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	<title>carbone - CoralPlast</title>
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	<description>Creation pour Recifal</description>
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		<title>Doser du carbone en aquariophilie récifale</title>
		<link>https://reeflexion.fr/doser-carbone-aquariophilie-recifale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jan 2025 07:00:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[carbone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La qualité d’une eau récifale repose sur un écosystème bactérien équilibré et dynamique. Les bactéries hétérotrophes, essentielles pour la dénitrification et le traitement des déchets organiques, nécessitent une source de carbone pour se développer. Ajouter du carbone dans un aquarium récifal devient alors un moyen de soutenir cette faune bactérienne et ainsi, contrôler les nutriments […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">La qualité d&rsquo;une eau récifale repose sur un écosystème bactérien équilibré et dynamique. Les bactéries hétérotrophes, essentielles pour la dénitrification et le traitement des déchets organiques, nécessitent une source de carbone pour se développer. Ajouter du carbone dans un aquarium récifal devient alors un moyen de soutenir cette faune bactérienne et ainsi, contrôler les nutriments tels que les nitrates et les phosphates. Cet article permet d&rsquo;en connaître les effets sur l&rsquo;équilibre de l&rsquo;aquarium, l&rsquo;impact des différentes formes de carbone, les risques d&rsquo;un surdosage et propose un calculateur pour concevoir sa propre solution carbonée et les dosages appropriés.</p>
<h2>1. Intérêt du carbone organique</h2>
<h3>1.1. Objectif</h3>
<p class="align-j">Chaque aquariophile tente  de maintenir un environnement stable et propice au développement des coraux et autres organismes. Dans certaines circonstances  le niveau élevé des nutriments  nitrates  NO<sub>3</sub> et phosphates PO<sub>4</sub> déstabilise l&rsquo;écosystème de l&rsquo;aquarium. Les algues et cyanobactéries prolifèrent, la  croissance des coraux se ralentit, quand les effets ne sont pas plus critiques. L&rsquo;objectif  est donc de <strong>réguler le niveau des nitrates  NO<sub>3</sub> et phosphates PO<sub>4</sub></strong> selon les espèces hébergées et les objectifs  de maintenance.</p>
<h3>1.2. Principe d&rsquo;action</h3>
<p class="align-j">Le principe consiste à <strong>introduire une source de carbone  organique dissous</strong> (COD) dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium pour stimuler la croissance des bactéries. Ces dernières, vivantes ou mortes, chargées de nutriments accumulés dans leurs cellules, sont ensuite <strong>exportées hors  du système via l&rsquo;écumeur</strong> ou consommées par d&rsquo;autres organismes.</p>
<h3>1.3. Pourquoi évoquer le  carbone ? </h3>
<p class="align-j">Comme tout organisme vivant, les   bactéries nécessitent des nutriments assimilés sous forme d&rsquo;aliments particulaires ou dissous dans l&rsquo;eau, indispensables pour leur métabolisme, notamment :</p>
<ol class="align-j">
<li><strong>Carbone (C)</strong> : Il constitue la base des molécules (protéines, lipides, ADN&#8230;) et joue un rôle comme <strong>source d&rsquo;énergie</strong>. Mais son utilisation diffère selon le type de bactérie  (hétérotrophe, autotrophe&#8230;) et de type de carbone (organique, inorganique). </li>
<li><strong>Azote (N)</strong> : Essentiel à la synthèse des acides aminés, protéines et des acides nucléiques (ARN/ADN).</li>
<li><strong>Phosphore (P)</strong> : Indispensable pour les membranes cellulaires (phospholipides) et la production d&rsquo;énergie (ATP).</li>
</ol>
<h3>1.4. Pourquoi  le dosage vise uniquement le carbone ? </h3>
<p class="align-j">Les organismes    se sont adaptés à leur environnement marin. Leur métabolisme n&rsquo;est possible que lorsque ces éléments sont présents, et dans certaines <strong>proportions C:N:P</strong>. Ce ratio reflète la composition moyenne des biomasses cellulaires et plus ou moins leur assimilation dans un contexte équilibré. C&rsquo;est à dire que si l&rsquo;un est en carence, il devient le facteur limitant son métabolisme et son développement. Cet aspect est développé dans l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/cnp-redfield-aquariophile/">C:N:P Redfield est-il aquariophile ?</a> <br />
Pour mémoire, le  ratio de Redfield C:N:P établi pour le phytoplancton océanique est 106:16:1 soit un ratio C:N de 66:10. Le ratio évolue selon les espèces. Celui des bactéries hétérotrophes varie dans une plage de 50:10 à 100:10. J&rsquo;utiliserai  un ratio  C:N de 75:10 pour les calculs de dosage ultérieurs de sources de carbone. </p>
<p class="align-j">Contrairement à l&rsquo;océan, <strong>dans un aquarium récifal le carbone dissous</strong> est en général plus rapidement <strong>déficitaire</strong> que l&rsquo;azote et le phosphore.  Son taux devient insuffisant pour assurer la prolifération de la population bactérienne. Il est alors nécessaire d&rsquo;administrer un dosage quotidien de carbone qui stimulera l&rsquo;activité bactérienne. Ce faisant, il faudra éviter tout surdosage qui présenterait des risques pour tous les organismes de l&rsquo;aquarium. Il doit être <strong>précis et fiable</strong>.</p>
<p class="align-j">Par ailleurs, les bactéries ont un cycle de vie court, de l&rsquo;ordre de quelques heures à 24 heures. Si leur population peut rapidement augmenter, à l&rsquo;inverse elle peut péricliter tout aussi vite entre deux apports. Aussi il est indispensable d&rsquo;en <strong>dispenser régulièrement</strong> au cours de la journée.</p>
<h3>1.4. Carbone organique et bactéries hétérotrophes</h3>
<p class="align-j">Les deux vont de pair. En effet, les bactéries strictement hétérotrophes que nous souhaitons développer nécessitent  des composés organiques. Voyons pourquoi.</p>
<h4>1.4.1. Carbone organique et inorganique</h4>
<p class="align-j">Le <strong>carbone est dit  inorganique</strong> quand il n&rsquo;est pas lié à des atomes d&rsquo;hydrogène (H). Les composés qui le contiennent sont généralement simples et stables tels que le dioxyde de carbone (CO<sub>2</sub>), les bicarbonates (HCO<sub>3</sub><sup>&#8211;</sup>), les carbonates (CO<sub>3</sub><sup>2-</sup>) ou d&rsquo;autres formes minérales comme le calcaire (CaCO<sub>3</sub>).<br />
  Dans un organisme vivant une faible quantité de carbone est  inorganique. Ce dernier est  pauvre en énergie, et <strong>nécessite des étapes supplémentaires</strong> pour être réduit et intégré dans des molécules organiques.<br />
  Dans le cycle de l&rsquo;azote il intervient principalement pour les bactéries autotrophes comme les bactéries nitrifiantes, qui transforment ammoniaque en nitrite puis en nitrate, ce qui n&rsquo;est pas notre objectif. <strong>Le carbone inorganique ne contribue pas à réduire les nitrates</strong>. Certes, il contribue à l&rsquo;activité des algues et la réduction des nutriments, mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un autre débat.</p>
<p class="align-j">Le <strong>carbone organique</strong> est  lié à des atomes d&rsquo;hydrogène (H), souvent associés à d&rsquo;autres éléments comme l&rsquo;oxygène (O), l&rsquo;azote (N), le soufre (S), ou le phosphore (P), comme les alcools (éthanol, vodka), les glucides (glucose, saccharose&#8230;), les acides aminés (glycine&#8230;), les acides organiques (acide acétique : vinaigre, formique, citrique&#8230;) etc.<br />
  Dans un organisme vivant, la majorité du carbone  est organique, car il est intégré dans des molécules biologiques telles que les glucides (ex. glucose, glycogène), les lipides (graisses, huiles), les protéines (constituées d&rsquo;acides aminés) et les acides nucléiques (ADN, ARN). <br />
  Les bactéries assimilent plus facilement le carbone organique parce qu&rsquo;il est <strong>directement utilisable</strong> comme source d&rsquo;énergie et de matériau pour leur croissance et leur métabolisme.</p>
<p class="align-j">Ainsi, pour réduire les nutriments dans l&rsquo;aquarium, le carbone organique présent et ajouté, agit dans deux processus principaux qui nous intéressent&nbsp;:</p>
<ol>
<li><strong>Biodégradation : </strong>Des bactéries (aérobies et anaérobies) prolifèrent et  assimilent  des nutriments tels que le phosphore (sous forme de phosphate PO<sub>4</sub>) et l&rsquo;azote (sous forme de nitrate NO<sub>3</sub> et d&rsquo;ammoniac NH<sub>4</sub>).</li>
<li><strong>Dénitrification</strong> : Les bactéries dénitrifiantes (anaérobies facultatives)  convertissent les nitrates (NO<sub>3</sub>) en azote gazeux (N<sub>2</sub>). Elles n&rsquo;ont cependant <strong>pas d&rsquo;effet sur les PO<sub>4</sub></strong>.</li>
</ol>
<h4>1.4.2 Bactéries hétérotrophes</h4>
<p class="align-j">Les bactéries sont  hétérotrophes, autotrophes  et parfois les deux.</p>
<ul>
<li><strong>Bactéries hétérotrophes</strong> :  <span class="align-j"> un organisme est dit hétérotrophe quand il tire sa matière organique et son énergie de <strong>sources externes</strong>, d&rsquo;autres êtres vivants ou de leurs restes. Leurs enzymes spécifiques  permettent de casser les liaisons chimiques des molécules (protéines, glucides, lipides&#8230;). Les bactéries hétérotrophes sont donc en mesure de<strong> biodégrader les substances organiques</strong></span> efficacement, rapidement, et d&rsquo;assimiler les nutriments. De même pour la <strong>dénitrification</strong> en milieu anaérobie. Ce sont <strong>celles  que l&rsquo;on souhaite développer plus particulièrement </strong>ici.</li>
<li><strong>Bactéries autotrophes</strong> : <span class="align-j">un organisme est dit autotrophe quand il produit sa matière organique.</span> Ces bactéries consomment directement le carbone sous forme inorganique tel que le CO<sub>2</sub>. Cependant, bien qu&rsquo;essentielles pour  transformer ammoniac et nitrites en nitrates (nitrification), ce n&rsquo;est pas ce que nous souhaitons ici. D&rsquo;autre part, même si certaines espèces  peuvent contribuer à la biodégradation et à la dénitrification, elles  sont <strong>inadaptées et peu efficaces</strong>, leur métabolisme plus lent étant très dépendant du carbone inorganique.</li>
</ul>
<h3>1.5. Pourquoi utiliser du carbone  dissous ?</h3>
<p>Le carbone organique dans un aquarium peut se présenter sous plusieurs formes&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Formes particulaires</strong> (MOP) : Le carbone est intégré aux matières organiques solides, telles que les restes de nourriture ou excréments, qui <strong>nécessitent une dégradation préalable</strong> par des enzymes ou d&rsquo;autres micro-organismes.</li>
<li><strong>Formes dissoutes</strong> (MOD) : Le carbone  est un composant de  molécules organiques solubles  (éthanol, glucose&#8230;). Les bactéries exploitent plus facilement le carbone organique dissous. Il est <strong>directement assimilable</strong>. <br />
  Une chance pour nous&nbsp;: la présentation liquide permet un dosage aisé, précis et automatisable.  Les <strong>sources de carbones ajoutées </strong>sont donc<strong> sous forme dissoutes</strong> (COD).</li>
</ul>
<h2>2. Taux de  carbone en aquarium</h2>
<h3>2.1. Taux  de COD optimal en récifal</h3>
<p>Au sein des   récifs coralliens les taux de COD sont extrêmement faibles de 0,5 à 1 mg/l (5) dans les eaux océaniques et de 5 à &gt;25&nbsp;mg/l dans les zones  polluées par l&rsquo;activité humaine. </p>
<p>Dans un aquarium récifal, <span class="align-j">le  niveau du COD    peut augmenter en présence d&rsquo;une charge organique élevée (nourriture, déjections&#8230;) favorisant  la prolifération de biofilms, d&rsquo;algues ou de cyanobactéries pouvant conduire à une hypoxie&#8230; bref, tous les risques que l&rsquo;on évoquera plus loin. La méthode de maintenance et les équipements de filtration mécanique (filtres divers, changements d&rsquo;eau), physique (écumeur) et  biologique (PV, substrats poreux) sont choisis  pour viser un </span> taux de 1 à 3 mg/l suffisant pour maintenir un équilibre biologique sans compromettre la qualité de l&rsquo;eau. En dessous,  la réduction des nitrates et phosphates pourrait être insuffisante.</p>
<h3>2.2. Mesurer, évaluer le COD</h3>
<p>La mesure directe du COD nécessite un équipement spécifique (titration oxydative, analyseurs automatiques), inaccessible aux aquariophiles amateurs. Le test <em>Triton Labs N-DOC</em> mesure la concentration de  carbone organique dissous dans l&rsquo;eau et permet d&rsquo;évaluer  l&rsquo;équilibre bactérien dans l&rsquo;aquarium. </p>
<p>Les classiques test <span class="align-j">NO<sub>3</sub> et  PO<sub>4</sub></span>   préviennent indirectement d&rsquo;une accumulation de  nutriments, c&rsquo;est à dire des effets potentiels liés à une carence en carbone. Plus globalement ils alertent sur un déséquilibre lié à l&rsquo;exploitation du COD dans l&rsquo;aquarium.</p>
<h3>2.3. Déceler une déficience du COD</h3>
<p class="align-j">La déficience&nbsp;en carbone organique  est en général liée à une dérive du ratio des nutriments C:N:P. L&rsquo;accumulation de nutriments non consommés induit des déséquilibres biologiques dans l&rsquo;aquarium, révélés par un excès de nitrates et phosphates. Les tests et l&rsquo;observation visuelle s&rsquo;avèrent de bons moyens de déceler une dérive. Nous disposons de quelques bioindicateurs :</p>
<ul>
<li><strong>NO3 et/ou PO4 élevé</strong> : Une accumulation de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des nutriments  ou des deux, peut être un indice qu&rsquo;<strong>il manque du carbone pour permettre le métabolisme des bactéries</strong>. Le carbone est alors le facteur limitant qui empêche  les processus biologiques de se réaliser correctement.</li>
<li><strong>Algues  indésirables</strong> : L&rsquo;excès de nitrates et phosphates non consommés par les bactéries nourrit les algues, qui prolifèrent rapidement.</li>
<li><strong class="align-j">Réduction de la diversité bactérienne</strong>&nbsp;: Une carence en carbone limite la croissance bactérienne et réduit leur diversité. Cela peut entraîner une domination d&rsquo;espèces opportunistes ou pathogènes. Ce phénomène non visible à l&rsquo;œil nu, peut avoir des conséquences indirectes comme une filtration biologique moins efficace ou une santé amoindrie des coraux qui ne bénéficient plus des bactéries bénéfiques disparues.</li>
<li><strong>Comportement des coraux et invertébrés </strong>: L&rsquo;excès de nutriments généré par une  carence  en carbone peut <strong>ralentir la  croissance et la calcification des coraux</strong>, et dérégler l&rsquo;équilibre métabolique traduit par un <strong> stress ou </strong><strong>blanchiment partiel.</strong></li>
<li><strong class="align-j">Biofilms indésirables</strong> et cyanobactéries : Ces dernières  se développent dans des environnements riches en nutriments, même avec une faible quantité d&rsquo;oxygène disponible. Leur présence est souvent exacerbée par un déséquilibre C:N:P.
  </li>
<li><strong>Eau trouble ou jaunâtre</strong> : La dégradation insuffisante des matières organiques entraîne l&rsquo;accumulation de composés organiques dissous (DOC) qui peuvent colorer l&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Accumulation de sédiments</strong> : Des déchets organiques non décomposés (particules alimentaires, excréments) s&rsquo;accumulent plus visiblement dans les zones peu brassées.</li>
</ul>
<h2>3. Quand doser du carbone organique</h2>
<p class="align-j">Dans son objectif de maintenir un aquarium stable avec une maintenance la plus fiable et facile, le récifaliste devrait <strong>tout mettre en œuvre </strong> pour que l&rsquo;équilibre biologique soit atteint le plus simplement possible, <strong>sans besoin de supplémenter en COD</strong>. Pour autant certaines situations l&rsquo;imposent, dans une période limitée ou régulièrement.</p>
<h3>3.1. Dosage selon les  situations<br />
</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;ajout de carbone peut être nécessaire dans certaines situations&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Charge organique excessive</strong> : La production de déchets organiques est importante, par exemple dans les aquariums  hébergeant de nombreux <strong>poissons pollueurs</strong>, ceux nécessitant une <strong>forte alimentation</strong> (filtreurs), pour réduire la production  <strong>d&rsquo;algues</strong> ou d&rsquo;autres nuisances&#8230; L&rsquo;activité  bactérienne  consomme phosphore et azote  pour maintenir des taux de  NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> satisfaisants dans l&rsquo;aquariu</li>
<li><strong>Système à faible taux  de nutriments</strong>&nbsp;: Un  système de gestion dit <em>ultra low nutrient system</em> (ULNS) tente de reproduire au mieux l&rsquo;environnement récifal à très faible teneur en NO<sub>3</sub> (~1&nbsp;mg/l) et PO<sub>4</sub> (~0,01&nbsp;mg/l) dominé par les SPS,  et également de réguler le ratio entre nitrates et phosphates notamment lors d&rsquo;événements ponctuels (suralimentation, poisson mort). Un réacteur à bactéries (RAB) souvent associé à ce type de maintenance contribue a sa maitrise.
  </li>
<li> <strong>Aquariums immatures</strong>&nbsp;: le renforcement maitrisé de l&rsquo;activité bactérienne peut contribuer à activer ou stabiliser les cycles d&rsquo;azote et de phosphore dans les aquariums nouvellement installés. C&rsquo;est parfois le cas en débutant avec des <strong>pierres synthétiques ou recyclées</strong>.</li>
<li><strong>Formation de bactérioplancton </strong> : En milieu naturel c&rsquo;est  une source importante de l&rsquo;alimentation d&rsquo;organismes  non photosynthétiques (NPS) tels que les coraux azooxanthellés (<em>Tubastrea</em>, certaines gorgones), les planctonivores microphages (bivalves, vers à panache, holothuries&#8230;). Les bactéries ainsi développées, mortes ou excrétées, sont une source de nourriture pour les coraux.</li>
<li><strong>Grands aquariums</strong> : La gestion maitrisée des excès de nutriments (nitrates et phosphates) permet de limiter les changements d&rsquo;eau couteux et fastidieux (aquariums publics, systèmes isolés).</li>
<li> <strong>Filtration complémentaire</strong>&nbsp;: Le RAB peut compléter l&rsquo;action d&rsquo;un refuge algal, d&rsquo;un écumeur ou de résines anti-phosphates. Il constitue une approche supplémentaire, voire une alternative quand ces techniques ne peuvent être mises en place (encombrement d&rsquo;un refuge, écumeur sous dimensionné&#8230;).</li>
</ul>
<h3>3.3. Risques associés à l&rsquo;ajout de carbone organique</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/carbone-dosage/6.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/carbone_dosage/6.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Fig. 1 : Criticité d&rsquo;un excès de COD par rapport aux nitrates et phosphates.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.int-res.com/articles/meps2006/314/m314p119.pdf">Marine Ecology Progress Series</a></div>
</figure>
<p>L&rsquo;augmentation de COD accélère notablement le développement des bactéries du mucus corallien (2) source  de maladies (nécroses&#8230;) et  de la mort des coraux, sans relation avec celle de  nitrates et phosphates.<br />
    Une <strong>surdose de carbone organique</strong> dans un aquarium récifal s&rsquo;ensuit d&rsquo;une  <strong>prolifération bactérienne</strong> pouvant conduire à des situations encore plus rapidement critiques :</p>
<ul>
<li><strong>Déficience en oxygène</strong> :  La croissance bactérienne massive épuise rapidement l&rsquo;oxygène dissous dans l&rsquo;eau, causant une hypoxie pouvant conduire à <strong>la mort des poissons</strong> et par réactions, celle  de <strong>tous les organismes</strong> de l&rsquo;aquarium.</li>
<li><strong>Biofilm nuisible</strong> : Une prolifération  de biofilms sur les surfaces, les  coraux et autres organismes réduit leurs échanges gazeux vitaux.</li>
<li><strong>Stress et mort des coraux</strong>  : Une accumulation de biofilm bactérien ou un déséquilibre  de la flore bactérienne dans le mucus des coraux peut induire des stress   favorisant l&rsquo;apparition de maladies se manifestant par des  <strong>nécroses tissulaires</strong> lentes (STN) ou rapide (RTN).<br />
      Il peut également se produire une accumulation de poisons (sulfure d’hydrogène ou métabolites secondaires) et/ou une prédation microbienne sur les polypes coralliens affaiblis.</li>
<li><strong>Bloom bactérien</strong> :  Une explosion bactérienne rend l&rsquo;eau trouble, ce qui peut réduire la lumière disponible pour les coraux symbiotiques (zooxanthelles) et nuire à la photosynthèse    et plus grave la désoxygénation du milieu.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Accumulation d&rsquo;ammoniac</strong> : La décomposition excessive des matières organiques  peut engendrer un niveau d&rsquo;ammoniac rapidement toxique pour les poissons et les coraux.</li>
<li><strong>Inhibition de la dénitrification</strong> : La déficience en oxygène liée à l&rsquo;activité bactérienne perturbe le  processus naturel de dénitrification pouvant entraîner une accumulation de nitrates.</li>
</ul>
<ul>
<li><strong>Fluctuations du pH</strong> : Une surconsommation d&rsquo;oxygène dans les zones où les bactéries prolifèrent massivement peut réduire le pH.</li>
<li><strong>Excès de sous-produits métaboliques</strong> : les bactéries  peuvent libérer des composés organiques secondaires excessifs qui peuvent être toxiques ou perturber le système.</li>
</ul>
<h3>3.4 Stratégies pour minimiser les risques</h3>
<ul>
<li><strong>Dosage précis :</strong> Ajouter les sources de carbone de manière progressive et adaptée aux besoins du système pour éviter une prolifération incontrôlée de bactéries.</li>
<li><strong>Stabilité des paramètres :</strong> Maintenir un environnement stable (température, rédox, salinité) pour limiter le stress des coraux, qui les rend plus vulnérables aux pathogènes.</li>
<li><strong>Filtration efficace :</strong> Utiliser un écumeur performant et potentiellement un stérilisateur UV pour réduire la charge bactérienne globale, y compris les pathogènes.</li>
<li><strong>Bactéries compétitrices :</strong> Introduire des bactéries bénéfiques (probiotiques comme <em>Bacillus spp.</em> ou <em>Pseudomonas spp.</em>) pour limiter les niches disponibles pour les pathogènes.</li>
</ul>
<h2>4. Sources de carbone organique</h2>
<p class="align-j">Des sources de carbone sont naturellement présentes dans l&rsquo;aquarium ou ajoutées intentionnellement pour augmenter la population bactérienne.</p>
<h3>4.1. Sources de carbone  issues de la maintenance</h3>
<ul class="align-j">
<li><strong>Matières organiques dissoutes (DOM)</strong> : les déchets organiques produits par les poissons, les invertébrés et les coraux (excréments, déchets alimentaires, mucus), se décomposent en carbone organique dissous dans l&rsquo;eau.</li>
<li><strong>Aliments</strong> : les aliments pour poissons ou coraux apportent  du carbone organique (acides aminés, hydrates de carbone&#8230;).</li>
<li><strong>Particules organiques</strong> : les aliments micronisés  enrichissent le système en carbone.</li>
<li><strong>Photosynthèse des algues</strong> : les algues  (<em>Chaetomorpha</em>, <em>Caulerpa</em>) produisent des composés organiques (glucides&#8230;) constitués de carbone.</li>
<li><strong>Bactéries commerciales</strong> : certaines formules commerciales incluent des sources de carbone, optimisant leur efficacité</li>
</ul>
<h3>4.2. Sources de carbone ajoutées</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;aquariophile peut introduire  plusieurs composés carbonés, les bactéries étant plus ou moins réceptives à certaines molécules, parmi lesquels&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Alcools</strong> :
<ul>
<li>L&rsquo;<strong>éthanol</strong> pur : s&rsquo;avère très concentré pour un dosage fiable. Un excès peut entraîner des « pics bactériens » soudains, augmentant le risque de développement de bactéries opportunistes. On peut toutefois  le diluer à sa guise dans de l&rsquo;eau osmosée. </li>
<li>La  <strong>vodka</strong> (40&nbsp;% vol. éthanol) est facilement disponible et préférable  à d&rsquo;autres alcools parfois dénaturés. Sélectionner une vodka la plus pure possible, sans arômes, colorants, ou sucres ajoutés, étiquetée  &quot;vodka pure&quot; ou &quot;distilled vodka&quot;.<br />
        Une marque standard et économique peut faire l&rsquo;affaire, peu importe sa base (blé, pomme de terre, maïs, betterave, etc.). Celles issues de blé ou de maïs sont  les plus courantes.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Glucides, sucres</strong> : monosaccharides  (glucose, fructose),  disaccharides (saccharose ou sucre blanc) et polysaccharides (agar, alginates, amidon&#8230;).
<ul>
<li><strong>Le sucre blanc (saccharose)</strong>  est également énergétique, en mesure de favoriser une croissance bactérienne rapide et massive s&rsquo;il est utilisé inconsidérément. Cette facilité à surdoser est peut-être l&rsquo;origine de déficience en oxygène conduisant au développement de pathogènes comme les <em>Vibrio spp.</em> ou d&rsquo;autres bactéries anaérobies à l&rsquo;origine de nécroses comme cela a été rapporté par des amateurs. Le saccharose, un disaccharide, demande une étape enzymatique supplémentaire avant d&rsquo;être utilisé.</li>
<li><strong>Le glucose</strong> anhydre ou plus facilement trouvé monohydraté, et aussi nommé D-glucose ou <strong>dextrose monohydraté</strong>, est un sucre simple (monosaccharide). Produit direct de la photosynthèse des algues et des zooxanthelles, il existe dans l&rsquo;environnement corallien et <strong>préférable au  saccharose</strong>. Il est facilement biodisponible et assimilé par de nombreuses bactéries. <br />
      Ne pas utiliser le sirop de glucose qui contient d&rsquo;autres sucres moins assimilables. </li>
<li><strong>Le D-galactose</strong> également un  sucre simple   proche du glucose en termes d&rsquo;énergie. Légèrement moins biodisponible  que le glucose, il ne s&rsquo;adresse pas strictement aux mêmes bactéries. Ceci expliquant peut-être son impact moindre sur la diversité de la flore bactérienne et la non-prolifération de certaines bactéries pathogènes (figure 1). C&rsquo;est une option intéressante, notamment dans des circonstances où l&rsquo;on recherche une stabilité.</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Acides aminés </strong>: tous les AA contiennent du carbone. Privilégier les acides aminés essentiels   (histidine, leucine, isoleucine, lysine, méthionine, thréonine, valine) que les coraux ne synthétisent pas,  ainsi que ceux utiles dans le métabolisme (arginine, glutamine, glycine, cystéine, tyrosine). Bien que proposés très dilués, les acides aminés étant des constituants essentiels des protéines ils contribuent à la santé du corail et trouvent donc un intérêt particulier en présence les <strong>aquariums à très bas taux de nutriments</strong> (ULNS).</li>
<li><strong>Acides organiques</strong> : l&rsquo;acide acétique (vinaigre), maléique, lactique sont parfois utilisés.<br />
    Nota : un vinaigre à 7° (soit 7&nbsp;% d&rsquo;acide acétique en volume) correspond à un vinaigre à 5&nbsp;%   d&rsquo;acide acétique en masse.</li>
<li><strong>Acétates</strong> : Les acétates de calcium, sodium, magnésium&#8230; sont une forme stabilisée de l&rsquo;acide acétique, directement assimilables. Leur choix peut contribuer à diminuer des dérives  de minéraux Ca, Na, Mg.</li>
<li><strong>Hydrolysats de protéines</strong> : ces produits peu utilisés en aquariophilie récifale, dérivés de la décomposition des protéines sont riches en peptides et acides aminés offrant une source de carbone facilement assimilable par les bactéries et les coraux.</li>
<li><strong>Produits commerciaux pré-mélangés</strong> : Ces solutions telles que    le <em>Red Sea NoPox</em>, prêtes à l&#8217;emploi,  contiennent un mélange de différentes sources de carbone (alcools, acides organiques&#8230;).</li>
<li><strong>Substrats commerciaux carbonés</strong>&nbsp;: Il s&rsquo;agit de matériaux peu ou non poreux enrichis en carbone organique, fournissant à la fois un substrat et une alimentation  pour les bactéries. Le <strong>carbone inclus est progressivement libéré, </strong>rendu immédiatement   disponible lors de l&rsquo;érosion par les bactéries colonisant la surface, ce qui en facilite l&rsquo;usage. La libération de carbone est lente et régulière, sans grand risque de surdosage mais elle impose de réajuster le volume du substrat selon l&rsquo;usure.
<ul>
<li>Le matériau plastique est <strong>biodégradable</strong>, principalement :
<ul>
<li>Polyhydroxyalcanoate (PHA) auquel appartient le polyhydroxybutyrate (PHB) utilisé. La matière est produite par des bactéries en conditions stressantes avec  peu de nutriments azote et phosphore. Elles accumulent du carbone comme réserve d&rsquo;énergie. Le PHB est à dégradation lente assure une certaine stabilité. </li>
<li> Acide polylactique (PLA), un polyester thermoplastique obtenu à partir d&rsquo;amidon de maïs, betterave sucrière et d&rsquo;autres cultures riches en sucres. La fermentation des sucres  produit de l&rsquo;acide lactique ensuite  polymérisé en macromolécules formant la matière plastique. Le PLA est à dégradation  un peu plus rapide,  adapté à des démarrages (Aquaforest, D-D Bio Pellets).</li>
</ul>
</li>
<li>Ces matériaux  sont produits sous deux formes&nbsp;:
<ul>
<li><strong>En boules (bioballes)</strong> :  Les bioballes (<em>JBL BioNitrat EX</em>&#8230;) moulées, se placent dans en filtration  passive dans le flux de la cuve technique</li>
<li><strong>En granulés (biopellets)</strong> : Le granulé est  extrudé à chaud puis coupé en  tailles et  formes variant selon les marques, ce qui influence la fluidisation, le  colmatage. Les biopellets s&rsquo;utilisent  en filtration passive comme les bioballes ou plus fréquemment  en lit fluidisé au sein d&rsquo;un <a href="https://reeflexion.fr/reacteurs-bacteries/">réacteur à bactéries</a>. Le commerce propose quantité de références (<em>DVH Aquatic NP-Reducing Biopellets</em> ;    <em>Reef Interests All-In-One Biopellets</em>&nbsp;; <em>Tropic Marin NP-Bacto-Pellets</em>&#8230;). Certaines ajustent la composition pour favoriser la réduction de certains nutriments, par exemple les phosphates en stimulant des bactéries spécifiques.</li>
</ul>
</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>4.3. Choix des composés carbonés</h3>
<p> <span class="align-j">Toutes les sources de carbone ne se valent pas. Leur utilisation doit être adaptée aux besoins spécifiques de l&rsquo;aquarium tout en tenant compte du risque potentiel de favoriser les pathogènes.</span> Quelques caractéristiques&nbsp;peuvent orienter le choix d&rsquo;une source de carbone :</p>
<ul>
<li><strong class="align-j">Source d&rsquo;énergie (kJ/g): </strong><span class="align-j">La <strong>quantité d&rsquo;énergie</strong> disponible dans une molécule dépend des atomes qui la composent et de la manière dont ils sont liés. </span>Lors de la dégradation les bactéries exploitent l&rsquo;énergie issue des liaisons chimiques de la molécule, rompues et reformées pendant les processus métaboliques. Les liaisons ciblées sont notamment celles riches en électrons&nbsp;: C−H et C−C.<br />
    Les <strong>sources de carbone n&rsquo;ont donc pas la même valeur énergétique</strong> et ne peuvent être remplacées part pour part. Une source de carbone très énergétique telle que  l&rsquo;éthanol, permet une assimilation plus rapide   durant le métabolisme des bactéries, pour construire leur biomasse et un développement plus massif de la colonie. Cependant un excès d&rsquo;énergie  présente plus les risques déjà évoqués en cas de surdosage. <em>A contrario</em>, une source pauvre en énergie appauvrit  les réserves et demande plus d&rsquo;efforts enzymatiques pour l&rsquo;assimilation.<br />
    Le tableau 1 précise la valeur énergétique de différentes sources de carbone.<br />
    Le calculateur proposé plus loin, définit celle de la solution carbonée issue d&rsquo;une recette particulière. Dans ce dernier, l&rsquo;eau étant une molécule stable et oxydée, elle ne participe pas aux réactions de combustion et  n&rsquo;apporte aucune énergie utilisable dans ce contexte.</li>
<li><strong>Facilité d&rsquo;assimilation</strong> : Les bactéries   assimilent plus aisément<strong> </strong> les  carbones simples (éthanol, acide acétique, glucose, acétates) que ceux complexes (polysaccharides : saccharose&#8230;). Exigeant moins de transformations enzymatiques, d&rsquo;énergie et de temps pour leur décomposition avant assimilation, ils sont plus rapidement bioassimilés et la croissance bactérienne en est facilitée. <span class="align-j">Dans la pratique <strong>le glucose et les acétates</strong> sont utilisés car facilement assimilables par une très grande variété de bactéries qui rencontrent régulièrement ces molécules issues de la lyse d&rsquo;autres cellules vivantes</span>.
  </li>
<li><strong>Effets sur NO<sub>3,</sub> PO<sub>4</sub></strong> : Selon les espèces, les bactéries réduisent mieux nitrates ou phosphates. Les glucides (glucose) sont plutôt mieux traités par les espèces assimilatrices de phosphore (PAB). Il s&rsquo;avère heureusement que les mêmes bactéries contribuent plus ou moins au cycle de l&rsquo;azote et celui du phosphore comme le détaille l&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/bacteries-en-aquarium-marin-et-recifal/">Bactéries en aquarium marin et récifal</a>.</li>
<li><strong>Taux de l&rsquo;élément carbone en masse (%)</strong> : les composés diffèrent dans leur proportion en  carbone. Cependant ce taux n&rsquo;est <strong>qu&rsquo;un indicateur</strong>. En effet, il y a possibilité  de diluer la solution dans de l&rsquo;eau osmosée pour atteindre l&rsquo;objectif visé.</li>
</ul>
<p class="align-j">Le tableau 1 compare les particularités des principales sources de carbone organique en aquariophilie marine.</p>
<table class="tableau" >
<caption class="tableau-titre">
    Tableau  1 : Sources de carbone potentielles en aquariophilie<br />
  </caption>
<thead>
<tr>
<th width="10%"><strong>Source C</strong></th>
<th>Masse C</th>
<th><strong>Energie<br />
        kJ/g<br />
      </strong></th>
<th><strong>Assimilation</strong></th>
<th><strong>NO<sub>3</sub></strong></th>
<th><strong>PO<sub>4</sub></strong></th>
<th width="25%"><strong>Avantages</strong></th>
<th width="25%"><strong>Inconvénients</strong></th>
</tr>
</thead>
<tbody>
<tr>
<td><strong>Éthanol<br />
      </strong></td>
<td align="center">52% </td>
<td align="center">Très élevée<br />
      29,7</td>
<td align="center">Très facile</td>
<td align="center"> 4</td>
<td align="center"> 5</td>
<td>Energétique, polyvalent, action rapide, bon marché</td>
<td>Risque déséquilibre NO3/PO4 et de blooms bactériens</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Vodka (40°)</strong></td>
<td align="center">16%</td>
<td align="center">Moyenne<br />
      11,9</td>
<td align="center">Facile</td>
<td align="center">3</td>
<td align="center">4</td>
<td>Moins concentré qu&rsquo;éthanol, plus progressif.</td>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong> Saccharose<br />
        (sucre blanc)<br />
      </strong></td>
<td align="center">50%</td>
<td align="center">Elevée<br />
        16,5</td>
<td align="center">Modérée</td>
<td align="center"> 3</td>
<td align="center"> 5</td>
<td>Énergétique, polyvalent, action rapide, bon marché, biodisponible diverses bactéries</td>
<td width="35%">Doit être hydrolysé en glucose et fructose avant utilisation, assimilation plus lente<br />
      Libération rapide, imprévisible, risque blooms bactériens.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Glucose anhydre</strong></td>
<td align="center">42%</td>
<td align="center">Élevée<br />
        15,6</td>
<td align="center">Très facile</td>
<td align="center">3</td>
<td align="center">5</td>
<td rowspan="2">Énergétique, polyvalent, action rapide, bon marché, assimilation directe, biodisponible diverses bactéries</td>
<td rowspan="2">A fort dosage favorise certaines bactéries pathogènes par rapport à d&rsquo;autres sucres.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong> Glucose monohydraté</strong></td>
<td align="center">36%</td>
<td align="center">Élevée<br />
      14,2</td>
<td align="center">Très facile</td>
<td align="center">3</td>
<td align="center">5</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>D-galactose</strong></td>
<td align="center">40%</td>
<td align="center">
<p>Élevée<br />
      15,6</p>
</td>
<td align="center">Facile</td>
<td align="center">3</td>
<td align="center">5</td>
<td>Énergétique, biodisponible. Moindre impact sur des bactéries pathogènes.</td>
<td>Métabolisé par certaines bactéries,  rendement moindre,  assimilation plus lente que glucose.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Acides aminés 2%</strong></td>
<td align="center">0,7%</td>
<td align="center">Très faible<br />
        0,34</td>
<td align="center">Modérée</td>
<td align="center">2</td>
<td align="center">3</td>
<td>Fournissent C et N. Bénéfique coraux.</td>
<td>Coût élevé, assimilation plus lente, faible valeur énergétique.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Acide acétique</strong></td>
<td align="center">40%</td>
<td align="center">Moyenne<br />
        14,6</td>
<td align="center">Très facile</td>
<td align="center">4</td>
<td align="center">5</td>
<td>Source d&rsquo;énergie directe, plus stable qu&rsquo;alcools, risque faible de bloom.</td>
<td>Baisse potentielle pH</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Vinaigre (7°, 5%)</strong></td>
<td align="center">2,0%</td>
<td align="center">Faible<br />
      0.7</td>
<td align="center">Facile</td>
<td align="center">4</td>
<td align="center">5</td>
<td>Acide acétique dilué, sécurisé.</td>
<td>Peu énergétique, nécessite  concentration.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Acétates (Na&#8230;)</strong></td>
<td align="center">Anhydre<br />
       ~30%<br />
        hydraté<br />
        ~17% </td>
<td align="center">Anhydre<br />
        13-18<br />
      hydraté 6-10</td>
<td align="center">Très facile à facile</td>
<td align="center">3</td>
<td align="center">4</td>
<td>Directement assimilables, libération lente et stable.</td>
<td>Disponibilité limitée, coût plus élevé, libère minéraux.</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Produits commerciaux</strong></td>
<td colspan="5" align="center">Selon fabricant.</td>
<td>Pratique, sans surdosage, <br />
        libération, progressive (biopellets) ou contrôlée (liquides).</td>
<td>Coût élevé, moins flexible.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h2>5. Recettes de solutions carbonées</h2>
<h3>5.1. La genèse  en aquariophilie récifale</h3>
<p class="align-j">L&rsquo;introduction de source carbonée en aquariophilie récifale a débuté avec <strong>l&rsquo;éthanol pur</strong>, un produit concentré dont il a fallu trouver des dosages. Michael Mrutzek et Jörg Kokott on proposé un protocole en 2004, détaillé sur Der Meerwasseraquarianer et Récif France dans l&rsquo;article <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/rab/Dosage%20de%20l'%C3%A9thanol.htm">Dosage de l&rsquo;éthanol dans l&rsquo;aquarium</a>  (plus disponible sur le Net), qui a évité bien des déboires à ceux qui s&rsquo;en sont inspiré. </p>
<p class="align-j">L&rsquo;éthanol pur s&rsquo;est vite avéré un procédé agressif avec des  risques associés amplifiés. Une formule plus douce avec de l&rsquo;éthanol dilué (vodka) et polycarbonée  pour atteindre des bactéries diverses, a été proposée plus tard, publiée par Glassbox Design (plus disponible).  Cette  recette, dite <strong>méthode VSV</strong> (Vodka, Sucre, Vinaigre) originelle faisait état de 200 ml de vodka 40°, 50&nbsp;ml de vinaigre blanc 7° (5%) et 1,5 tbsp de sucre blanc (saccharose) c&rsquo;est à dire 1,5 cuillère à soupe soit ~20&nbsp;g de sucre.</p>
<p class="align-j"> Des récifalistes ont plus tard  reproché au sucre de favoriser les nécroses, plus que les alcools. Certes, l&rsquo;augmentation du glucose  a scientifiquement été   relié à une augmentation de bactéries pathogènes. Cependant elle  s&rsquo;est limitée à comparer le glucose à  d&rsquo;autres  formes de sucres présentes naturellement dans le mucus de coraux (galactose, manose&#8230;). Les chercheurs n&rsquo;ont pas jugé bon de comparer le glucose avec le sucre blanc, la vodka 40° ou du vinaigre blanc,  probablement jugés trop peu présents sur le récif. Par contre ils s&rsquo;accordent à dire qu&rsquo;un <strong>excès de carbone organique</strong>, quelle qu&rsquo;en soit la provenance, augmente l&rsquo;émergence et l&rsquo;abondance d&rsquo;agents pathogènes opportunistes <strong>cause   de maladies et de nécroses</strong> dégradant les récifs (1,2). L&rsquo;augmentation du COD est de ce point de vue plus critique que celle des nitrates et phosphates (3).<br />
  Le sucre  blanc (saccharose)<br />
serait également à l&rsquo;origine du ternissement de coraux&#8230; une raison  de lui <strong>préférer le glucose </strong>voire <strong>le galactose</strong>, plus facilement assimilables, auxquels  il est naturellement habitué.</p>
<h3>5.2. Recettes polycarbonées</h3>
<figure class="figfloat"> <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/carbone-dosage/5.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/carbone_dosage/5.jpg" /></a><figcaption class="figlegende">Fig. 1 : Impact de différents sucres sur la population bactérienne des coraux.</figcaption><div class="copyright">Source : <a href="https://www.nature.com/articles/ismej2017142">Nature.com</a></div>
</figure>
<p class="align-j">La nature des sources de carbone influe sur la densité et la diversité de la communauté bactérienne (4), d&rsquo;autant plus quand la source est unique. En effet, l&rsquo;enrichissement d’une partie de la communauté permet à ces bactéries d&rsquo;en supplanter d’autres  qui pourraient avoir des rôles défensifs (production d’antibiotiques) ou métaboliques (fixation du carbone ou de l’azote).</p>
<p class="align-j">La figure 1 montre que le glucose utilisé seul, favorise les bactéries Vibrionaceae (dont certaines sont pathogène) par rapport à d&rsquo;autres sucres, ainsi que des bactéries fréquentes dans les zones coralliennes oligotrophes. Il est donc préférable de  <strong>multiplier les sources de carbone</strong> citées au tableau&nbsp;1.  </p>
<p class="align-j">&Agrave; titre de comparaison, le tableau&nbsp;2 compare des recettes aux effets quelque peu différents. </p>
<ul>
<li>1 :  Utilisation unique d&rsquo;<strong>éthanol pur</strong>, très énergétique. Le dosage doit être très rigoureux, stable et très adapté au système, ne supportant pas de dérive.</li>
<li>2  : Formule initiale <strong>VSV</strong> est plus douce.</li>
<li>3  : Assemblage de <strong>type NoPox</strong> (sous réserve), doux, peu énergétique adapté à un maintien sur le long terme.</li>
<li>4 : Formule équilibrée  permettant de  traiter  NO<sub>3,</sub> PO<sub>4</sub>, <strong>biodisponible</strong>, plus facilement assimilable que VSV et quasi tout aussi énergétique.</li>
</ul>
<p class="align-j">L&rsquo;eau permet ici de diluer et améliorer la dissolution des sucres (saccharose, glucose).</p>
<div style="clear:both;"></div>
<table class="tableau" >
<caption class="tableau-titre">
    Tableau  2 : Sources de carbone en aquariophilie marine<br />
  </caption>
<tbody>
<tr>
<th>Recette</th>
<th width="20%">1 Éthanol</th>
<th width="20%">2 VSV</th>
<th width="20%">3 Type NoPox</th>
<th width="20%">4 Biodispo.</th>
</tr>
<tr>
<td>Éthanol</td>
<td align="center">100</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Vodka 40° (ml)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">200</td>
<td align="center">375</td>
<td align="center">300</td>
</tr>
<tr>
<td>Vinaigre blanc 7° (5%) (ml)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">50</td>
<td align="center">500</td>
<td align="center">200</td>
</tr>
<tr>
<td>Sucre blanc (saccharose) (g)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">20</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Glucose monohydraté (g)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">100</td>
</tr>
<tr>
<td>Eau osmosée (ml)</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
<td align="center">125</td>
<td align="center">&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Apport de C (g/ml)</strong></td>
<td align="center"><strong>0.41</strong></td>
<td align="center"><strong>0.17</strong></td>
<td align="center"><strong>0.07</strong></td>
<td align="center"><strong>0.18</strong></td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Valeur énergétique (kJ/ml)</strong></td>
<td align="center"><strong>23.4</strong></td>
<td align="center"><strong>9.4</strong></td>
<td align="center"><strong>4.4</strong></td>
<td align="center"><strong>8.1</strong></td>
</tr>
<tr>
<td><strong>Efficacité kJ/g C</strong></td>
<td align="center">57</td>
<td align="center">54</td>
<td align="center">62</td>
<td align="center">45</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h3>5.3. Objectifs d&rsquo;une recette</h3>
<p class="align-j">Chaque source de carbone favorise des processus microbiens ou écologiques spécifiques. Sauf cas particuliers on privilégiera une solution modérément énergétique et stable&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Diversité bactérienne</strong> : un mélange équilibré de sources modérément énergétiques (glucose,  vinaigre, acides organiques) stimulera plusieurs souches bactériennes.</li>
<li><strong>Stabilité à long terme : </strong>Les acétates libèrent du carbone lentement, permettant une stimulation bactérienne progressive et sûre. On pourra les associer au vinaigre dans ce but.</li>
<li><strong>Réduction rapide des nutriments (NO<sub>3</sub>, PO<sub>4</sub>)</strong> : on pourra privilégier des sucres simples (glucose, fructose) et la vodka,  énergétiques, rapidement métabolisés, pour une réponse  rapide, par exemple  pour corriger  un pic soudain de nutriments.</li>
</ul>
<h3>5.4. Calculateur de solution polycarbonée</h3>
<p class="align-j">Le calculateur qui suit permet d&rsquo;évaluer une recette compte tenu des informations ci-dessus, tout en respectant un objectif de performance (taux de carbone contenu et valeur énergétique). Outre les sources de carbone, il est possible de diluer dans de l&rsquo;eau osmosée pour des besoins spécifiques&nbsp;: en petites quantité, pour multiplier les distributions quotidiennes, pour s&rsquo;adapter à la précision d&rsquo;un  microdoseur ou en présence de sucre  comme nous le verrons.</p>
<div style="text-align:center">
  <!-- https important --><br />
  <iframe src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/carbone_dosage/0_calculcarbonedosage/0_calculcarbonedosage.htm" width="489" height="1250" border="0" frameborder="0"></p>
<p>Your browser does not support iframes.</p>
<p>  </iframe>
</div>
<h3>5.6. Réaliser la solution polycarbonée</h3>
<h4>Dissolution du sucre</h4>
<ul>
<li><strong>Le sucre blanc (saccharose)</strong> <strong>se dissout mal dans de l&rsquo;éthanol </strong>pur. Il faut préalablement le <strong>dissoudre  dans un peu d&rsquo;eau </strong>osmosée à prévoir dans la formule. Elle n&rsquo;est en général pas indispensable en présence d&rsquo;une forte proportion de vodka qui contient 60&nbsp;% d&rsquo;eau ni   dans le vinaigre  essentiellement constitué d&rsquo;eau. </li>
<li><strong>Le glucose</strong> est encore moins soluble dans l&rsquo;éthanol pur que le saccharose, et reste limitée dans la vodka. <strong>Un  complément d&rsquo;eau s&rsquo;impose.</strong></li>
</ul>
<h4>Réalisation de la solution </h4>
<ol>
<li>Doser les liquides (éthanol, vodka, vinaigre&#8230;)&nbsp;:  </li>
<ul>
<li>En  présence de  glucose prévoir un peu d&rsquo;eau osmosée et/ou chauffez légèrement le vinaigre à 40-50°C maximum pour améliorer la dissolution en évitant l&rsquo;évaporation excessive. </li>
<li>En présence de saccharose associer un peu d&rsquo;eau osmosée.</li>
<li>En présence d&rsquo;éthanol diluer avec de l&rsquo;eau osmosée.</li>
</ul>
<li>Verser  dans le liquide le saccharose, le glucose  et les acides aminés si prévus</li>
<li>Mélanger et agiter pour une dissolution complète du sucre  jusqu&rsquo;à obtenir une solution claire, sans cristaux.</li>
</ol>
<h4>Stockage</h4>
<ul>
<li>Étiqueter la bouteille avec la date de préparation.</li>
<li>Conserver la solution dans une bouteille opaque et hermétique, </li>
<li>Entreposer au réfrigérateur en présence d&rsquo;AA.</li>
<li>Utiliser dans un délai  d&rsquo;environ 2 mois.</li>
</ul>
<h2>6. L&rsquo;écumeur, maillon indispensable</h2>
<p class="align-j">L&rsquo;écumeur de protéines élimine les matières organiques avant qu&rsquo;elles ne se décomposent dans l&rsquo;eau en ammoniac, nitrates et phosphates, réduisant ainsi la pollution à sa source. Ce rôle est d&rsquo;autant plus <strong>crucial</strong> pour maintenir la qualité de l&rsquo;eau et l&rsquo;équilibre biochimique, <strong>quand on augmente volontairement cette biomasse bactérienne</strong>. En l&rsquo;absence d&rsquo;écumeur les bactéries mortes resteraient dans l&rsquo;aquarium en se décomposant et restituant les nutriments assimilés dans l&rsquo;eau. L&rsquo;ajout de carbone serait voué à l&rsquo;échec et plus encore il pourrait être le début d&rsquo;une catastrophe assurée, et ce pour plusieurs raisons :</p>
<ul>
<li><strong>Exportation de la biomasse bactérienne : </strong> les bactéries hétérotrophes prolifèrent en présence de carbone pour consommer nitrates et phosphates.  La biomasse bactérienne  détachée  du substrat ou en suspension dans l&rsquo;eau, est exportée par l&rsquo;écumeur, réduisant ainsi les nutriments assimilés sous forme de biomasse. </li>
<li> <strong>Oxygénation : </strong>La biomasse bactérienne consomme d&rsquo;autant plus d&rsquo;oxygène qu&rsquo;elle est forte. Incontrôlée elle devient un risque d&rsquo;hypoxie ou de bloom bactérien. L&rsquo;écumeur contribue à maintenir une bonne oxygénation, favorisant les échanges gazeux et  réduit le risque d&rsquo;une prolifération incontrôlée.</li>
<li><strong>Élimination  des sous-produits </strong>: l&rsquo;écumeur élimine des protéines, acides aminés et d&rsquo;autres molécules organiques produites par les bactéries ou libérées par les organismes vivants.</li>
</ul>
<h2>7. Dosage de carbone dans l&rsquo;aquarium</h2>
<h3>7.1. Méthode d&rsquo;ajout de COD dans l&rsquo;aquarium</h3>
<p>Les  injections de solution carbonée sont toujours <strong>maitrisées</strong> : calculées, précise, rigoureuses, que ce soit en <strong>phase de démarrage</strong>, de <strong>maintenance</strong> normale ou <strong>d&rsquo;arrêt</strong>. Le dosage calculé peut se faire :  </p>
<ul>
<li><strong>Manuellement</strong> : Sur une période limitée, il exige une grande rigueur de la part du soigneur. <br />
    Attention&nbsp;: la méthode  courante consistant à ajouter un morceau de sucre occasionnellement, selon des impressions subjectives est certes, en général suivie d&rsquo;effets notables. Malheureusement ces ajouts incontrôlés peuvent déséquilibrer  le système biologique et s&rsquo;avérer finalement déstabilisants et négatifs dans la durée. </li>
<li>Par <strong>microdosage automatisé</strong> : Quand l&rsquo;apport est intégré dans une maintenance normale.</li>
<li>Dans un <strong>réacteur à bactérie</strong> : S&rsquo;il y a besoin de déporter la production bactérienne, par exemple afin de limiter les risques pour l&rsquo;aquarium. L&rsquo;article <a href="https://reeflexion.fr/reacteurs-bacteries/">Réacteurs à bactéries</a> détaille son utilisation.</li>
</ul>
<h3>7.2. Détermination des dosages</h3>
<h4>7.2.1. Définir le niveau de pollution</h4>
<p class="align-j">L&rsquo;équilibre écologique est complexe impliquant de nombreux facteurs (nourrissage, densité de poissons, quantité et qualité de pierres vivantes, systèmes de traitements&#8230;) qu&rsquo;il est difficile de chiffrer individuellement. La consommation d&rsquo;un aquarium récifal est très variable et peut atteindre 2&nbsp;mg/l NO<sub>3</sub> par jour. Le niveau de pollution est exprimé par <strong>le taux de nitrates</strong> (et de phosphates) que nous mesurons. Cette expression du bilan dynamique production/exportation est&nbsp;riche d&rsquo;enseignements, par exemple :</p>
<ul>
<li><strong>Nécessité d&rsquo;un apport de carbone</strong> : Un taux constant est le bilan d&rsquo;un bac équilibré et n&rsquo;a pas forcément besoin d&rsquo;ajouter du carbone organique. Réduire le taux de pollution relève alors uniquement de la nécessité d&rsquo;adapter au mieux le biotope à la faune hébergée.</li>
<li><strong>Surproduction de nitrates</strong>&nbsp;: Une dérive de quelques mg/l NO<sub>3</sub> sur une période (sans changer la maintenance) qu&rsquo;il y a besoin de doser quotidiennement en carbone pour la traiter. </li>
</ul>
<p><span class="align-j">Pour simplifier l&rsquo;estimation, le calculateur se limite à la réduction des nitrates et suppose que rien ne limite la réduction conjointe des phosphates.</span></p>
<h4>7.2.2. Déduire la quantité de carbone à doser</h4>
<div class="commentaire">
<p><strong>Carbone  pour réduire les NO3</strong></p>
<p>1 atome  N = 14 g/mol.<br />
1 molécule NO<sub>3</sub> contient 1 atome N<br />
1 molécule NO<sub>3</sub> = 62&nbsp;g/mol<br />
1 atome C = 12 g/mol.<br />
1 mg NO<sub>3</sub> contient 1&#215;14/62  = 0,226&nbsp;mg&nbsp;N.</p>
<p>  Au ratio C:N 75:10, <strong>1&nbsp;mg NO<sub>3</sub> est réduit par </strong>0,226 ×75/10 x12 ≈ <strong>1,70&nbsp; mg C.</strong>
</p>
</div>
<p class="align-j">Comme nous l&rsquo;avons évoqué, les  bactéries hétérotrophes assimilent le carbone et l&rsquo;azote dans un ratio C:N d&rsquo;environ 75:10. Recalculé en poids moléculaire, cela signifie que les bactéries ont besoin d&rsquo;environ 1,70 mg de carbone pour assimiler 1&nbsp;mg de nitrates. </p>
<p class="align-j"> Supposons que le carbone soit le facteur limitant du cycle d&rsquo;azote stable d&rsquo;un aquarium de 100 litres où l&rsquo;on souhaite réduire la production de nitrates de 1&nbsp;mg/l chaque jour. Il faut alors pourvoir aux bactéries 1,70&nbsp;mg/l  de carbone supplémentaire. Soit 170&nbsp;mg de carbone. <strong>Le taux de carbone contenu dans la solution carbonée déterminera son dosage quotidien</strong>. En général, dans un aquarium récifal l&rsquo;apport   de l&rsquo;élément carbone ne devrait pas  dépasser environ 1&nbsp;mg de carbone&nbsp;par&nbsp;litre d&rsquo;aquarium et par jour.</p>
<p class="align-j">Il s&rsquo;agit du dosage maximum quotidien  pour réduire la pollution. Cette estimation théorique destinée à seulement démarrer le protocole  ne peut prétendre intégrer de façon exhaustive toutes les spécificités des relations biochimiques en jeu dans notre écosystème fermé. Aucun protocole ne peut prétendre fixer un planning de dosage fiable pour n&rsquo;importe quel système.  <strong>Seuls les tests NO<sub>3</sub> </strong>(et PO<sub>4</sub>)<strong> permettent de piloter les apports de carbone</strong> comme nous l&rsquo;aborderons.  La prudence recommande de débuter le dosage  au 1/10 de cette valeur.</p>
<h3>7.3. Protocole de démarrage et d&rsquo;arrêt </h3>
<p>Le <strong>démarrage</strong> doit impérativement être<strong> progressif</strong> pour que les coraux et autres organismes s&rsquo;adaptent au nouvel équilibre. Il est réalisé de manière  <strong>maitrisée </strong>en respectant   plusieurs étapes &nbsp;: </p>
<ol>
<li>S&rsquo;assurer que l&rsquo;<strong>écumeur fonctionne </strong>normalement et qu&rsquo;il est bien <strong>dimensionné</strong> pour le niveau de pollution.</li>
<li><strong>Mesurer </strong>les taux de NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> initiaux. </li>
<li>Ajuster si besoin le ratio NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub> vers 100 à 150/1 au moyen d&rsquo;additifs ou autre méthode.</li>
<li>Le calculateur prend en compte le taux de nitrates à réduire et  détermine le volume de solution carbonée à distribuer quotidiennement.  </li>
<li><strong>Ensemencer en bactéries</strong> probiotiques, puis régulièrement environ tous les 2 mois </li>
<li>De préférence <strong>agiter</strong> la solution carbonée avant  utilisation, des sucres dissous dans la vodka ou l&rsquo;éthanol pouvant précipiter.</li>
<li><strong>Injecter la solution carbonée</strong> :   en <strong>2 à 3 fois par jour</strong> en l&rsquo;augmentant progressivement <strong>selon le planning du calculateur</strong>.</li>
<li><strong>Mesurer</strong> les taux de NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> tous les 2 jours. Les effets  se révèlent après plusieurs heures et durant quelques jours. Ils sont d&rsquo;autant plus rapides que le taux de nitrate est initialement fort, avec des sources de carbone énergétiques, si une biomasse bactérienne est déjà installée et si l&rsquo;écumeur est efficace. Il est moins rapide en cas de sous dosage.</li>
<li><strong>Suivre</strong> la diminution de NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> sur une courbe (figure 1). Ce sont les taux mesurés qui conduisent la marche à suivre, et uniquement eux.</li>
<li><strong>Observer&nbsp;:</strong></li>
<ul>
<li>Le comportement dans l&rsquo;aquarium (coraux pâles, biofilm non excessif sur les vitres&#8230;).<strong> Si l’eau devient laiteuse</strong> le dosage trop important ou trop rapide  provoque une explosion bactérienne risquée pour les poissons et coraux. <strong>Stopper la méthode</strong> jusqu’au retour à la normale, puis reprendre en respectant le dosage.</li>
<li>La couleur plus foncée et l&rsquo;odeur nauséabonde de <strong>l&rsquo;éluât  d&rsquo;écumage</strong> est un signe de <strong>l&rsquo;extraction des bactéries</strong>.</li>
</ul>
<li><strong>Quand le taux de nitrates souhaité</strong> est atteint, injecter la même dose quotidienne de carbone. Les bactéries ne pouvant pas  se multiplier indéfiniment, elles atteignent un seuil de croissance jusqu&rsquo;à l&rsquo;<strong>équilibre bactérien</strong>.<br />
    Si le taux de <strong>nitrates ou phosphate</strong> devenait <strong>indétectable</strong>, <strong>stopper</strong> tout ajout et réduire un peu la dose.</li>
</ol>
<p class="align-j">La <strong>mise   hors service</strong> se réalise tout aussi <strong>progressivement</strong> pour que les  organismes s&rsquo;adaptent au nouvel équilibre de nutriments. Pour ce, diminuer  la dose de solution carbonée de 0,1&nbsp;ml&nbsp;/ 100l tous les 2 jours.</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Figure 1 : Mise en œuvre  du dosage de carbone</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/carbone_dosage/3.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/carbone_dosage/3.jpg"></a> </figure>
<p>&nbsp;</p>
<p class="align-j">Un peu de carbone, pour que le récif carbure. </p>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<ul>
<li>1 &#8211; <a href="https://www.nature.com/articles/ismej2017142"><em>Excess labile carbon promotes the expression of virulence factors in coral reef bacterioplankton</em></a> &#8211; Anny Cárdenas. 01/2017</li>
<li>2 &#8211; <a href="https://www.int-res.com/articles/meps2006/314/m314p119.pdf"><em>Role of elevated organic carbon levels and microbial activity in coral mortality</em></a> &#8211;  David I. Kline, Neilan M. Kuntz, Mya Breitbart, Nancy Knowlton,   Forest Rohwer &#8211; Marine Ecology Progress Series, 05/2006</li>
<li>3 &#8211; <em><a href="https://www.int-res.com/articles/meps2005/294/m294p173.pdf">Pathologies and mortality rates caused by organic   carbon and nutrient stressors in three Caribbean   coral species</a></em> &#8211; Neilan M. Kuntz, David I. Kline, Stuart A. Sandin, Forest Rohwer &#8211; Marine Ecology Progress Series, 06/2005.</li>
<li>4 &#8211; <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27047481/"><em>Mucus Sugar Content Shapes the Bacterial Community Structure in Thermally Stressed Acropora muricata</em></a> &#8211; Sonny T M Lee, Simon K Davy, Sen-Lin Tang, Paul S Kench &#8211; 03/2016</li>
<li><em>5 &#8211; </em><a href="https://reefs.com/magazine/total-organic-carbon-toc-and-the-reef-aquarium-an-initial-survey-part-i/" class="align-j"><em>Total Organic Carbon (TOC) and the Reef Aquarium: an Initial Survey, Part I</em></a></li>
</ul>
<ul>
<li>6 &#8211;  <a href="https://archiv.korallenriff.de/alkoholmethode2.html" class="align-j">Dosage de l&rsquo;éthanol&#8230; la méthode vodka de Jörg Kokott et Michael Mrutzek</a> Publication  Récif France, 2004 (plus disponible).</li>
<li>7 &#8211; <a href="http://www.recifs.org/modules.19.html" class="align-j" webstripperwas="modules.name=News&#038;file=categories&#038;op=newindex&#038;catid=19">Vodka on the reefs : le bon cocktail ?</a> &#8211; Florian Lesage &amp; Hervé Rousseau &#8211; Récif.orgs, 12/2006</li>
<li><em>8 &#8211; </em><a href="https://www.reefkeeping.com/issues/2004-10/eb/index.htm"><em>The Old Becomes New, Yet Again: Sandbeds and Vodka, part 1</em></a> &#8211; Eric Borneman &#8211; reefkeeping, 10/2004</li>
<li><em>19 &#8211; </em><a href="http://www.reefkeeping.com/issues/2004-11/eb/feature/index.htm"  rel="noopener"><em>The Old Becomes New, Yet Again: Sandbeds and Vodka , part 2</em></a> &#8211; Eric Borneman &#8211; reefkeeping, 11/2004</li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>C:N:P Redfield est-il aquariophile ?</title>
		<link>https://reeflexion.fr/cnp-redfield-aquariophile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Denis TOURNASSAT]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2024 07:00:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[azote]]></category>
		<category><![CDATA[carbone]]></category>
		<category><![CDATA[cnp]]></category>
		<category><![CDATA[Maintenance]]></category>
		<category><![CDATA[phosphore]]></category>
		<category><![CDATA[recifal]]></category>
		<category><![CDATA[redfield]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ratio de Redfield, bien connu des biologistes marins, établit un rapport (C:N:P) dans la biomasse phytoplanctonique des océans. Cette constante relative à un écosystème marin particulier, est souvent évoquée en aquariophilie récifale comme un modèle théorique pour la gestion des nutriments. Cependant, son application stricte dans le système fermé d’un aquarium récifal soulève des […]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="align-j">Le ratio de Redfield, bien connu des biologistes marins, établit un rapport (C:N:P) dans la biomasse phytoplanctonique des océans. Cette constante relative à un écosystème marin particulier, est souvent  évoquée en aquariophilie récifale comme un modèle théorique pour la gestion des nutriments. Cependant, son application stricte dans le système fermé d&rsquo;un aquarium récifal soulève des interrogations. il se révèle inapproprié pour la gestion des NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> sans adaptations. Ceci pour plusieurs raisons que nous allons évoquer.
</p>
<h2>1. Ratio de Redfield : origines et signification</h2>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/1.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/1.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Alfred Clarence Redfield.</figcaption></figure>
<h3>1.1. Ratio des nutriments C:N:P</h3>
<p class="align-j">Tout organisme vivant nécessite des nutriments pour son métabolisme parmi lesquels :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Carbone (C)</strong> : il constitue la base des molécules (protéines, lipides, ADN&#8230;) et joue un rôle comme <strong>source d&rsquo;énergie</strong>. </li>
<li><strong>Azote (N)</strong> : il est essentiel à la synthèse des protéines (acides aminés) et des acides nucléiques.</li>
<li><strong>Phosphore (P)</strong> : indispensable pour les membranes cellulaires (phospholipides) et la production d&rsquo;énergie (ATP).</li>
</ul>
<p class="align-j">En milieu marin les organismes vivants ont évolué et se sont adaptés aux environnements dans lesquels ils vivent. Les écosystèmes marins (océan, surface, abysses, plateau continental, récif, lagon&#8230;), présentent quelques particularités liées à leurs nombreux facteurs (disponibilité en nutriments, oxygénation, hydraulique&#8230;). Le ratio C:N:P constituant les cellules des organismes vivants est donc donc variable selon leur biotope.</p>
<h3>1.2. Concept de Redfield </h3>
<p><span class="align-j">Alfred Clarence Redfield (1890–1983)  établit en 1934 dans le <a href="https://fr.scribd.com/document/485376638/Le-Concept-de-Redfield">Concept de Redfield</a>, que la <strong>biomasse phytoplanctonique océanique</strong> contient en moyenne un rapport atomique de 106:16:1 pour le carbone (C), l&rsquo;azote (N) et le phosphore (P), et qu&rsquo;il est  similaire entre celui de l&rsquo;azote et du phosphore dans les eaux océaniques. Cette proportion, résultat des processus évolutifs et des cycles biogéochimiques des océans, est devenue une référence pour comprendre les besoins nutritionnels des organismes marins</span>.</p>
<div style="clear:both;"></div>
<h3>1.3. Ratio de Redfield : une moyenne plutôt qu&rsquo;une règle</h3>
<figure   class="figfloat" > <a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/2.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/2.jpg"></a><figcaption class="figlegende"  >Fig 1 : Ratio N:P moyen constant.</figcaption></figure>
<p class="align-j">Le ratio biologique de Redfield doit être considéré comme une observation générale dans les océans globaux. Il reflète la composition chimique moyenne des cellules phytoplanctoniques dans des conditions où les nutriments (N et P) ne sont pas limitants. Ce ratio s&rsquo;avère stable pour les systèmes océaniques ouverts (figure 1), car les processus biologiques et biogéochimiques tendent à stabiliser les flux globaux de C, N et P à des proportions proches de cette moyenne. Mais ce n&rsquo;est pas une règle dans tous les écosystèmes marins.</p>
<p class="align-j">En effet, ce ratio n&rsquo;est pas une exigence  nécessaire à la croissance du phytoplancton et des végétaux. Il  varie considérablement selon les espèces de phytoplancton dominants  dans un écosystème, même dans des systèmes riches en nutriments. Les cyanobactéries adaptées à des environnements pauvres en nutriment ont souvent un ratio C:N:P supérieur. Les diatomées  aux parois siliceuses ont des besoins en phosphore  différents.  Les macroalgues, comme les algues brunes ou rouges, montrent des compositions encore plus variables selon leur environnement.</p>
<h2>2. Le  ratio de Redfield n&rsquo;est pas une constante de l&rsquo;eau</h2>
<h3>2.1. Ce ratio   biologique ne reflète pas celui des nutriments dissous</h3>
<p class="align-j">Le ratio de Redfield est biologique, relatif à la composition des organismes. Il s&rsquo;avère qu&rsquo;il est intimement lié au ratio des nutriments  C:N:P dissous dans l&rsquo;eau des océans, mais  il n&rsquo;est pas universel. </p>
<p class="align-j">En effet, le  ratio des nutriments dissous dans l&rsquo;eau est déterminé par des processus biogéochimiques complexes, et pas uniquement par les besoins biologiques des organismes. Il peut varier considérablement en fonction de sources externes. Par exemple, les nitrates (NO<sub>3</sub>) et les phosphates (PO<sub>4</sub>) proviennent d&rsquo;apports externes :  le ruissellement des terres, les apports atmosphériques, les upwellings océaniques. Ils proviennent aussi  de pertes par exportation : l&rsquo;azote perdu sous forme gazeuse (N<sub>2</sub>) via la dénitrification bactérienne, le phosphore souvent immobilisé dans les sédiments ou précipité sous forme de phosphates insolubles. Ces exports expliquent parfois la limitation  d&rsquo;un élément N ou P. Il devient le facteur limitant un métabolisme, dont <strong>l&rsquo;impact est d&rsquo;autant plus important et rapide que les eaux sont oligotrophes</strong>, avec très peu de nutriments.</p>
<p>Le ratio de l&rsquo;eau ainsi déséquilibré n&#8217;empêche pas toujours le phytoplancton  de croître, son  ratio biologique interne reste toujours proche de Redfield<span class="align-j"> 106:16:1</span>. En effet <span class="align-j"> les végétaux marins, comme de nombreux organismes, s&rsquo;adaptent à leur environnement et ajustent  leur métabolisme. Ils sont en mesure de tamponner les fluctuations externes par stockage. </span> C&rsquo;est par exemple le cas dans certaines régions tropicales limitantes en phosphore dont le ratio N:P peut être supérieur à 50:1 alors que les organismes marins survivent.
</p>
<h3>2.2. Différences de vitesse d&rsquo;assimilation</h3>
<p class="align-j">Les nutriments dissous ne sont pas consommés à la même vitesse par les organismes : le phytoplancton et les bactéries consomment souvent l&rsquo;azote et le phosphore selon leurs besoins immédiats. Par ailleurs la limitation d&rsquo;un nutriment peut entrainer le stockage de l&rsquo;autre. Par exemple un faible niveau de phosphore entraine une accumulation de l&rsquo;azote. Un déséquilibre du ratio s&rsquo;installe alors temporairement.</p>
<h3 class="align-j">2.3. Le ratio diffère selon les écosystèmes</h3>
<p class="align-j">Le ratio C:N:P  évolue selon les habitats en raison de variations dans les sources de nutriments ainsi que les processus biologiques et écologiques dominants, influençant directement la structure des communautés biologiques&nbsp;:</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Océan ouvert </strong>: en haute mer les ratios avoisinent ceux de Redfield  pour le phytoplancton. Les taux d&rsquo;azote et de phosphore peuvent devenir limitant dans les zones oligotrophes (pauvres en nutriments).</li>
<li><strong>Crête récifale </strong>: l&rsquo;énergie des vagues y est intense, favorisant l&rsquo;aération et l&rsquo;échange avec l&rsquo;océan. Les nutriments sont généralement limités et le carbone prédomine dans les organismes calcifiants et autotrophes (coraux et algues calcaires). L&rsquo;azote  est  rapidement assimilé par les organismes autotrophes ou recyclés par des bactéries, le phosphore est plus faible, précipité rapidement sous forme de phosphates dans un environnement alcalin. Le ratio C:N:P pourrait avoisiner 150-200:20:1.</li>
<li><strong>Lagon : </strong>ces environnements semi-fermés favorisent l&rsquo;accumulation  de matières organiques et de nutriments. D&rsquo;autre part, les ratios peuvent être impactés par des apports anthropiques (eaux côtières, fertilisants) favorisant des teneurs  variables, globalement plus élevées en azote et phosphore. Le ratio C:N:P serait de l&rsquo;ordre de 120-150:20-25:1</li>
<li><strong>Plaine récifale : </strong>dans les zones plus profondes la lumière diminue, réduisant l&rsquo;activité autotrophe. La matière organique particulaire sédimente et sa dégradation  prédomine, le taux de phosphore peut être influencé par les processus de reminéralisation. Les taux d&rsquo;azote et de phosphore y sont plus importants.</li>
</ul>
<h2>3. En aquarium, le  contexte  diffère du milieu naturel</h2>
<p class="align-j">Le contexte d&rsquo;un aquarium,  système fermé, est notablement différent avec des interactions de nature à bouleverser les schémas.</p>
<h3>3.1. Besoins spécifiques</h3>
<p class="align-j">Les  organismes présents dans l&rsquo;aquarium (coraux, bactéries, algues) ont des besoins spécifiques qui diffèrent de ceux du phytoplancton.</p>
<h3>3.2. Nutriments   importants</h3>
<p class="align-j">Les <strong>apports</strong> (alimentation, déchets&#8230;) sont proportionnellement  <strong>importants</strong> et les <strong>exportations</strong> (filtration, écumage&#8230;) y sont <strong>gérées  à petite échelle</strong> par l&rsquo;aquariophile, contrairement aux masses océaniques  où les flux sont régulés naturellement. Dans un aquarium récifal, système artificiel et fermé, les déséquilibres sont encore plus marqués. </p>
<p class="align-j">En aquarium, la <strong>biomasse microbienne et les particules organiques ne sont pas négligeables</strong>. Le carbone organique (matière vivante, détritus), l&rsquo;azote  et le phosphore, sont  liés à plusieurs processus :  métabolisme, stockage, précipitations&#8230;  Ils forment des sources et des transformations importantes qui influencent fortement le cycle des nutriments. Le ratio dissous mesuré dans l&rsquo;eau de l&rsquo;aquarium est donc le résultat des apports, des exportations et des transformations chimiques, sans lien direct avec les besoins internes des coraux, algues ou bactéries. Cela crée une vision partielle et biaisée des flux de nutriments dans l&rsquo;aquarium. L&rsquo;application du ratio Redfield est impossible dans ce contexte.</p>
<h3>3.3. Concentrations élevées mais non limitantes</h3>
<p>En m<span class="align-j">i</span>lieu naturel l&rsquo;azote et le phosphore disponibles en très faibles quantités deviennent facilement  des éléments limitants. Cela force les organismes à optimiser leur utilisation. En aquarium la situation est différente. N et P sont en général présents en excès, le carbone s&rsquo;avère plus fréquemment le facteur limitant. Tant que les niveaux de N et P élevés restent dans une plage compatible avec la biologie des coraux et des poissons, ils ne créent pas de stress significatif. Cette limite est toutefois variable. En aquarium elle bien souvent contrainte par le développement des algues ou cyanobactéries.</p>
<h3>3.4. Aquarium contrôlé</h3>
<p class="align-j">En aquarium, les paramètres sont maintenus dans une plage étroite (pH, température, salinité, lumière) qui réduit le stress métabolique. Cela permet aux organismes de mieux tolérer des déséquilibres des ratios C:N:P.</p>
<h3>3.5. Tests aquariophiles inadaptés</h3>
<p class="align-j">Nos tests colorimétriques ou photométriques NO<sub>3</sub> ne mesurent que les nitrates, une forme oxydée  d&rsquo;azote inorganique, ils ne mesurent pas les autres formes d&rsquo;azote dissous (ammoniac NH<sub>3</sub>, ammonium NH<sub>4</sub>, nitrites NO<sub>2</sub>, azote organique : acides aminés, urée&#8230;) dissous dans l&rsquo;eau. De même que le test PO4 ne mesure que les phosphates inorganiques, excluant les différentes formes de phosphore organique. Ces tests excluent donc les  formes organiques de N et P (DON/DOP) largement présentes    dans les aquariums.</p>
<p class="align-j">L&rsquo;analyse ICP   qui ne mesure pas le carbone ni l&rsquo;azote total, ne permet pas plus de mesurer le ratio C:N:P global.  Les biologistes  utilisent des méthodes spécifiques pour chaque élément : le carbone total  avec des analyseurs  (TOC/DOC) qui incluent les formes organiques et inorganiques&nbsp;; l&rsquo;azote total  par colorimétrie, spectrophotométrie UV,  spectrophotomètre&nbsp;; le phosphore total   par chimie analytique  et des mesures colorimétrique ou spectroscopique. Ces méthodes permettent de combiner les fractions organiques et inorganiques, ce que l&rsquo;ICP seul ne peut pas faire.</p>
<h3>3.6. Expression différente des mesures</h3>
<p>Les tests aquariophiles  mesurent <span class="align-j">NO<sub>3</sub></span> et <span class="align-j">PO<sub>4</sub></span> en milligrammes par litre. De son côté, le biologiste marin mesure les éléments C, N et P individuellement <span class="align-j">et expriment le  ratio de Redfield C:N:P 106:16:1 en mole. C&rsquo;est à dire que la biomasse du phytoplancton  est constituée de 106 atomes de phosphore, 16 d&rsquo;azote et 1 de phosphore. Traduit en masse cela représente respectivement 1272, 992 et 95. Le ratio est alors   41:32:1 en mg/l.</span></p>
<p><span class="align-j">Ce ratio  N:P 32:1 est contenu dans les molécules de nitrates et phosphates dans un ratio NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub> de 46/1. Aucun aquariophile ne respecte cette proportion, bien loin du ratio  NO<sub>3</sub> / PO<sub>4</sub> en mg/l préconisé en aquarium récifal 100/1 à 150/1. Mais pas de panique ! </span>Les organismes marins y prospèrent grâce à leur adaptabilité, au fait qu&rsquo;ils supportent mieux les excès de nutriment que des carences, qu&rsquo;ils ont la capacité d&rsquo;utiliser des formes organiques non mesurées (DON, DOP) non prises en compte par les tests standards et qu&rsquo;il sont maintenus dans un environnement globalement stable et contrôlé, compensant les déséquilibres apparents.</p>
<h2> 4. Enseignements de Redfield pour l&rsquo;aquariophile</h2>
<p class="align-j">Redfield pourrait-il être récifaliste ?  Ses observations relatives à des organismes végétaux dans un milieu spécifique, loin de nos réalités aquariophiles sont inappropriées à l&rsquo;aquariophilie récifale et ne peuvent s&rsquo;appliquer stricto facto. Le concept d&rsquo;équilibre entre les nutriments que Redfield a mis en évidence joue pourtant un rôle déterminant dans l’efficacité des métabolismes de tous les organismes, notamment des bactéries dans le traitement des déchets et le cycle de l&rsquo;azote. C&rsquo;est l&rsquo;un des piliers de notre maintenance.</p>
<h3>4.1. Enseignements</h3>
<p>Le concept de Redfield est général, mais capital et riche d&rsquo;enseignements :</p>
<ul class="align-j">
<li><strong>Un concept, pas une règle</strong> :  les ratios NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub> 100/1 à 150/1, habituellement recommandés  dans un aquarium récifal répondent au concept d&rsquo;équilibre. Ils  sont le fruit de   l&rsquo;expérience et doivent être considérés comme  ligne de conduite plutôt qu&rsquo;une règle absolue.</li>
<li><strong>Niveaux de nutriments raisonnables</strong> : ce concept d&rsquo;équilibre ne remet pas en cause les valeurs minimales et extrêmes. En effet, des proliférations algales sont générées par des taux de nitrates ou phosphates excessifs, de même qu&rsquo;une carence dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre affaiblit le corail.
  </li>
<li><strong>Des ratios différents du milieu naturel </strong>: c&rsquo;est une situation  qui ne nuit pas à une bonne maintenance. Elle s&rsquo;explique par des réactions diverses (précipitations, action bactérienne) sans rapport avec ce qui se produit au milieu d&rsquo;un océan.</li>
<li> <strong>Observer et s&rsquo;adapter</strong> au contexte : chaque aquarium est différent, avec des flux de nutriments non mesurables. Les résultats des tests ne sont que l&rsquo;expression du bilan de ces interactions. Une approche basée sur l’observation des coraux, algues et autres organismes est plus efficace que l’application rigide d’un ratio&nbsp;: les coraux montrent-ils des signes de blanchiment ou de stress, les algues indésirables prolifèrent-elles malgré des PO<sub>4</sub> faibles ? </li>
</ul>
<ul class="align-j">
<li><strong>Maintenance pragmatique et stable </strong>:
<ul>
<li><strong>Variations  progressives</strong> : forcer trop rapidement un ratio  en ajoutant des nitrates<sub></sub> ou des phosphates<sub></sub> peut favoriser la prolifération d&rsquo;algues indésirables ou cyanobactéries.</li>
<li><strong>Cycles biologiques complets</strong> : proposer un système qui se régule au mieux. Par exemple distribuer régulièrement des sources de carbone organique (ex. vodka, acétate) pour stimuler les bactéries hétérotrophes consommatrices de nitrates et  phosphates&nbsp;;  favoriser si nécessaire les refuges algaux  pour capturer les nutriments excédentaires&#8230;  </li>
</ul>
</li>
</ul>
<h3>4.2. Carbone dans le concept de Redfield en aquarium marin</h3>
<h4>Suivi du carbone dans la maintenance</h4>
<p class="align-j">Ce premier élément du  ratio a été un peu oublié. En effet ce n&rsquo;est pas un élément que nous suivons régulièrement.
</p>
<ul>
<li><strong>Carbone organique dissout</strong> (COD): le test n&rsquo;est pas à la portée de l&rsquo;aquariophile, cependant le test Triton  N-DOC   mesure le carbone et l&rsquo;azote inorganique dissout.  En milieu marin le COD est généralement très faible : de 1 à 5 mg/l dans les eaux océaniques  peu polluées et jusqu&rsquo;à 10 mg/l, voire davantage, près des zones  côtières  enrichies en nutriments. Ce sont les taux visés en  aquariums récifaux, ils assurent la ressource pour l&rsquo;activité bactérienne importante dans nos milieux.</li>
<li><strong>Carbone inorganique dissout</strong> (CID) :  il est stable en eau de mer de 2000 à 2200 µmol/L (soit environ 24 à 26 mg/l de C). <br />
    Nous gérons les formes les plus présentes (bicarbonates, carbonates) en aquarium    via le test KH. Dans un aquarium récifal, les niveaux visés de CID sont similaires,  de 2000 à 2400 µmol/l. Avec  pH  8,0-8,4 et  S35, le taux de CID est environ 2000 µmol/L à 7&nbsp;dKH   et 2800 µmol/l à  10&nbsp;dKH. Le taux de <span class="align-j">CO<sub>2</sub></span> n&rsquo;est cependant pas mesuré, dépendant des échanges gazeux.</li>
</ul>
<h3>4.3. Ratios NO3 / PO4 en aquarium marin</h3>
<p class="align-j">La question des taux limites en NO<sub>3</sub> et PO<sub>4</sub> intéresse   l&rsquo;aquariophile. Il suit régulièrement ces valeurs, mais se soucie peu du ratio NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub>. Voyons comment nous pouvons exploiter le concept de Redfield. </p>
<p class="align-j">&Agrave; cet effet, je propose un diagramme (figure 2) qui n&rsquo;a rien de scientifique, seulement porté par un faisceau d&rsquo;expériences d&rsquo;aquariophiles à travers le monde. Il repose sur plusieurs hypothèses et principes :</p>
<ul class="align-j">
<li>Biologiquement <strong>le concept de ratio N:P est indéniable</strong> et s&rsquo;applique aux habitants  de l&rsquo;aquarium.</li>
<li><strong>Le concept peut s&rsquo;étendre à la qualité d&rsquo;une eau</strong> qui assure la disponibilité des éléments N et P dans le contexte de l&rsquo;aquarium, malgré ses inconnues. Autrement dit le résultat mesuré dans l&rsquo;eau est exploitable, même s&rsquo;il n&rsquo;est que l&rsquo;expression finale de flux (intrants, épurateurs, consommateurs&#8230;) et cycles internes (azote, phosphore) dont on sait peu.</li>
<li>Puisque l&rsquo;on ne peut exploiter les informations sur les éléments azote et phosphore, on peut  logiquement tenter un <strong>raisonnement sur la base des nitrates et phosphates</strong>.</li>
<li>Une  gestion stricte basée uniquement sur un ratio   ignore la réalité des flux de nutriments et peut entraîner des déséquilibres. Il convient d&rsquo;<strong>élargir l&rsquo;analyse</strong> en intégrant  les carences et excès de nutriments :  trop d&rsquo;azote accentue la  prolifération algale, un élément limitant perturbe le métabolisme&#8230;</li>
<li>L&rsquo;expérience des récifalistes  montre qu&rsquo;un <strong>ratio NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub> de l&rsquo;ordre de 100/1 à 150/1 </strong> exprimé en mg/l est adapté à la maintenance d&rsquo;organismes  sensibles tels que les coraux, dans nos aquariums. Pour autant, au stade actuel de nos incompréhensions, ce postulat pourrait évoluer selon les espèces hébergées.</li>
<li> Un <strong>même ratio</strong> peut répondre aux besoins de tous les organismes vivant <strong>dans le même écosystème</strong>.</li>
<li>Certaines  informations (invasion d&rsquo;algues, de cyanobactéries, taux de calcification&#8230;) contribuent à délimiter des <strong>zones particulières</strong> de maintenance. Ne s&rsquo;agissant pas de science exacte, leurs frontières sont délibérément floues. Il convient de conserver les nutriments dans des rapports raisonnables, et bien évidemment ne jamais l&rsquo;inverser   sous peine d&rsquo;invasion de cyanobactéries. </li>
</ul>
<ul>
<li>Compte tenu de ce qui a été exprimé auparavant, nous devons <strong>interpréter avec prudence</strong>.
<ul>
<li>Le diagramme est un moyen de <strong>compréhension</strong> de l&rsquo;évolution de l&rsquo;aquarium  vers une situation de déséquilibre.</li>
<li>Le diagramme doit être considéré  comme <strong>une ligne de conduite</strong> plutôt qu&rsquo;une  règle absolue, et <strong>un moyen de mieux comprendre</strong> et maitriser notre maintenance.</li>
<li>Une combinaison avec de  <strong>très faibles taux de nitrates et phosphates est instable</strong> et présente  plus de risque de cyanobactéries.</li>
<li>Il y a plus de <strong>risques à tendre vers des carences</strong> que des excès.</li>
<li>Le diagramme définit des  <strong>zones</strong> (SPS, LPS&#8230;) représentant des conditions standard avec <strong>moins de risque de dérive</strong>. Elles ne signifient pas que les organismes ne peuvent pas vivre en dehors de celles-ci.</li>
<li>Les zones  attribuées aux coraux limitent le champ d&rsquo;action pour recentrer un ratio. Par exemple en cas de nitrates élevés et de phosphates faibles, il est fortement déconseillé de remonter le taux de phosphates en dehors de celles-ci. Les nitrates devront être spécifiquement réduits  par d&rsquo;autres voies (bactéries, nourrissage&#8230;).</li>
<li>Un aquarium prolifère qui ne répond pas au modèle dispose propablement d&rsquo;autres leviers  compensateurs. Nous somes trop ignorants pour les expliquer totalement.</li>
<li>Un aquarium en situation de déséquilibre, confronté à des dérives autres que N et P, peut ne pas correspondre  au modèle.</li>
<li>Un aquarium déséquilibré a peu de chance de retrouver une situation stable en agissant sur les seuls leviers <span class="align-j">NO<sub>3</sub>, PO<sub>4</sub></span> et leur ratio. Cependant, ces derniers contribueront à retrouver la stabilité attendue dans un plan plus global.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<figure   class="figcolonne pos-centre" ><figcaption class="grille-titre">Figure 2 : Exploitation des ratios <span class="align-j">NO<sub>3</sub>/PO<sub>4</sub></span> en aquariophilie marine</figcaption><a href="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/3.jpg" data-ipsLightbox><img decoding="async" alt="" src="https://www.reeflexion.fr/wp-content/uploads/articles/redfield/3.jpg"></a><br />
</figure>
<p class="align-j">&nbsp;</p>
<p class="align-j">Assurément, Redfield aurait été un bon aquariophile !</p>
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