrat est souvent suffisamment colonisé pour servir de base au maintien du cycle de l&rsquo;azote  dans un aquarium récifal. </li>
<li><strong>Résilience microbienne (2 à 3 mois)</strong> : dans la mesure où la population est augmentée progressivement, avec des polutions en rapport avec le développement bactérien, l&rsquo;activité  atteint son plein potentiel pour une maintenance stable et durable. Le microbiote de l’aquarium atteint une maturité fonctionnelle suffisante pour assurer la résilience microbienne, permettant d’absorber sans déséquilibre majeur les variations de charge organique ou les micro-pollutions.</li>
</ol>
</li>
</ol>
<p class="align-j">En aquarium on peut en déduire les points suivants&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Les bactéries commerciales (en dormance) nécessitent environ 12 heures pour  adhérer </strong>et s&rsquo;implanter  efficacement. Durant ce délai, nous devons  permettre aux souches de se fixer (écumeur et filtres déconnectés) et bien sûr sans  être dégradées (traitements oxydants UV, ozone&#8230; stoppés). Sans quoi la colonisation sera probablement  plus longue, à partir des quelques cellules épargnées.</li>
<li><strong>Introduire des biofilms</strong><strong> à partir d&rsquo;une préculture  de 1 à 3 jours</strong> permet  d&rsquo;obtenir une population immédiatement opérationnelle, de ne pas stopper trop longtemps les équipements de filration et d&rsquo;optimiser nos précieuses bactéries.</li>
</ul>
<h2>10. Sources de carbone</h2>
<p class="align-j">Des sources de carbone sont naturellement présentes dans l&rsquo;aquarium ou ajoutées intentionnellement pour augmenter la population bactérienne  :</p>
<h3>10.1. Sources de carbone issues de l&rsquo;aquarium</h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Matières organiques dissoutes (DOM)</strong> : les déchets organiques produits par les poissons, les invertébrés et les coraux (excréments, déchets alimentaires, mucus), se décomposent en carbone organique dissous dans l&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Photosynthèse des algues</strong> : les algues  (<em>Chaetomorpha</em>, <em>Caulerpa</em>) produisent des composés organiques (glucides&#8230;) constitués de carbone.</li>
</ul>
<h3 class="align-j">10.2. Sources de carbone  ajoutées</h3>
<p class="align-j">Il existe un grand nombre de composés carbonés, les bactéries étant plus ou moins réceptives à certaines sources particulières. Le glucose semblerait plus efficace dans le dévelopement de bactéries fixant les phosphates. Des simulations en laboratoire ont révélé une prolifération de bactéries pathogènes  en présence d&rsquo;une forte augmentation de carbone organique. Bien évidemment, il n&rsquo;est pas ici question de surdoser le carbone plus que nécessaire, mais seulement de retrouver un équilibre biologique. Dans la pratique le glucose et l&rsquo;acétate sont souvent utilisés car facilement assimilables par une très grande variété de bactéries qui rencontrent régulièrement ces molécules issues de la lyse d&rsquo;autres cellules vivantes. </p>
<p class="align-j">Parmi les possibilités&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Alcools</strong> :  vodka à 40&nbsp;% éthano; </li>
<li><strong>Sucres</strong> :  monosacharides (glucose, fructose),   disacharides (saccharose ou sucre blanc) et polysacharides (agar, alginates, amidon&#8230;); </li>
<li><strong>Acides aminés </strong>: privilégier les acides aminés essentiels   (histidine, leucine, isoleucyne, lysine, méthionine, thréonine, valine) que les coraux ne synthétisent pas,  ainsi que ceux utiles dans le métabolisme (arginine, glutamine, glycine, cystéine, tyrosine); </li>
<li><strong>Acides organiques</strong> : acétique (vinaigre), maléique, lactique; </li>
<li><strong>Hydrolysats de protéines</strong> dérivés de la décomposition des protéines;</li>
<li><strong>Formules commerciales</strong><strong> </strong> telles que  Red Sea NoPox..
</li>
</ul>
<p class="align-j">La composition d&rsquo;une recette de sources de carbone (ex. méthode VSV) peut être modulée  pour obtenir une valeur énergétique cible. Il faut alors tenir compte de la quantité du composant et de sa valeur énergétique. Par exemple un carré de sucre de 6&nbsp;g est l&rsquo;équivalent de 96&nbsp;ml de vinaigre à 7° et à 8,5&nbsp;ml de vodka à 40°. L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/carbone-aquariophilie-recifale/">Carbone et aquariophilie récifale</a> vous en dira plus.</p>
<h2>11. Bloom bactérien causes, risques</h2>
<p class="align-j">Un bloom bactérien est une prolifération rapide et massive de bactéries dans l&rsquo;eau, créant une apparence trouble ou blanchâtre. Ce phénomène est fréquent  lorsque l&rsquo;équilibre biologique est perturbé. Voyons ses causes et les risques associés en aquariophilie récifale :</p>
<h3>11.1. Causes d&rsquo;un bloom bactérien </h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Excès de nutriments nitrates, phosphates&nbsp;</strong>: Les bactéries se multiplient rapidement en présence d&rsquo;une surabondance de  nitrates et phosphates qui  peuvent provenir de suralimentation, de décomposition des déchets (aliments non consommés, excréments, etc.), des matières organiques en décomposition, comme des  poissons morts non retirés. </li>
<li><strong>Excès de nutriment carbone</strong> : suite à un ajout volontaire de sources de carbone pour stimuler la croissance des bactéries (sucre, éthanol, acide acétique&#8230;), un excès de CO<sub>2</sub> (réacteur à calcaire mal réglé, réduction du pH) ou dans un espace  mal ventilé, notamment quand le milieu est riche en nutriments.</li>
<li><strong>Ajout excessif de bactéries</strong> : quand il est massif, par exemple à partir d&rsquo;une culture de bactéries.</li>
<li><strong>Manque d&rsquo;oxygène ou déséquilibre chimique</strong> : Les niveaux d&rsquo;oxygène bas ou un déséquilibre des paramètres de l&rsquo;eau (pH, KH, température) peuvent provoquer instabilité et une mortalité laissant le champ à d&rsquo;autres bactéries se développant rapidement. </li>
<li><strong>Perturbation du cycle de l&rsquo;azote</strong> : dans aquarium  nouvellement installé ou après une intervention majeure  (changement d&rsquo;eau massif, nettoyage des filtres biologiques, etc.).</li>
</ul>
<h3>11.2. <span style="color:red;">Risques</span> et effets associés à un fort dévelopement bactérien</h3>
<p class="align-j">Une augmentation rapide et importante de l&rsquo;activité bactérienne, même sans relever de bloom prononcé, peut conduire aux effets suivants&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Trouble de l&rsquo;eau</strong> :  l&rsquo;eau trouble diminue la pénétration de la lumière dans l&rsquo;aquarium et affecte la photosynthèse des organismes photosynthétiques  (algues, zooxanthelles).</li>
<li><strong><span style="color:red;">Anoxie</span></strong> : Les bactéries consomment de l&rsquo;oxygène pour se développer. Un bloom bactérien se  traduit par la chute du redox. Il peut rapidement épuiser l&rsquo;oxygène dissous (anoxie) dans l&rsquo;eau et entrainer  une <span style="color:red;"><strong>asphyxie et la mort</strong></span> des poissons et des invertébrés, surtout la nuit quand les algues et les coraux n&rsquo;en produisent pas.<br />
    Dans un tel scénario, on devrait immédiatement augmenter le brassage, améliorer l&rsquo;oxygénation (écumage) voire injecter des agents oxydants (oxygène, ozone, eau oxygénée) mais de manière réfléchie et maitrisée.
  </li>
<li><strong>Déséquilibre du cycle de l&rsquo;azote et phosphore</strong> :  ce déséquilibre peut se traduire par une baisse drastique des nitrates, voire une inversion des taux de nitrates et phosphates, entrainant l&rsquo;apparition de cyanobactéries avec les effets collatéraux. Une baisse des bactéries nitrifiantes responsables de la décomposition de l&rsquo;ammoniac et des nitrites, élève rapidement les taux à un niveau toxique mortel. Par ailleurs, une carence en phosphore ne permet plus les métabolismes des organismes vivants.</li>
<li><strong><span style="color:red;">Mort subite de bactéries</span></strong> : Si les conditions changent soudainement (par exemple, une diminution rapide des nutriments), une partie des bactéries peut mourir massivement, relâchant des matières organiques dans l&rsquo;eau et augmentant les niveaux de toxines (ammoniac, nitrites) et de CO2 pouvant entrainer la <span style="color:red;"><strong>mort des organismes présents</strong></span>.</li>
</ul>
<p class="align-j">Toutes les dispositions précédemment citées pour éviter le déséquilibre bactérien sont de nature à éviter un bloom.</p>
<h2>12. Cultiver des bactéries massivement</h2>
<h3>12.1 Quand produire des bactéries en masse</h3>
<p class="align-j">La prolifération naturelle des bactéries dans un aquarium, avec les nutriments disponibles, de manière progressive et équilibrée, au rhytme des reproductions cellulaires, est préférable à toute autre méthode.  On peut pourtant vouloir cultiver des bactéries en grande quantité en certaines occasions&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Ensemencer des pierres inertes</strong> ou du sable lors du démarrage d&rsquo;un aquarium ou d&rsquo;un ajout de pierres sans perturber l&rsquo;équilibre installé.</li>
<li><strong>Produire du bactérioplancton</strong> : pour nourrir certains invertébrés filtreurs, parfois azooxanthellés.</li>
<li><strong>Lutter contre des microrganismes</strong> :  distibuer <strong>de façon  maitrisée</strong> des bactéries sélectionnées comme bénéfiques afin de réoccuper l&rsquo;espace conquis par des organismes indésirables (bactéries pathogènes, cyanobactéries, dinoflagellés&#8230;).</li>
</ul>
<p class="align-j">L&rsquo;intérêt de produire des bactéries dans un récipient hors aquarium est que les dosages de carbone, quels qu&rsquo;ils soient, n&rsquo;auront pas d&rsquo;impact sur l&rsquo;aquarium. On n&rsquo;introduit dans ce dernier que des bactéries et non pas du carbone. <span style="color:red;">Attention ! Pratiquée de manière inconsidérée, l&rsquo;introduction massive de bactéries dans l&rsquo;aquarium présente tous les risques  précédemment cités</span>. La première fois, il convien L&rsquo;intérêt de procéder par étapes en introduisant au début peu de production. Il est impértif d&rsquo;observer les effets à court terme sur le bac et les occupants (coraux&#8230;), de mesurer les taux de nitrates et phosphate, et de les maintenir à niveaux corrects. Dans ces conditions, cette méthode a contribué à éradiquer une forte invasion de dinoflagellés Prorocentrum pour retrouver quelques jours plus tard une situation gérable évoquée dans <a href="https://reeflexion.fr/eliminer-les-dinoflagelles-en-aquarium-recifal/">Eliminer les dinoflagellés en aquarium récifal.</a>.</p>
<h3>12.2 Comment produire des bactéries en masse</h3>
<p class="align-j">Un protocole pour favoriser une croissance bactérienne importante tout en gardant un écosystème stable peut se dérouler ainsi&nbsp;:</p>
<ol class="align-j">
<li><strong>Remplir d&rsquo;eau</strong> de l&rsquo;aquarium un récipient en matériau inerte.</li>
<li><strong>Le placer à température</strong> de l&rsquo;aquarium, dans la cuve technique ou chauffage individuel.</li>
<li><strong>Oxygéner</strong> avec un bulleur.</li>
<li><strong>Introduire des supports bactériens</strong> éventuellement : par exemple un produit que l&rsquo;on pourra essorer tel qu&rsquo;une mousse à cellules ouvertes, une éponge, un treillis en plastique compatible (PP, PS&#8230;). </li>
<li><strong>Ajouter</strong> une ou plusieurs compositions concentrées de <strong>bactéries</strong> du commerce ou prélevées par ailleurs.</li>
<li><strong>Ajouter quotidiennement</strong> des <strong>nutriments carbone</strong> pour multiplier les bactéries hétérotrophes
<ol>
<li><strong>Alcool</strong> : Une  dose régulière d&rsquo;alcool (vodka), 5 ml pour 5 litres d&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Acide acétique</strong> : une dose régulière de vinaigre blanc, 5&nbsp;ml pour 5 litres d&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Sucre</strong> : 6&nbsp;g de sucre blanc pour 5 litres</li>
<li><strong>Acides aminés</strong> : environ 5&nbsp;ml pour 5 litres d&rsquo;eau. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une base approximative   sans connaissance du contenu.</li>
<li><strong>Produits commerciaux</strong> contenant des sources de carbone, voire des enzymes (Bioptim, NoPox, UltraBack, </li>
</ol>
</li>
<li><strong>Prélever 1/3 de la culture</strong> : à partir de 3 jours la population est suffisamment développée pour utilisation. </li>
<li><strong>Utiliser la culture</strong> : selon l&rsquo;usage la culture peut être utilisée en totalité (ensemencement de pierres inertes) ou partiellement en dosant ou essorant l&rsquo;éponge. </li>
<li><strong>Entrenir la culture</strong> et, si besoin, poursuivre les étapes.</li>
<li><strong>Remplacer par 1/3 d&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium </strong>pour entretenir la population.</li>
<li><strong>Ajouter  les nutriments</strong> quotidiennement :
<ol>
<li>Sources de carbone : comme ci-dessus</li>
<li>Sources de nitrates et de phosphates.  Par exemple : remplacer 1/3 de l&rsquo;eau par celle de l&rsquo;aquarium, ajouter  de petites quantités de nourriture, d&rsquo;engrais spécifiques pour bactéries ou bien des adjuvants tels que Nitrate+ et Phosphate+.</li>
</ol>
</li>
<li><strong>Surveiller  la production</strong> : présence de biofilm sur les parois et supports, trouble de l&rsquo;eau, agrégats bactériens flottant&#8230; La production étant dissociée de l&rsquo;aquarium, il n&rsquo;y a pas de risque en cas de surproduction.</li>
<li><strong>Ajuster les dosages</strong> de nutriments dans la culture en conséquence.</li>
<li><strong>Surveiller  les effets dans l&rsquo;aquarium</strong> : observer le comportement des occupants, l&rsquo;état des décores. Mesurer régulièrementlesles taux de NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> et ajuster la quantité de bactéries en conséquence.</li>
</ol>
<div class="grille" style="grid-template-columns: repeat(2,1fr); ">
<div class="grille-titre ">Culture de bactéries en bac annexe.</div>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/1.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/1.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">La culture se développe en bac annexe, indépendant, oxygéné.</figcaption></figure>
<figure class="figcolonne" ><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/2.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/bacteries/2.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Prélèvement après 3 jours, la culture est opaque et des agrégats flottent.</figcaption></figure>
</div>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Sujet complexe et vaste, j&rsquo;espère que ces microorganismes auront moins de secrets pour vous.</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li>1: <a href="https://aquabiomics.com/articles/core-aquarium-microbiome">The Core Microbiome of a Saltwater Aquarium</a> &#8211; Aquabiomics</li>
<li>2 : <a href="https://aquabiomics.com/articles/how-aquarium-microbiomes-differ">How Aquarium Microbiomes Differ</a> &#8211; Aquabiomics.</li>
<li>3 : <a href="https://website.whoi.edu/gfd/wp-content/uploads/sites/14/2018/10/Coral_Microbiome_269025.pdf">Insights into the coral microbiome: Underpinning the health and resilience of reef ecosystems</a> &#8211; David G. Bourne, Kathleen M. Morrow, Nicole S. Webster</li>
<li>4 : <a href="https://bmcbioinformatics.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12859-019-2844-z">System-level analysis of metabolic trade-offs during anaerobic photoheterotrophic growth in <em>Rhodopseudomonas palustris</em></a> </li>
</ul>
<h3>Images liées:</h3> [<a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">See image gallery at reeflexion.fr</a>] <p>L’article <a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">Bactéries en aquarium marin et récifal</a> est apparu en premier sur <a href="https://reeflexion.fr/">Reeflexions</a>.</p><p>The post <a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">Bactéries en aquarium marin et récifal</a> first appeared on <a href="https://coralplast.fr">CoralPlast</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
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